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Plaine de l’Isère - Dans la cluse de Voreppe, on « ZAP » la coupure verte !

Isère le 27 février 2014 - La Rédaction - Région grenobloise - article lu 2818 fois

Plaine de l’Isère - Dans la cluse de Voreppe, on « ZAP » la coupure verte !
Entre 629 ha et 867 ha de surface par an sont soustraits à l'usage agricole en Isère depuis 2000 (Source Observatoire Foncier Partenarial de l'Isère, DGFiP) - (D.R.)

S’opposant au projet de développement d’une zone économique sur la plaine de Voreppe en 2008, la commune  prend une position radicale: profiter de sa position à l’orée du pays voironnais pour briser la continuité urbaine de l’agglomération grenobloise  en maintenant une coupure verte sur son territoire.  C’est le point de départ d’une  réaction en chaine : l’incitation du ScoT de rendre des terres à l’agriculture en 2011 (2), l’abandon de Centre Alpes 3 avec 300 hectares fléchés à enjeux économiques rendus à la vocation agricole et le plan Air Climat donnent raison à la résistance voreppine : « Je voulais avant tout jouer sur le temps, il ne fallait pas se précipiter, explique le maire de Voreppe Jean Duchamp,  le contexte économique ne justifiait pas un développement à tout prix et nous avions la chance d’avoir des terres riches.

Nous pouvions en avoir besoin plus tard pour nourrir l’agglomération». Le sort des  hectares convoités de la commune se joue en 2011  lorsque les terres du Château du Baron de Séguier d’Agoult sont mises en vente à la bougie à Paris. La mairie alerte le pays voironnais qui les rachète en partie. Les 4 000 ha d’espaces agricoles  de la cluse de Voreppe  (de Sassenage à Tullins), classés parmi les meilleurs terrains du département, deviennent un enjeu stratégique. La METRO et la CAPV transforment l’essai en soumettant au conseil général  un Périmètre d’Aménagement des Espaces Agricoles et Naturels Périurbains  (PAEN) sur les 10 communes de la cluse, pérennisant les espaces agricoles, forestiers et naturels sur une durée infinie.  Mais les projets promus par le PAEN éveillent d’autres résistances. Certains agriculteurs refusent de voir les collectivités s’emparer de leur choix de production sur du long terme et de leur possibilité de revendre en foncier plus tard. Quelques communes comme Noyarey et Moirans en font les frais, prises en otages avec des mouvements d’agriculteurs inquiets. Le conseil général gèle Le PAEN (voir encadré), en attente d’apaisement. Bénéficiant d’un soutien local plus consensuel,  Voreppe persiste et,  fait rare pour une commune, choisit  d’inscrire dans son PLU deux  ZAP, les deux premières du périmètre du PAEN. Plus rassurantes pour les agriculteurs, ces servitudes d’utilité publique instaurées par arrêté préfectoral,  seront protégées pour un usage agricole sur la durée du PLU de la commune, sauf décision du préfet. La démarche s’inscrit dans la politique agricole volontariste de la CPAV de soutien aux jeunes agriculteurs.  « 7 projets d’implantations de jeunes ont été retenus par le pays voironnais, explique Valérie Barthet,  première adjointe en charge de l’intercommunalité, parmi eux deux sont sur les ZAP de Voreppe ». A l’étude pour valoriser ces dernières : un projet de pépinière agricole, au sens incubateur économique du terme, qui permettrait de valider des projets et de mutualiser des équipements.

Le PAEN de la plaine de l’Isère au point mort

Se dotant  de la compétence de création des PAEN en 2011, le Conseil général a validé en avril 2013 le projet de la Metro et du CAPV, soumis aux accords des communes concernées, aux avis du Syndicat mixte du SCoT de la Région grenobloise et de la Chambre d’agriculture de l’Isère. 9 des 10 communes y participent: Sassenage, Noyarey, Le Fontanil, Voreppe, La Buisse, St Jean de Moirans, Moirans, Vourey et Tullins. Le PAEN a 3 vocations : l’instauration d’un périmètre d’intervention, la définition d’un programme d’actions partageant des enjeux agricoles, forestiers et paysagers (ex : mise en place de circuits courts « marchés de producteurs », équipements agricoles collectifs, créations de parcours pédestres ou VTT,…) et l’exercice d’une action foncière. Bloqué dans sa dernière étape par l’hostilité de la profession agricole, il ne sera pas soumis au décret interministériel qui en fait un outil de protection quasi incontestable, le conseil général préférant pour l’instant privilégier la création de ZAP.

Nanouk Lantran



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