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Permis de conduire : la réforme satisfait les auto-écoles

Loire le 26 juin 2014 - Emilie Massard - Société - article lu 3358 fois

Permis de conduire : la réforme satisfait les auto-écoles
Aujourd'hui il faut attendre en moyenne 108 jours pour repasser son permis dans la Loire (© Georges Rivoire)

Tous les syndicats d'auto-écoles se sont accordés là-dessus : dans son ensemble, ils sont favorables à la réforme du permis de conduire annoncée récemment.

Il faut dire que les propositions avancées par le gouvernement devraient leur permettre de réduire les délais d’attente entre deux passages de l’examen pratique. Aujourd’hui, si on rate son permis dans la Loire, il faut attendre en moyenne 108 jours, soit 3 mois et demi, pour pouvoir le repasser, les élèves le passant pour la première fois étant prioritaires. C’est plus que la moyenne nationale (98 jours), et si la Loire n’est pas la mieux lotie par rapport aux départements voisins (65 jours d’attente en moyenne en Haute-Loire), du côté de Rhône-Alpes en revanche elle s’en sort plutôt bien (129 jours de délai dans le Rhône).

Pour réduire ces délais, le gouvernement propose dans sa réforme de confier la surveillance de l’examen théorique à des gendarmes ou policiers à la retraite jusqu’à courant 2015, où le passage du code sera pris en charge par un prestataire externe. Ce qui devrait permettre de libérer du temps aux inspecteurs pour se consacrer au passage de l’examen pratique. « Nous sommes très favorables à la privatisation d’une partie du permis de conduire, nous la demandons d’ailleurs depuis plusieurs années », rappelle Josiane Marcon, présidente de l’Association des écoles de conduite de la Loire, qui regroupe une quarantaine d’adhérents. « Le problème des délais ne date pas d’hier, et la situation va en s’empirant. On espère que ce genre de mesure va pouvoir dégager des places en libérant du temps aux inspecteurs. » Inspecteurs qui consacrent aujourd’hui 40 % de leur temps au passage du permis B (moyenne nationale).

L’objectif annoncé est donc d’inverser ces chiffres pour qu’ils consacrent 60 % de leur temps au permis B et 40 % aux autres permis et aux tâches administratives. Pour augmenter encore le nombre de places disponibles pour passer l’examen pratique, le gouvernement propose également de réduire la durée de cet examen. De 35 min actuellement, il passerait à 32 min. « Aujourd’hui les examinateurs font passer 12 permis par jour, explique Josiane Marcon. Réduire la durée de l’examen permettrait de dégager une plage de plus par jour. »

450 000 français conduisent sans permis

Plus de places, donc moins d’attente, et potentiellement moins de personnes qui conduisent sans permis. En 2010, l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière estimait leur nombre autour de 450 000, dont 20 % qui ont perdu leur permis. « On voit de plus en plus de cas, notamment chez les conducteurs qui ont perdu leurs points et qui doivent repasser l’examen, constate Michel Riccobene, délégué Loire de l’Union nationale des indépendants de la conduite (Unic). S’ils pouvaient repasser leur permis rapidement, ces gens-là ne prendraient peut-être pas le risque de se mettre en infraction. Ces problèmes de délais nous obligent à refuser du travail par manque de place. Aujourd’hui si un élève se présente dans mon auto-école, ayant déjà échoué une fois à l’examen, je suis obligé de le refuser, faute de place à lui proposer. Ça limite notre travail et notre développement, alors que nous pourrions prendre plus d’élèves, et embaucher du personnel. »

De leur côté, les inspecteurs du permis de conduire ne semblent pas favorables à cette réforme. Opposés à la privatisation de l’examen du code de la route, ils demandent le recrutement de nouveaux inspecteurs pour réduire les délais de passage. Plusieurs syndicats nationaux ont appelé à la grève.

Emilie Massard

Des conducteurs de plus en plus jeunes ?

La réforme du permis de conduire propose également d’avancer l’âge de la conduite accompagnée à 15 ans, ainsi que le passage de l’examen du permis de conduire à 17 ans et demi, en conservant la présence d’un accompagnateur obligatoire jusqu’à 18 ans. Sur le sujet les professionnels des écoles de conduite sont partagés.

Avancer l’âge de leur formation permettrait peut-être à certains d’entre eux de ne pas céder à l’envie de conduire sans permis, mais se pose aussi la question de la maturité. « Donner aux jeunes plus d’expérience avant de passer l’examen peut être une bonne chose, mais à cet âge seront-ils assez matures pour intégrer la formation correctement ? » s’interroge Josiane Marcon, présidente de l’Association des écoles de conduite de la Loire.



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