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PCB de Saint-Cyprien : les autres études

Loire le 12 juin 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 825 fois

PCB de Saint-Cyprien : les autres études
(D.R.)

Et si le cas de Saint-Cyprien avait au moins ce mérite ? Celui de faire avancer la connaissance scientifique encore trop partielle sur les effets des PCB.

L’incendie du site Vitale en 2008 (déclaré en août, il se prolongera sur 3 mois) a donné lieu à la plus grande pollution terrestre aux PCB jamais subie en France. Peut-être même en Europe.
Pourtant interdites en UE depuis 1987, on connaît mal les effets sur l’environnement de ces molécules organiques de synthèse créées avant Guerre, longtemps utilisées en particulier pour leurs capacités d’isolation. Leurs effets nocifs sont liés à leur capacité d’accumulation chronique dans les organismes vivants. « On s’est aperçu de leur nocivité à partir des années 70, avec le cas d’élevages de visons au bord du lac Michigan aux Etats-Unis périclitant. La fertilité diminuait en raison de l’alimentation : des poissons du lac, justement très pollué aux PCB », explique Olivier Faure, spécialiste en biochimie du laboratoire de géosciences et environnement de l’école des Mines de Saint-Etienne.
Mais leurs effets exacts et facultés diverses à s’accumuler dans les organismes vivants autres que les poissons : tout cela reste très mal connu. « Il faut dire que la moindre analyse coûte 500 € et que, second problème, il existe 209 molécules différentes dont les toxicités divergent. Selon les cas, divergent aussi les combinaisons de PCB en jeu et leur abondance », souligne Jean-Luc Bouchardon, spécialiste en géochimie qui travaille avec O. Faure dans le même laboratoire. Laboratoire sollicité fin 2010 par l’entreprise Luxel, ayant implanté une centrale photovoltaïque sur les 20 ha entourant le foyer de l’incendie de Saint-Cyprien. Le cœur de la pollution, où toute pratique agricole est verrouillée pour 50 ans. Grand minimum.

Aussi une étude sociologique

Luxel a demandé de mesurer sur ces même 20 ha les transferts des polluants de Saint-Cyprien, les effets sur la faune et la flore locales et si ceux-ci s’atténuaient dans le temps. L’étude - 12 000 € financés par Saint-Etienne Métropole - doit s’achever fin 2014. Autre difficulté des PCB : comment effectuer des prélèvements sur des animaux ayant fréquenté le site mais sans cesse en mouvement ? Et même si cela était possible (techniquement, financièrement) comment s’assurer qu’une contamination éventuelle n’est pas le fait d’un autre site ?
Les chercheurs se concentrent donc sur l’impact de la quantité de bactéries dans le sol. Et si certaines ont la faculté de dégrader les polluants. « Il est encore trop tôt pour donner des résultats », annonce prudemment Olivier Faure qui précise qu’une autre étude, sociologique celle-ci, s’est greffée à leur projet. Menée par Florian Charvolet du centre Max-Weber de l’université Jean-Monnet, elle étudie la trame de l’accident, la gestion de la crise et le ressenti des populations…
Toutes ces recherches ne sont qu’un début. Suite à ce programme en cours d’achèvement, l’Ademe (1) dans le cadre de son appel projet Gesipol (Gestion intégrée des sites pollués) en a sélectionné trois autres qui viennent de débuter - totalisant là plusieurs centaines de milliers d’euros - afin de mieux comprendre à partir du cas Saint-Cyprien comment les PCB se comportent et évoluent. Trois études qui impliquent donc de nouveau les chercheurs de l’école des Mines mais aussi les universités de Besançon, Bordeaux et l’Ineris. Pour 3 ans.

X.A.


(1)
Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie sous tutelle du ministère de l’Environnement



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