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Pays voironais : Inosport bientôt développé par VEGA

Isère le 08 juin 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 782 fois

« Le pays voironnais a racheté à l’Etat le domaine de la Brunerie, ancien Creps, quand l’Etat a décidé de sa fermeture, se souvient Jean-Paul Bret.

Un achat à hauteur de 3,2M€. Il y avait pas mal de travaux à faire sur l’ensemble des bâtiments, si bien que l’Etat et la région Rhône-Alpes nous ont aidé à hauteur de 2.1M€ chacun, soit 4,2M€. Aujourd’hui, on en est à 5M€ HT d’investissement, et on prévoit la construction d’un pôle de badminton à hauteur de 4,5M€, pour lequel on attend l’accord de l’Etat. Pour le fonctionnement, on vient de consentir un BEA (Bail Emphytéotique Administratif) avec TSF (Association Tremplin Sport Formation) qui gère l’activité formation, hébergement, restauration, et tout le reste des activités liées au sport. Pour 20 ans, TSF a donc la quasi propriété des lieux. Nous gardons pour nous les espaces boisés classés, les pièces d’eau, et certains espaces communs pour lesquels on a des charges d’entretien. » Des investissements qui traduisent les ambitions fortes du pays voironnais pour l’avenir du site : « Sur le site on a aussi une pépinière d’entreprises dans l’ancien château. Le concept de cet « Inolab » est de rapprocher des industriels du sport, des sportifs de haut-niveau et du pratiquant lambda, sur un lieu qui permet d’expérimenter de nouvelles pratiques et de nouveaux matériaux. La dimension de l’usage est très importante. » Pour autant, les entreprises ne sont pas oubliées. « Notre idée de développer sur le territoire la filière sports et loisirs, vient du fait que nous avons sur le territoire des entreprises ténors comme Poma ou Rossignol. Aujourd’hui, on n’a pas envie d’être seuls dans ce challenge, et nous avons proposé à la Métro de s’associer dans le cadre de VEGA (Syndicat Mixte Voiron et Grenoble associés). L’année prochaine, c’est donc normalement Vega qui devra développer Inosport. »

Un modèle économique

Quand on demande à Julien Polat, nouveau maire de Voiron et vice-président en charge de l’économie au Pays Voironnais, si Inosport est un outil évènementiel qui doit permettre à sa ville de devenir une capitale innovante des métiers et de l’industrie du sport, il répond par l’affirmative. « Au-delà des activités, c’est un véritable modèle économique et une partie de l’avenir du territoire qui se joue ici en termes d’attractivité. Quand on présente Voiron à l’extérieur, et qu’on évoque les sites susceptibles d’accueillir les activités économiques d’acteurs qui souhaitent éventuellement s’installer, on parle du domaine de la Brunerie, et de la philosophie Inosport. C’est un cadre de développement qui peut répondre à leurs attentes. » Est-ce un moyen de doper Centr’Alpes 2 ? En tout cas pour Julien Polat « C’est complémentaire. On est sur l’économie du sport et des loisirs, et c’est une filière riche en potentiel de croissance. En plus il y a une vraie cohérence avec l’identité du territoire. C’est le dynamisme et la jeunesse d’un pays voironnais tourné vers l’avenir  et les domaines de l’innovation. »

Dominique Rillh, Pays voironnais :

« Inosport donne une image et des retombées à notre territoire »

Initiée en 2010 sous l’impulsion du Pays Voironnais, la cinquième édition d’Inosport rassemblera, le 12 juin à Voiron, plus de 300 professionnels de la filière sport, Loisirs, santé et bien-être. Entretien avec Dominique Rillh, directeur adjoint du service développement économique du Pays Voironnais, cheville ouvrière d’Inosport.

L’Essor : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à créer Inosport ?

Dominique Rillh : Depuis 2004, le Pays Voironnais réfléchissait à développer une offre autour de la filière sport, santé, loisirs et bien-être. À l’époque du rachat de Rossignol par Quicksilver en 2005 et la relocalisation de son site sur Centr’Alp 2, nos services ont reçu plusieurs demandes d’entreprises étant intéressées par cette zone d’activités. Il nous fallait un évènement susceptible de donner une image à notre territoire, différente de celle de Grenoble avec son Forum 4i. Nous ne voulions pas d’une énième conférence technologique, du moins pas seulement, c’est pourquoi nous avons ajouté la dimension « usage », d’où la création de deux tables rondes au sein d’Inosport, l’une orientée sur les innovations de la filière et, l’autre sur les applications réelles. En tout, nous consacrons chaque année en moyenne 50 K€ à 60 K€ à l’organisation de cet évènement.

L’Essor : Quelles sont les nouveautés de cette édition et ses temps forts ?

Dominique Rillh : Chaque année, nous choisissons un thème en fonction de sa pertinence et présentant le plus d’intérêt pour la pratique sportive en général. Pour cette cinquième édition, nous avons opté pour les matériaux et les utilisateurs connectés. Deux sujets, deux tables rondes, l’une portant sur « Matériaux innovants… répondre aux besoins des utilisateurs », l’autre sur « L’utilisateur connecté : de nouveaux produits, services pour de nouveaux business et de nouvelles pratiques sportives ? » Cette année, nous accueillerons l’ancien champion du monde d’athlétisme, Stéphane Diagana en tant que grand témoin. Plus d’une trentaine d’entreprises présenteront aux visiteurs leurs produits et innovations au sein du showroom tandis que 350 à 400 rendez-vous d’affaires ont été organisés.

