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Pierre Gattaz à Grenoble : L’entreprise « France »

Isère le 09 juin 2014 - Laurent Marchandiau - Actualités - article lu 769 fois

Pierre Gattaz à Grenoble : L’entreprise « France »
Pierre Gattaz, président du Medef (© Laurent Marchandiau)

Salle comble au World Trade Center lundi dernier.

Plus de 550 chefs d’entreprises et acteurs du monde économique grenoblois ont fait le déplacement pour assister à l’allocution de Pierre Gattaz, le président du Medef, invité pour l’assemblée générale annuelle du Medef Isère. Cette année, la thématique abordée, « Faire gagner la France », renvoyait les échos de la ligne directrice choisit par son nouveau président national qui, tout au long de la soirée, a martelé la nécessité de transformer clairement le pacte de responsabilité par des actions. En préambule, une mini table ronde réunissait quelques personnalités grenobloises, dont le P.D.-G. du Groupe ARaymond, Antoine Raymond, Laurent Ponthieu, vice-président exécutif de Rolls Royce. Deux chefs d’entreprises ainsi que Jean-François Fiorina, directeur adjoint de Grenoble École de Management (GEM) et Jean-Claude Lemoine, directeur de l’Institut de l’Entrepreneuriat. « Depuis un an et demi, l’image de l’entrepreneur a évolué. Il n’est plus perçu comme celui qui licencie, mais au contraire comme un homme qui crée de l’emploi », explique Jean-Claude Lemoine. Et de poursuivre : « La conception de l’entrepreneuriat a changé : on entreprend plus pour s’épanouir personnellement que pour gagner de l’argent. Si aujourd’hui, il n’est pas très compliqué de créer une entreprise – de multiples subventions existent – le plus dur reste le jour d’après ! » Quant aux deux chefs d’entreprises, ils se sont accordés à dire que la France n’est plus perçue comme la 5e puissance économique mondiale, mais un pays comme un autre à l’étranger.

« Que le PS fasse son Bad Godesberg* ! »

Les propos tenus par Pierre Gattaz ont été, en apparence, nettement plus virulents quant à la politique suivie par la France. « C’est un immense gâchis ! Nous avons des atouts exceptionnels et des talents. Et aujourd’hui, le pays enregistre 0 % de croissance, une dette publique qui atteint les 95 % du PIB, 11 % de chômeurs et des jeunes ainsi que des entrepreneurs qui partent à l’étranger. » Face à ce constat, Pierre Gattaz n’y a pas été par quatre chemins : « Il faut que le PS fasse son Bad Godesberg*, que la France aille vers une économie de marché, vers la mondialisation, qu’elle croit en nos entreprises plutôt que de les stigmatiser et les pointer du doigt ! » Selon lui, les entreprises détiennent 80 % des solutions du pays. « Nous sommes au bord du précipice. Nous avons 1,5 million de fonctionnaires ! Il faut traiter la France comme une entreprise, ce qui n’a jamais été fait d’où les problèmes d’organisation et de management ! » Et bien entendu que les entreprises françaises montent en gamme. « Le ratio excédent brut / valeur ajoutée utilisée pour comparer l’efficience économique des pays entre eux, atteint les 28,7 % en France contre 39 % pour l’Europe et 47 % pour nos voisins Allemands. En somme, la rentabilité est 2 fois supérieure en Allemagne que dans notre pays ! » La lourdeur des charges fiscales comme sociales a également été évoquée, le président du Medef militant pour leurs allégements. Et de revenir sur le pacte de responsabilité. « Nous n’avons encore rien vu de ce pacte. Il faut que nos gouvernants comprennent que la France a un potentiel énorme et que cela vient des entreprises. » Un discours salué par les personnes présente dans la salle, mais où on pourrait déplorer le manque de représentation, notamment lors de la table ronde, des PME et TPE, celles-là mêmes qui font la France de demain, souvent oubliée des discours et des discussions…
*Programme de Bad Godesberg : entre 1959 et 1989, l’Allemagne et notamment son parti social-démocrate (SPD) abandonne les idées d’inspiration marxiste au profit de ce nouveau programme contenant comme axes majeurs : la renonciation au marxisme, le rejet de l’anticléricalisme, la libre concurrence et la libre initiative de l’entrepreneur reconnaissant de facto l’économie de marché. Depuis, il a été remplacé par le programme de Berlin, mais certains principes comme l’économie de marché restent en vigueur.

Laurent Marchandiau



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