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Pierre Garret et Philippe Blanchin : « Les Dézingués »

Loire le 12 juin 2014 - Aline Vincent - Roannais - article lu 1932 fois

Pierre Garret et Philippe Blanchin : « Les Dézingués »
(D.R.)

Ce sont leurs amis qui leur ont soufflé le nom de cette nouvelle adresse roannaise où il fait bon prendre un verre, et/ou manger.

Roannais pure souche, amis depuis l’enfance, Pierre Garret et Philippe Blanchin, la quarantaine entamée, voulaient changer de vie professionnelle, retrouver la motivation. Ils ont conçu ensemble ce bar à tapas de qualité. Murs noirs, bois blond, sols gris foncé. Le canapé de velours, les fauteuils et les chaises rouge et orange tranchent et apportent la touche espagnole. C’est l’architecte d’intérieur roannaise Aurélie Dupont du cabinet Arcature qui a mis en forme leurs attentes. Côté tapas, la maison propose de la charcuterie Pata Negra, du chorizo iberico, des boquerones (anchois), des chipirones (supions), des calamars, du boudin de Murcie… accompagnés d’un bon vin. « On peut venir chez nous uniquement pour boire un verre à l’heure de l’apéro ou en fin de soirée, accompagné (ou pas) de tapas, de planchas, voire d’1 ou 2 plats ».
Idéalement situé sur la place du Marché récemment reconfigurée, ce nouvel établissement convivial du paysage roannais arrive pour les deux amis à l’heure où les rêves sont encore possibles, si tant est qu’il y ait une date de péremption pour cela… En tout cas, à un moment où il reste encore trop d’années à assumer quand on a fait le tour de son métier et encore suffisamment à vivre pour se lancer dans une nouvelle vie professionnelle. Pierre Garret, fils du créateur de « L’Aventure », dont le succès perdure, et Philippe Blanchin, issu d’une famille du textile dans la pure tradition roannaise, se sont connus à l’âge de 8/10 ans au Ski Club de la Madeleine. A quelques années près, leurs cursus se sont suivis. Ils ont quitté Roanne à 15 ans pour le premier, à 18 pour le second. Pierre Garret a d’abord passé  une licence d’histoire-géographie avant d’intégrer la Femis, Fondation européenne pour les métiers de l’image et du son (ex Idhec). Mais parce que « démarrer une carrière dans l’audio-visuel quand on n’est pas issu du sérail est compliqué »,  il s’associait il y a 17 ans dans une affaire de bureautique et d’informatique. Du trio de départ, l’entreprise est passée à une trentaine de salariés.

Retour à Roanne

De son côté, Philippe Blanchin avait pris une autre voie avec une DUT de Génie mécanique. Après un court passage dans la filière, il rejoignait l’univers du textile en devenant agent commercial. Tout deux se retrouvaient ensuite à Paris. « L’un rive droite, l’autre rive gauche, s’amuse Pierre Garret. Et comme de nombreux Roannais, ils reviendront à leurs origines à l’approche de la quarantaine « pour raisons familiales et la qualité de vie ». En 2006, Philippe Blanchin créait sa société de tissage maille ABC Mode dont l’activité se poursuit aujourd’hui. Quand Pierre Garret fait part à son copain de son envie d’autres horizons, ils commencent à cogiter. Le textile est devenu compliqué et ils décident de vivre l’aventure ensemble. « Je ne me sens bien que dans les projets, dans la phase ascendante, avoue Pierre Garret. Un premier, consistant à ouvrir des boutiques de prêt-à-porter masculin, est très engagé (accord des banques compris !) lorsqu’ils apprennent qu’un restaurant de la place du Marché, le cœur battant de la ville, est à vendre. C’est là que germe l’idée d’ouvrir un bar à tapas. L’emplacement est trop petit, mais un magasin d’encadrement est à céder à quelques dizaines de mètres. Il faudra un an avant d’en ouvrir les portes fin avril. Depuis il ne désemplit pas. Les prévisions ont été largement dépassées, et ce, dès le premier jour où de 25 couverts attendus, ils en ont assuré 20 de plus.
Philippe Blanchin est aux fourneaux, son domaine de prédilection, et à la gestion. Pierre Garret s’occupe des clients. « Mon expérience dans le métier remonte à ma vie d’étudiant à Londres… et à mon passage au Potager des Halles sur les quais de Saône à Lyon ». Depuis ce sont deux hommes « heureux ». « On s’amuse, mais en le faisant sérieusement ». Ils testent des formules, ont installé un grand écran plasma pour les grandes occasions, sportives notamment. Il arrive même que le son de la musique monte en fin de soirée et que les clients s’improvisent clubbers… Quant au premier projet, il reste bien au chaud dans un tiroir. Au cas où…

Aline Vincent

Une date
P.G. : le 17 août 1990, ma moto m’a lâché sur cette même place. Je suis rentré dans un bar et j’ai croisé les yeux d’une jolie blonde qui est devenue ma femme.
Ph. B. : 27 juillet 1987, j’ai conquis ma femme rencontrée au lycée et qui me repoussait depuis 3 ans !

Un lieu
P.G. : Belfast où j’ai pris conscience de mon bonheur
Ph. B. : Montmartre pour y avoir vécu

Un personnage
P.G. : mon fils Antoine, 18 ans, une leçon de vie face à ses difficultés
Ph. B. : Severiano Balesteros qui m’a fait aimer le golf encore davantage

Ambition
P.G. et Ph. B. : être heureux !

Phrase
P.G. : « Nous sommes de l’étoffe dont sont faits nos rêves et notre petite vie est entourée de sommeil », W. Shakespeare.
Ph. B. : « Faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux »



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