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Pluralis : « l'année 2015 promet d'être exécrable »

Isère le 07 avril 2015 - Laurent Marchandiau - Immobilier et BTP - article lu 552 fois

Pluralis : « l'année 2015 promet d'être exécrable »
DR - Didier Monnot, directeur général de Pluralis.

Avec un parc de 12 421 logements et comptant 240 salariés, Pluralis fait partie des plus importants bailleurs sociaux isérois. Entretien avec Didier Monnot, son directeur général.

Dans quel climat évoluent les bailleurs sociaux actuellement ?

Nous n’avons pas connu un contexte comme celui-ci depuis de nombreuses années. Nous sommes là pour produire des logements pour la puissance publique. Jusqu’à présent, le foncier pour la construction de logements sociaux était mis à disposition par les communes. Libérer des terrains s’avérait relativement simple. Sauf qu’aujourd’hui, avec la raréfaction des terrains disponibles, cela devient problématique, il faut l’acquérir. En parallèle, la demande de logements sociaux (25 000 demandeurs sur le territoire en moyenne depuis une dizaine d’années) reste forte. Nous sortons d’une ère de très grande production initiée par le plan Borloo de 2003.

Quelles sont le​s problématiques auxquelles vous devez faire face ?

Auparavant avec notamment la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003 (ANRU), l’investissement était quasiment nul pour les bailleurs sociaux pour la construction d’un logement. Si l’on respecte cela aujourd’hui, il est clair qu’il y aurait peu de logements sociaux qui sortiraient de terre ! Aujourd’hui, nous devons faire appel à nos fonds propres à hauteur de 25 000 € par logement neuf. Notre modèle économique est chamboulé avec une paupérisation évidente de notre parc. Malgré des loyers bas, ils restent encore trop importants pour des familles à très faibles revenus.

Comment s’est déroulée l’année 2014 pour Pluralis ?

Contrairement à la plupart des bailleurs sociaux du département, nous avons réalisé une bonne année 2014 s’inscrivant dans la lignée des précédentes, et ce, malgré la période des élections municipales. Ce ne sera probablement pas le cas pour 2015 du fait que beaucoup d’opérations ont été anticipées l’an dernier.

D’autre part, certains programmes ont été annulés lors de changement d’équipes municipales. Nous visons les 150 à 200 logements neufs livrés cette année alors que nous tournions en moyenne à 220-400 logements neufs par an ces derniers temps. Différents facteurs peuvent expliquer cette situation : les communes n’ont plus beaucoup de terrains, elles n’ont plus les moyens financiers d’avant et elles doivent faire des économies. Depuis l’automne 2014, nous ressentons une frilosité des collectivités à lancer des opérations nouvelles, car elles manquent de visibilité financière pour équilibrer leurs budgets. Certaines d’entre elles ne veulent pas se lancer dans des programmes du fait de la pression exercée par leurs électeurs qui ne souhaitent pas de logements sociaux ou avoir des grues à côté de chez eux !

Comment anticipez-vous la prochaine évolution normative en matière de construction, la réglementation thermique 2020 et quels seront ses impacts ?

Le grand saut qualitatif s’est réalisé avec le passage à la norme BBC (bâtiment basse consommation.) Auparavant, nous nous attachions à l’isolation, avec le BBC et en particulier la réglementation thermique 2012 (RT 2012), les nouvelles constructions doivent être étanches à l’air ce qui implique un grand soin dans la mise en œuvre et une cohésion des différents corps de métiers dans les différentes phases de construction. Cela a été difficile à mettre en place et aujourd’hui, nous arrivons à produire plus facilement. Il faudra encore poursuivre nos efforts en ce domaine.

Avec la RT 2020, le saut va être plus coûteux en terme d’investissement financier puisqu’elle prévoit des bâtiments passifs (NDLR : c’est-à-dire produisant autant d’énergie qu’ils en consomment) sans pour autant avoir des effets visibles au niveau des performances énergétiques. L’enjeu actuel ne réside pas dans cette nouvelle norme, mais sur le parc ancien, vieillissant qui doit être réhabilité ou rénové.

Propos recueillis par Laurent Marchandiau

MEMo, le logement social adapté aux territoires ruraux et périurbains

Baisse des aides à la pierre, diminution sensible des dotations aux collectivités, augmentation du coût de la construction …Face à ces aléas, les bailleurs sociaux doivent changer leur modèle économique. C’est le cas de Pluralis. Depuis 2012, le premier bailleur social du pays voironnais en association avec trois autres organismes HLM-Drôme Aménagement Habitat, Habitat pays de Romans et Habitat Dauphinois (Drôme) – a lancé MEMo (pour Maison Économique Modulable.) « Notre objectif : proposer des produits rapides à mettre en œuvre à des prix acceptables aussi performants que ceux que nous réalisons », explique Didier Monnot, directeur général de Pluralis.

Tout est élaboré en atelier hormis les finitions et assemblé sur le chantier. Le client choisit son type de logement sur catalogue avec différentes options (type de toiture, de chauffage, avec ou sans terrasse et/ou garage, etc) comme il le ferait pour l’achat d’une voiture. Les habitations de plain-pied vont du T3 au T5, en simplex ou duplex avec un prix inférieur à une construction traditionnelle du fait que le « surcoût » lié à la maîtrise d’ouvrage (environ 10 %) est intégré au prix du produit réalisé en ossature bois. 200 logements de ce type sont prévus d’ici quatre ans répartis entre les quatre bailleurs sociaux partenaires sur ce projet.



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