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Pénurie de médecins, jusqu'à quand ?

le 16 juin 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - article lu 24 fois

Pénurie de médecins, jusqu'à quand ?

D'après les statistiques de l'Agence Régionale de Santé, 42% des médecins généralistes sont âgés de 55 ans ou plus. Le chiffre est identique pour l'Isère, mais la Drôme et l'Ardèche dépassent les 50%. Une aubaine pour les jeunes médecins. Quand ils existent. Car chaque année, des centaines de médecins ferment leur cabinet sans trouver de successeur.

 On estime qu’en France il manque déjà au moins 3000 médecins généralistes, et selon d’autres sources, ce chiffre pourrait dépasser les 11 000 postes à pourvoir. La tension existe aussi dans la médecine spécialisée, comme par exemple en ophtalmologie.

Lorsqu’un cabinet ferme, les patients sont renvoyés sur les cabinets environnants, quand ceux-ci sont en mesure d’absorber la patientèle supplémentaire. Ce n’est pas toujours le cas : beaucoup de médecins refusent les nouveaux patients pour cause d’horaires largement saturés. C’est même le cas à l’Isle d’Abeau, qui a pourtant une population relativement jeune. Dans les secteurs traditionnels où la population vieillit le problème est encore plus marqué ;  Dolomieu cherche son médecin depuis un an ; le problème existe aussi à La Tour du Pin, pourtant sous préfecture, et dans la plupart des secteurs ruraux en Rhône Alpes.

Les grandes villes sont pour l’instant épargnées, surtout lorsque qu’elles ont des facultés de médecine, et donc un réservoir de médecins.

En tête des causes de la pénurie, on trouve le numerus clausus (« nombre fermé ») qui limite le nombre de médecins diplômés : il a baissé considérablement depuis 1977  jusqu’en 1998,  année pendant laquelle moins de 4000 médecins étaient diplômés contre plus de 8000 dans les années 70. Le nombre est remonté laborieusement  jusqu’en 2007 et tend à se stabiliser à un peu plus de 7500 admis en 2e année, soit un niveau inférieur à celui d’il y a 40 ans, pour une population nettement supérieure : 64 millions de français aujourd’hui (métropole), contre 50 millions au début des années 70, avec une moyenne d’âge qui n’a cessé d’augmenter : + 4 ans entre 1991 et 2015… Autant dire que la situation n’est pas près de retrouver un équilibre. D’après certains professionnels, le déséquilibre va perdurer au moins 10 ans pour d’évidentes raisons démographiques ; ils espèrent un mieux ensuite, sans promettre pour autant une situation confortable, car le nombre de médecins ne fait pas tout, encore faut il qu’ils soient bien répartis.



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