L’Essor : Qu’est-ce qu’Inosport apporte aux entreprises participantes ?

Dominique Rillh : Chaque édition s’accompagne d’un concours récompensant les entreprises les plus innovantes de la filière dans cinq catégories (design, éco-conception, santé/bien-être ou prévention, services et technologie. Au final, le comité de sélection a retenu une quinzaine d’entreprises sur les 34 dossiers reçus. Outre, les cinq lauréats, deux prix spéciaux seront remis à deux sociétés de moins de 10 salariés. Le lauréat du prix spécial Pays Voironnais recevra une dotation de 5000 € et de 3000 € pour celui du prix spécial Sporaltec. Cet évènement et ce concours permettent aux sociétés participantes d’accroître leur visibilité, de rencontrer des professionnels du secteur et de créer des opportunités d’affaires.

L’Essor : Vous avez créé Inosport pour développer la filière sport, loisir, santé et bien-être sur notamment sur Centr’Alp 2. Quelles sont les retombées de cet évènement sur cette zone d’activités et plus largement sur le pays voironnais ?

Dominique Rillh : Centr’Alp est l’une des plus importantes zones d’activités de la région Rhône-Alpes qui n’avait pas une desserte complète. Avec la finalisation d’ici à septembre du demi-échangeur de Mauvernay, la zone bénéficiera désormais d’un accès complet étant directement accessible de Lyon et Grenoble depuis l’A48. Depuis l’annonce de la réalisation de cette desserte dans les deux sens, nous avons un bon nombre de projets d’implantation en cours. Par exemple, un projet d’immeuble tertiaire est en cours de lancement par le constructeur d’immobilier d’entreprise Michel Ferrier tandis que deux entreprises s’installeront prochainement chacune sur 20 000 m². Nous sommes en discussions avec une autre société en vue d’une implantation prochaine sur la zone. En l’espace de 6 mois, quatre ventes ont été réalisées. Aujourd’hui, Centr’Alp 1 compte 200 entreprises sur 200 ha pour 5000 salariés alors que Centr’Alp 2 (75 ha) dispose pour l’instant d’une seule entreprise regroupant 450 collaborateurs. Rien qu’avec l’installation de ces nouvelles sociétés, dans deux ans, plus de 1000 salariés travailleront sur Centr’Alp 2.

AlpineFoil glisse au-dessus des eaux

Révolutionner les sports de glisse. Plus fun que le kitesurf, le kitefoil ne cesse de se développer. Une nouvelle pratique dont s’est emparée Damien Chaboud qui conçoit des kitefoils haut de gamme tout carbone. Navigué au-dessus des flots à moindre vent, s’affranchissant des frictions générées par l’eau et des contraintes techniques liées au kitesurf « forçant » les pratiquants à voguer face à la plage. Tel est l’essence même du kitefoil. Une nouvelle pratique sportive qui est en train de révolutionner les sports de glisse dont Damien Chaboud s’est emparée. L’innovation technique, le foil, réside dans la mise en place d’un avion sous-marin de 60 cm d’envergure par 80 cm de long doté d’un mât auquel est fixée une planche. « Le foil existe depuis le XVIIIe siècle, servant d’abord à tracter des barges attelées à des chevaux le long des rivières. Dans le domaine sportif, c’est revenu à la mode avec l’Hydroptère d’Éric Tabarly », explique Damien Chaboud. C’est au cours d’un voyage que ce passionné de glisse voit pour la première fois cette pratique. Ni une, ni deux, il conçoit son premier kitefoil dans son garage puis crée au fur-et-à-mesure des outils adaptés (machine à commande numérique spécifique, logiciel de soufflerie 3D). Alors salarié, il saute le pas et crée en juillet dernier au Touvet, AlpineFoil, sa société spécialisée dans la conception et la fabrication de kitefoil tout carbone. « Nous disposons de quatre planches différentes avec la possibilité d’intégrer un GPS à la planche », précise Damien Chaboud. Le premier prix débute à 2000 € (foil + boitier de fixation à la planche) jusqu’à 3000 € (foil + planche) et permet de naviguer entre 50 cm à 70 cm au-dessus de l’eau. À cela, le pratiquant devra ajouter l’achat d’une voile de kitesurf. « C’est un investissement rentable. Un kitesurfer dispose de trois voiles différentes pour pouvoir pratiquer son sport. Avec le kitefoil, une seule suffit. » Actuellement, il existe environ cinq sociétés dans le monde de commercialisation des kitefoil dont trois françaises. Exportant dans 23 pays, AlpineFoil vient de s’installer dans des locaux de 60 m² sur la zone d’activités de Saint-Vincent-de-Mercuze et vise les 180 K€ pour son premier exercice, dont 80 % réalisés à l’international.

Dossier : Laurent Marchandiau, Caroline Thermoz-Liaudy.



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