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Eolien: la protection des ressources d'eau potable inquiète dans le Pilat

Loire le 22 avril 2015 - Marine Graille - Sciences, Santé, Environnement - article lu 825 fois

Eolien: la protection des ressources d'eau potable inquiète dans le Pilat
Stocklib - La protection des ressources en eau potable fait débat dans le projet éolien du Pilat

Il ne manquait plus que le rapport sur l'impact du projet éolien des Monts du Pilat pour finaliser le dossier administratif. C'est désormais chose faite. Si les membres du comité stratégique se montrent plutôt satisfaits, les associations opposées au projet restent quant à elles toujours méfiantes. [article mis à jour le 24 avril à 11 h 45]

Nouvelle étape dans le projet éolien des Monts du Pilat. Jeudi 9 avril dernier, les membres du comité stratégique, représentant le collège des citoyens, des collectivités et la société Quadran, ont présenté les résultats du rapport environnemental du projet. Cette étude, obligatoire, constituera l’une des nombreuses pièces qui constitueront le dossier administratif pour l’obtention du permis de construire et du permis d’exploitation des 10 éoliennes prévues.

Le premier volet de cette étude porte sur les contraintes environnementales. L’un des points abordés concernés le défrichement d’une partie de la forêt de Taillard puisque des pistes et des chemins forestiers seront utilisés et que les futures éoliennes devraient s’implanter en zones reboisées post-tempête plutôt qu’en forêt dite « mature ». Selon le rapport rendu, 3,5 ha devraient être défrichés. Parmi les points de discorde importants entre la SAS les Ailes de Taillard, porteur du projet, et les associations opposées : la protection des ressources en eau potable. Selon P.-Y. Barbier de la société Quadran, des études hydrogéologiques ont été réalisées par le cabinet Césame. « Le rapport effectué par le Dr Agnès Blachère est particulièrement rassurant sur la compatibilité du projet et le maintien des ressources d’eau. » Pas de quoi rassurer Henri Delolme, président de l’association Protégeons Taillard. « Une enquête publique sur le nouveau projet de PLU pour la commune de Saint-Sauveur (où doit être implantés une partie des éoliennes, Ndlr) a mis en évidence de nombreuses réserves de la part du commissaire enquêteur à propos de la protection des ressources en eau potable tant publique que privée. » Contactée, l'Agence régionale de santé de Rhône-Alpes indique qu'elle « n'a pas encore émis d'avis sur le projet éolien des Ailes de Taillard au titre d'une procédure règlementaire mais a contribué au cadrage préalable des services de l'Etat, contribuant à une bonne intégration de l'enjeu de protection des captages d'eau potable dans l'étude d'impact relative à ce projet. Suite à une rencontre avec le porteur de projet le 16 mars 2015, une étude préalable hydrogéologique a été transmise aux services de l'ARS dans le cadre d'une pré-consultation. Sont étude est prévue dans les semaines à venir et pourra donner lieu à de nouveaux échanges avec le bureau d'études ».

Les dossiers administratifs déposés après l'été

La question de la distance entre les éoliennes et les habitations a également été abordée lors de cette réunion. Un point qui n’a pas vraiment fait l’objet de débat puisque la réglementation est respectée selon le rapport. Seule incertitude, en mars dernier le Sénat a amendé le projet de loi d’orientation énergétique en portant à un kilomètre la distance entre éoliennes et habitations au lieu de 500 m actuellement. Un projet qui pourrait impacter l’implantation des 10 éoliennes du Pilat puisqu’il est prévu que les premiers mâts se trouvent à 700 m des habitations de la Faye. « Rien n’est encore définitif puisque cet amendement oppose les députés et les sénateurs », explique J.-Y Barbier, qui ne semble pas inquiet par ce projet législatif.

En termes de seuil acoustique, le rapport rendu témoigne de la conformité du projet éolien puisque la réglementation impose que « le bruit supplémentaire généré par le parc éolien ne dépasse les + 5 décibels le jour et les + 3 décibel la nuit ».

L’ensemble des membres de la SAS compte déposer les dossiers administratifs après l’été, puis devrait suivre une année d’instruction. Si le projet obtient le feu vert administratif à la suite de cette année, il restera encore 6 mois pour déposer d’éventuels recours.

 Marine Graille

 



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