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Pierre Streiff : « Le BTP reste un créateur d'emplois non délocalisables »

Isère le 16 avril 2015 - Carine Barjon - Immobilier et BTP - article lu 401 fois

Pierre Streiff : « Le BTP reste un créateur d'emplois non délocalisables »
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Face à une conjoncture délétère, la voix des entreprises de la fédération du BTP de l'Isère s'est élevée à plusieurs reprises pour envoyer un message d'urgence aux élus. L'urgence de prendre conscience que la filière souffre et que ses emplois, non-délocalisables, sont menacés. Pierre Streiff, président de cette fédération, explique.

Vous êtes arrivé à la présidence de la Fédération du BTP de l’Isère il y a presque 6 ans au tout début de la crise. Comment ont évolué les entreprises iséroises depuis ?

Ces six dernières années avec la conjoncture difficile, les entreprises du BTP n’ont eu d’autres choix que de s’adapter. Beaucoup d’entreprises ont trouvé des solutions pour innover. Il a fallu chercher l’innovation pour proposer de nouveaux produits, plus compétitifs, différents, pour essayer de s’en sortir. Il est vrai qu’il est plus facile d’innover dans certains corps d’état comme le génie climatique que dans les métiers plus « traditionnels » comme la peinture ou la maçonnerie.

Dans ces métiers, les entreprises ont fait le choix de former pour se perfectionner, proposer des savoir-faire plus techniques et créer ainsi un marché de niche. Face aux prix bas qui ne remontent pas et au manque d’activité de manière générale, les entreprises du BTP ont pris le parti de se former à des mises en oeuvre plus spécifiques, plus techniques pour pouvoir se démarquer. Les entreprises ont aussi beaucoup développé le commercial pour s’installer dans de nouveaux marchés.

Dans quel état est aujourd’hui le BTP isérois ?

Il ne se passe pas une semaine sans que nous perdions des salariés et des entreprises. On perd des emplois et, phénomène  récent, de belles entreprises anciennes au savoir-faire local reconnu avec une petite cinquantaine de salariés et qui ont pignon sur rue sont en grande difficulté. Parfois même mettent la clé sous la porte. Nous sommes dans un état d’urgence sans précédent.

Manifestation d’envergure le 11 mars dernier, une assemblée générale qui déclare l’état d’urgence, vous lancez un appel clair ?

Nous voulons surtout faire prendre conscience aux élus locaux que les salariés de nos entreprises sont en danger et que ce sont eux qui font vivre l’économie locale. Lors de notre assemblée générale, nous avons sciemment mis en avant des hommes, les salariés de nos entreprises. Les décideurs et les élus doivent comprendre que les emplois des entreprises du BTP sont non-délocalisables et qu’ils sont une force pour le maintien de l’économie locale. Il est vrai que les dotations aux collectivités ont chuté, mais il ne faut pas que ce soit un prétexte pour ne plus lancer de travaux. Les élus doivent continuer à investir pour leur commune et pour l’activité locale.

Le président du conseil départemental de l’Isère a annoncé un plan de relance de 100 M€. Une perspective importante pour la filière ?

Nous attendons la mise en route rapide de ce plan de relance. Il faut que de petites opérations soient rapidement lancées pour donner un souffle d’air aux entreprises. Il faut des retombées rapides pour arrêter de perdre des emplois. Je crois que notre appel a enfin été entendu.
Nous voulons être positif et croire en cette prise de conscience.

 

Propos recueillis par Carine Barjon

Le poids du BTP en Isère

Le secteur du bâtiment et des travaux publics pèse lourd dans la balance économique du département.

L’Isère compte 8 212 entreprises dont 7 974 du bâtiment et 238 des travaux publics. En tout, elles emploient 27 774 salariés qualifiés, majoritairement des ouvriers. Le bâtiment reste l’activité phare en termes d’emplois avec ses 22 119 collaborateurs tandis que 5 652 personnes travaillent au sein des sociétés de travaux publics. Chaque année, les entreprises du bâtiment en Isère produisent pour 2,51 Md€ de construction dont 33 % sont consacrés à l’amélioration et à l’entretien des logements, 25 % à la réalisation de logements neufs, 22 % à l’entretien de bâtiments non résidentiels et 20 % à la construction de logements non résidentiels.

Malgré leur faible nombre, la production des entreprises des TP sur le département représente 760 M€ HT par an. La majeure partie de leurs activités provient des chantiers de voiries (33,8 %), pour 20,1 % des chantiers d’assainissement, canalisation, adduction d’eau… à 17,7 % de terrassements et à 13,9 % de travaux électriques.

Au niveau national, le bâtiment ne représente pas moins de la moitié des emplois dans l’industrie en France avec ses 1 469 000 d’actifs et ses 325 000 artisans pour un total de 347 000 sociétés. Quant aux travaux publics, la filière compte 260 000 salariés.



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