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Paul Rolland : « supprimer les effets de seuils »

Rhône le 09 janvier 2015 - Jacques Donnay - Industrie - article lu 113 fois

Paul Rolland : « supprimer les effets de seuils »
D.R.

Président de Métallurgie et du groupe de micromécanique de haute précision Steec, qui emploie 23 personnes à Brindas, Paul Rolland réclame plus de liberté pour les entreprises, seule solution, selon lui, pour relancer l'industrie.-

Les entreprises industrielles sont confrontées à des difficultés pour financer leur croissance. Comment expliquez-vous cette frilosité des banques ?

Les accords de Bâle ont en effet conduit les banques à être de plus en plus vigilantes sur ce qu’elles vont financer. Comme les systèmes bancaires sont par nature quelque peu frileux, ces normes les incitent à prendre encore moins de risques. Or, c’est en prenant des risques, en investissant, que les entreprises peuvent se développer. Si elles se heurtent à un refus au moment de financer des investissements pour augmenter leurs capacités de production, elles voient passer les marchés mais ne parviennent pas à les remporter. La situation est d’autant plus complexe aujourd’hui, que le contexte économique est plus tendu que jamais et nos entreprises doivent aujourd’hui vivre avec des carnets de commandes dont la visibilité n’excède pas deux à quatre semaines.

L’industrie française peut-elle repartir de l’avant sans un gros travail d’innovation et d’internationalisation ?

Je crois qu’il faut se méfier des simplifications hâtives. Toute production n’est pas exportable et certains métiers ne peuvent pas s’internationaliser. Par ailleurs, on attache à l’innovation une conséquence inéluctable : l’invention. De ce fait, de nombreuses entreprises n’ont pas accès au Crédit Impôt Recherche, parce qu’elles n’inventent rien. Mais l’innovation, ce n’est pas que cela. On peut innover dans le management, dans la technologie, dans le développement. Toutes les entreprises font du développement, mais au quotidien, elles ne peuvent pas le quantifier.

Certains affirment que le développement de l’industrie française passe impérativement par l’augmentation du nombre des ETI (entreprises de taille intermédiaire). Qu’en pensez- vous ?

Il y a effectivement des phénomènes de mode. Il y a quelques années, les PMI étaient au centre de toutes les réflexions. Aujourd’hui, ce sont les ETI. Comme je le disais pour
l’innovation, je considère que toutes les entreprises ne sont pas appelées à grandir. Bien sûr qu’il faut plus d’ETI, mais cela ne doit pas devenir un leitmotiv. Cette idée fixe sur les ETI vient de la volonté actuelle de comparer la France à l’Allemagne. Mais nos deux pays ont des caractéristiques et des histoires industrielles différentes. Si nos gouvernants veulent réellement que nos entreprises grandissent, la première solution serait de supprimer les effets de seuils. Bon nombre de PME refusent de grandir à cause de cela. Cela ne règlera pas la question des ETI, mais cela permettra déjà à nos PMI de grandir.

Propos recueillis par Jacques Donnay



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