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Finances grenobloises : la mise sous tutelle menace-t-elle ?

Isère le 12 novembre 2015 - Caroline Thermoz-Liaudy - Collectivités locales - article lu 429 fois

Finances grenobloises : la mise sous tutelle menace-t-elle ?
Caroline Thermoz-Liaudy - Le maire de Grenole a expliqué son plan d'actions pour éviter la faillite de la ville

Anxiogène ce message ? Non. Pas pour le maire de Grenoble, Eric Piolle, qui parle même d'un message positif pour faire entendre à chacun que si on fait des efforts communs, la ville échappera bel et bien à la mise sous tutelle. Et ça commence par la fermeture des services municipaux le 25 novembre.

« Faillite ». « Mise sous tutelle ». Voilà les mots employés par le maire de Grenoble, Eric Piolle, qui expliquait le 10 novembre dernier, que c’est ce que risque la capitale des Alpes, « si nous n'agissons pas ». La mise sous tutelle pourrait être prononcée s’il était constaté au compte administratif un déficit au moins égal à 5 % des recettes de fonctionnement. Le préfet devrait alors saisir la chambre régionale des comptes, qui transmettrait à la collectivité les mesures nécessaires pour le rétablissement de l’équilibre budgétaire. La question que tout le monde se pose alors : à quelle échéance doit-on envisager ce destin funeste ?

C’est alors que l’équipe municipale se montre plus rassurante : jamais si on s’en tient au plan de sauvetage qu’elle présentait le même jour, et qui prévoit d’ores et déjà la réduction de certaines dépenses : mutualisation, stabilisation de  la masse salariale, mais aussi l’éventualité de nouvelles recettes via le mécénat,  ou le paiement du péri-scolaire… Certains projets ne verront pas le jour, sauf soutien de financements alternatifs, comme la rénovation de l’ancien musée de peinture. Sans cela, la faillite de la ville pourrait être réelle dès l’été prochain. « Nous sommes arrivés au bout d’un cycle d’abondance ».

Opération « portes fermées »

Outre les économies envisagées, la municipalité prévoie une action symbolique : fermer ses services publics le 25 novembre pour protester contre la « pénurie financière inouïe » engendrée par la baisse des dotations de l'État. Une façon pour les élus de faire prendre conscience aux citoyens du travail important et des responsabilités d’une ville, qui seraient mis en péril par une mise sous tutelle. Ce jour-là, les bâtiments communaux ne seront pas accessibles aux habitants et aucun agent ne sera présent dans l'espace public, à l'exception des services assurant des missions d'hygiène ou de sécurité (Ehpad, police municipale, restauration…). Les élus de la majorité seront présents devant les bâtiments pour « redire que ces politiques récessionnistes impactent la vie quotidienne des gens », explique Éric Piolle.

Entre 2013 et 2017, la ville va voir son budget tronqué de 20 M€ de dotations. « C’est l'équivalent de 100 % des subventions versées durant une année, ou de 80 % des subventions du CCAS », ajoute le maire. Une perte d’autant plus problématique pour la majorité qui a été élue avec la promesse de ne pas augmenter la part locale de l’impôt durant le mandat, les jugeant injustes et déjà trop élevés. « Pour compenser la baisse des dotations, il faudrait plus de 15 % de hausse d'impôts », a souligné Eric Piolle.

Le débat d’orientation budgétaire 2016, qui devra entériner les mesures, aura lieu lundi 16 novembre lors du conseil municipal. Conseil qui risque d’être houleux, au vu des réactions déjà émises par les élus oppositions, qui dénoncent une opération de communication. Jérôme Safar (PS), écrivait sur les réseaux sociaux mardi soir : « J'ai choisi de vous alerter sur la nouvelle opération de communication de la majorité municipale […] Elle consiste en effet à intimer l'ordre aux agents de la ville et du CCAS de se prêter à une opération politique en décrétant une journée durant laquelle les agents travailleront "en interne", c'est à dire sans interaction avec le public... »

Caroline Thermoz-Liaudy
 

 



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