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Patronat : Vague des démissions à la CGPME Loire

Loire le 03 mai 2014 - Denis Meynard - Actualités - article lu 1037 fois

Patronat : Vague des démissions à la CGPME Loire
Le président sortant et les administrateurs démissionnaires ne s'adressent plus la parole (© Georges Rivoire)

Deux mois après l’assemblée générale de la CGPME Loire, qui s’est tenue dans un climat tendu, le divorce est consommé entre Daniel Villaréale et plusieurs « poids-lourds » de son conseil d’administration.

Plus d’un tiers a exprimé son désaccord avec la ligne suivie par le président, reconduit pour un nouveau mandat de trois ans. Certains ont choisi de ne pas renouveler leur mandat, d’autres ont démissionné, d’autres encore ont été exclus par une commission de discipline mise en place par le nouvel exécutif. Mis en cause, y compris sur l’organisation et le déroulement du scrutin par ses opposant, Daniel Villaréale avait accepté de s’exprimer. Avant de se raviser, « pour ne pas alimenter la polémique » vis-à-vis de ceux qui l’accusent d’une gestion personnelle et autoritaire du syndicat patronal.

« Le CA ne servait à rien »

Parmi les administrateurs de longue date qui ont envoyé leur lettre de démission figurent tous ceux qui siègent par ailleurs au bureau de la CCI de Saint-Etienne/Montbrison. Jean-Claude Delorme, qui en est vice-président au commerce déclare que « le CA ne servait à rien. On était sous la tutelle de François Turcas (le président régional de la CGPME) qui en est à son 8e mandat et qui privilégie les aspects purement politiques et la une des magazines people ». Egalement démissionnaire, son collègue André Moulin lance : « on allait de plus en plus aux réunions avec des semelles de plomb. Aux derniers vœux, Daniel Villaréale a carrément repris le discours de François Turcas ».
Outre Benoit Fabre, Philippe Rascle avait envisagé de se présenter à la présidence. Mais il explique avoir renoncé après que le sortant eut utilisé une disposition (abrogée depuis) permettant à une seule personne de s’approprier un nombre de pouvoir représentant jusqu’à un quart des inscrits. « Après avoir envisagé un recours devant le TGI pour faire annuler l’élection, à cause d’irrégularités vis-à-vis du règlement intérieur et des statuts de l’association, nous y avons renoncé car cela aurait pu avoir des conséquences graves pour Daniel Villaréale », affirme-t-il. Ajoutant : « en tant que vice-président, je n’ai pas pu avoir accès à la liste des votants et des pouvoirs ».
Eric Moiroud, jusqu’alors trésorier de l’association, évoque un système devenu opaque et autoritaire, « une sorte de family business qui satisfait davantage les ambitions du président plus que celle des entreprises adhérentes ». Certains lui reprochent aussi de ne pas avoir évoqué avec le conseil d’administration la présence sur une liste électorale de Nora Berroukeche, la secrétaire générale de la CGPME Loire. Nommée adjointe aux finances de la Ville de Saint-Etienne, elle quittera dans les prochains mois l’association où l’ambiance était devenue délétère.
D’autres partants, tels que Jacques Patras ou Benoît Fabre, déplorent une « absence de stratégie et de projet et l’alignement systématique du président local sur François Turcas plutôt que sur son CA, quitte à ne pas appliquer des décisions prises à l’unanimité ».
Marie Mathoulin, secrétaire de l’association et présidente de son Pôle femme mis en place depuis un an, a tourné la page, comme Sylvie Guichard ou Chantale Prevost qui étaient elles aussi administratrices. Elle évoque un « besoin de renouvellement », un « climat de souffrances pour les salariés de l’association » et un soutien pas toujours à la hauteur des attentes pour son initiative parfois qualifiée de « truc de bonne femme ».

Denis Meynard

Lifting réussi pour François Turcas

Le président régional de la CGPME apporte un soutien sans réserve à son poulain ligérien.

L’inamovible président de la CGPME Rhône-Alpes, François Turcas, est catégorique ! « Dans la Loire la situation de notre organisation est saine, les comptes ont été certifiés, alors que Daniel Villaréale a repris une situation catastrophique il y a six ans.» Sur les tensions qui agitent l’association depuis plusieurs mois et les démissions en série, il déclare : « certains, qui ont des ambitions personnelles, n’ont pas réussi à prendre le pouvoir après avoir demandé à Daniel Villaréale de partir. On est dans une attitude digne d’une cour d’école ».
François Turcas ajoute que l’actuel président départemental a « toute mon amitié et toute mon affection et je souhaite bien du plaisir au Medef à qui les démissionnaires sont allés demander de les accueillir ». Et de poursuivre « des situations comme celle là, j’en ai connu en 22 ans. Ce ne sont pas des gamins qui vont m’emmerder... », estimant que « la CGPME remodelée avec les verrues qui ont disparu, est aujourd’hui magnifique ».
Interrogé sur la démarche en vue d’une éventuelle liste unique entre son organisation et le Medef lors des élections consulaires de l’an prochain à Saint-Etienne, François Turcas déclare : « c’est toujours un souhait, mais ça dépendra de la place qu’on nous laisse. Chaque fois qu’on fait liste séparée c’est la CGPME qui gagne ! »

D.M.



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