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Pénurie de médecins : le numerus clausus n'est pas seul en cause

le 16 juin 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - article lu 19 fois

Pénurie de médecins : le numerus clausus n'est pas seul en cause

Certes le numérus clausus a réduit de manière drastique le vivier de jeunes médecins. Le robinet s'est rouvert timidement il y a quelques années : cette timidité trouve son fondement dans le contrôle des dépenses de sécurité sociale, elle génère toutefois des effets pervers car les dépassements d'honoraires se trouvent encouragés par la situation de pénurie : trop diminuer les dépenses reviendrait donc paradoxalement à les augmenter... Mais pour un certain nombre de médecins installés, le numerus clausus ne serait pas la seule cause de cette pénurie.

Il y a bien sûr le vieillissement de la population : celle des médecins actifs diminue, alors que celle des patients augmente. Il y aurait aussi des clauses plus sociétales : l’image du médecin libéral perd de son aura. Le statut est jugé moins prestigieux, et les réformes de la secu n’y sont pas toujours étrangères, imposant une activité administrative toujours plus importante pour des tarifs de moins en moins attractifs, avec un assujettissement croissant de l’aspect libéral à l’administration de tutelle, y compris en termes de liberté de prescription.

Des causes démographiques, mais aussi sociologiques et sociétales

La mentalité des jeunes médecins aurait également évolué, à l'instar de celle du reste de la jeunesse : la responsabilité n’est plus recherchée en tant que telle, la liberté de mouvement est largement plébiscitée , et à ce titre, le médecin titulaire est considéré comme moins libre que le remplaçant ou le salarié, le mot « libéral » ayant visiblement perdu de son contenu. Les astreintes diverses sont de plus en plus mal perçues, et leur poids se trouve renforcé par le fait qu’elles sont de moins en moins contrebalancées par une liberté d’action ou une contrepartie en termes de revenus. Si ces derniers restent largement au dessus de la moyenne, ils semblent ne plus constituer un moteur aussi important qu’auparavant. C’est particulièrement vrai pour la médecine générale dont les tarifs sont étroitement surveillés.

Enfin, c’est tout un mode de vie qui est remis en cause, les plus jeunes refusant de vivre l’isolement et le sacerdoce de la « médecine de papa ».  Rappelons aussi qu’un jeune diplômé médecin est une personne d’une trentaine d’années, qui a fait ses études dans une grande ville universitaire dans laquelle il se trouve « installé » ; il est parfois en couple et n’a pas nécessairement envie de quitter ses repères pour s’implanter dans une ville plus rurale, avec du charme certes, mais qui reste pour lui une inconnue…



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