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PCI Scemm sous pavillon taiwanais

Loire le 30 janvier 2015 - Denis Meynard - Industrie - article lu 585 fois

PCI Scemm sous pavillon taiwanais

Bientôt vendue par PSA au groupe Tong Tai, la branche machines-outils du constructeur automobile français va s'émanciper de son client historique.

Peugeot PSA, qui a cédé ces dernières années la propriété du site stéphanois où il est installé, et dont la filiale à 100 % PCI Scemm est devenue un simple locataire, s’apprête à vendre la totalité des actions de cette entreprise au fabricant taiwanais de machines-outils Tong Tai. Ce dernier, qui a presque un demi-siècle d’existence, se développe rapidement en Asie, où il possède une demi-douzaine d’unités de production, dont une en Chine et une autre en Malaisie.

Présent dans différents secteurs industriels, il bénéfice de la forte demande de machines-outils dans les pays émergents où investissent notamment les constructeurs et équipementiers automobiles, qui constitue son premier débouché. Ses équipements d’usinage s’adressent également à l’industrie aéronautique ou au médical. Le groupe taiwanais commercialise des centres d’usinage, des rectifieuses, fraiseuses, aléseuses, tours à commandes numériques, des machines de perçage et de découpe laser de circuits imprimés… etc.

Après avoir étendu sa présence en Chine et en Asie du Sud-Est, Tong Tai veut conquérir d’autres régions du monde, notamment en réalisant des opérations de croissance externe et en se positionnant sur le marché des équipements haut de gamme. C’est pour cela qu’il veut acquérir PCI Scemm, qui deviendra sa première implantation industrielle en Europe, où il possède une filiale commerciale aux Pays-Bas. Cette dernière à une production d’environ 25 machines par an, contre dix fois plus pour le groupe taiwanais dirigé par Monsieur Yen, coté à la bourse de Taipei, qui compte 1 300 salariés, pour un chiffre d’affaires d’environ 240 M€.

Usinage de culasses et de carters

Avec cette future acquisition, pour un montant non précisé, Tong Tai va étendre son offre sur les centres d’usinage de pièces telles que les culasses et les carters de boite à vitesses. Une spécialité de l’entreprise stéphanoise, qui maitrise notamment un procédé de micro-lubrification, à l’aide de vapeur d’huile comme liquide de coupe.

PCI Scemm réalise encore plus des deux-tiers de son chiffre d’affaires avec PSA. Le reste provient de fondeurs de pièces en aluminium tels que Montupet, Ryobi, ou FP Alu (GMD). Après plusieurs plans sociaux l’effectif stéphanois s’est stabilisé autour de 133 salariés permanents, dont une dizaine d’apprentis, mais le volume d’activité confié par sa maison-mère est en baisse, notamment sur les produits neufs. Dans le cadre de la cession, PCI Scemm, qui devrait réaliser sur 2014 un chiffre d’affaires de 26 M€, avec un rentabilité nette positive de plusieurs points, demeure un partenaire privilégié de PSA pendant cinq ans. Ce qui n’empêchera pas sa mise en concurrence avec d’autres fournisseurs.

Parallèlement à la cession réalisée début 2015, un autre changement est intervenu ces derniers mois dans l’entreprise stéphanoise, avec le départ de son directeur, Damien Poyard (voir l’encadré), et son remplacement par Patrice Gambier. Ce dernier arrive du groupe PSA, où il était auparavant en fonction au centre de recherche de La Garenne Colombes, dans les Hauts-de-Seine. En 2011, PSA avait cédé à Surcomi Consultant, pour 5,5 M€, le site de 5,5 ha dont il était propriétaire dans le quartier du Rond-Point, devenant locataire des 9 000 m2 qu’il occupe désormais. Avec la vente de PCI Scemm, il vient de vendre sa dernière unité de production dans la Loire.
Denis Meynard

Damien Poyard a rejoint Forest Liné

Damien Poyard a quitté en fin d’année la direction de PCI Scemm à Saint-Etienne pour prendre celle de l’usine de fabrication de machines-outils que Forest Liné (groupe français Five Cinetic) possède à Capdenac (Aveyron). Diplômé de l’Ecole catholique des Arts et métiers (Ecam) de Lyon, Damien Poyard travaillait depuis 24 ans au sein de la filiale machines-outils que constructeur le automobile français PSA vient de céder à un groupe asiatique. Directeur de l’usine stéphanoise depuis sept ans, il en était le représentant au sein du cluster Mécaloire et du pôle de compétitivité ViaMéca.
 



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