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Pierre Martinet lorgne vers l’Asie

Isère le 23 mars 2014 - Jacques Savoye - Actualités - article lu 1715 fois

C’est le C.S.B.J.

rugby qui les avait rapprochés. Les plaisirs de la table les ont définitivement liés. Depuis 20 ans, Guy Savoy, le chef triple étoilé dont le restaurant devrait bientôt aménager dans l’ancien Hôtel des monnaies à Paris, et Pierre Martinet, le traiteur intraitable, sont d’inséparables complices. Aux conseils de l’un s’ajoutent les idées de l’autre. Des autres devrions-nous écrire tant il est vrai que Nurdan, l’épouse de Pierre, possède elle aussi une imagination fertile. On comprend que, chez l’ancien charcutier de Jujurieux qui s’apprête à célébrer les 40 ans de sa première salade de museau, les nouveautés s’enchaînent. Ce sera le cas dès le mois d’avril.
« Outre une nouvelle charte graphique pour les salades, nous innovons avec une recette pilier du marché : un Coleslaw au Cheddar. Nous lançons aussi cinq nouveautés snacking de la gamme Farandole : des salades repas constituées de pâtes aromatisées d’herbe et de viande. Un concept unique dans une barquette compartimentée » explique-t-il. Mais le must, en matière de nouveautés, se situe au niveau des boissons. La gamme Green tea et Gazpachos (9 références lancées en 2012 et 2013, près de 7 millions de litres/an), prend de la bouteille. « Elle fait son entrée au rayon jus de fruits frais en bouteilles familiales d’un litre, complétant ainsi l’offre en tétra pack »  annonce Pierre Martinet précisant que ces boissons sont vierges de colorant, de conservateur et d’arômes artificiels. N°1 français de la salade traiteur et du taboulé (qui regrette de devoir importer de l’étranger certains légumes : les cornichons de Turquie, les pommes de terre des Pays-Bas et d’Allemagne), Pierre Martinet, qui ne parle plus d’une entrée en bourse de son entreprise, (« On se donne encore le temps de la réflexion » dit-il), lorgne plutôt du côté de l’Asie. Martinet S.A., dont le capital est majoritairement détenu par la famille, espère pouvoir exporter en Chine et surtout au Japon. Dans ce dernier pays, des contacts ont été établis avec le groupe Lawson qui contrôle près de 12 000 points de vente dans l’archipel nippon. A ce jour, le traiteur intraitable est dans l’attente du feu vert que devraient délivrer les services douaniers de ces pays. Dans le cas d’un accord, déjà présent sur les marchés allemands, belges, espagnols, italiens et suisses, Pierre Martinet, qui a travaillé au Brésil  les techniques de longue conservation sur les cœurs de palmiers, aborderait  des continents où l’on estime à 300 millions le nombre de consommateurs intéressés par sa production. On effacerait ainsi le record établi en juillet 2013 avec 9 300 tonnes de taboulé commercialisées et correspondant à 42 millions de bouches !

Jacques Savoye


Martinet en chiffres

1974 : création de la salade de museau de bœuf par Pierre Martinet à Jujurieux (Ain).
1976 : ouverture d’un atelier de fabrication industrielle à Villeurbanne et création de la société Martinet.
1980 : installation de Martinet S.A. à Saint-Quentin Fallavier et lancement en 1986 de la gamme de salades à la coupe.
1996 : rachat de la société Louis Lemoine à La Selle sur le Bied et en 1997 rachat de la société Randy à Chaponost (Rhône).
2007 : création de Martinet Iberica (Espagne)
Aujourd’hui
6 sites de production :  (Saint-Quentin Fallavier, Le Luzais (Isère), Chaponost (Rhône), La-Selle-sur-le-Bied (Loiret), La Motte Achard et Les Lucs sur Boulogne (Vendée).
Production 2013 : 65 000 tonnes de salades et taboulé, 6,8 millions de litres de gazpacho, 1,4 million de litres de green tea, 3 000 tonnes de pâtisseries, 500 tonnes de charcuterie.
Effectif : 680 salariés (moyenne d’âge 39 ans).
Chiffre d’affaires : 140 M€ en 2013.
Investissement : 3 M€ en 2014 pour du matériel d’emballage.



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