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Patrick Poivre d'Arvor : A Saint-Etienne « Il y a un vrai amour du livre »

le 13 octobre 2015 - Florence Barnola - Livres - article lu 385 fois

Patrick Poivre d'Arvor : A Saint-Etienne « Il y a un vrai amour du livre »
Frédéric Myss/Opale/Ed. Robert Laffont - Patrick Poivre d'Arvor et Jacques Plaine à l'honneur de la prochaine Fête du livre

Alors qu'il a déjà participé à plusieurs reprises à la Fête du livre de Saint-Etienne, il est pour la première fois parrain pour son 30e anniversaire. A cette occasion, il dédicacera notamment son dernier roman, Un homme en fuite, sorti au printemps dernier. Rencontre avec le journaliste, auteur, récitant et metteur en scène, Patrick Poivre d'Arvor.

Quel souvenir gardez-vous de la Fête du Livre de Saint-Etienne ?

Je crois qu’il y a un vrai amour du livre, ce qui n’est pas le cas d’autres endroits. Là, on sent que ce sont des lecteurs, des gens qui ont envie de se procurer des livres. Que cela s’appelle « Fête du Livre », est important car ce n’est pas seulement un salon où chacun est derrière son petit box. De plus, il y a beaucoup d’activités autres que la simple dédicace, c’est très riche.

Comment envisagez-vous ce rôle de parrain ?

Je suis parrain pour la première fois à Saint-Etienne mais cela m’est arrivé pour un certain nombre de salons. En général je dis oui quand cela me plait, je suis très attaché à l’ambiance pas simplement à la déambulation commerciale. C’est une fonction bénévole que l’on accepte parce que l’on pense que cela peut aider un peu l’événement à se faire connaître. J’arrive juste pour faire un petit accompagnement. Heureusement qu’il y a tout ces gens qui travaillent en amont, ce sont des bons spécialistes comme Isabelle Rabineau qui est une passionnée. Je pense aussi à Jacques Plaine qui est à l’honneur cette année et qui est également un passionné.

Vous restez les trois jours que comptent la Fête. Qu’allez-vous faire ?

Je vais en profiter pour visiter la ville. La dernière fois, en 2004, après la Fête j’étais parti faire une randonnée, un petit morceau du chemin de Compostelle, avec mon fils. Jacques Plaine et Gaël Perdriau m’ont parlé de la montée des Soleils d’Automne, je vais peut-être y participé cette année, selon l’horaire et les possibilités…

Par ailleurs vous courez chaque année une étape du Tour de France pour le Mécénat de chirurgie cardiaque. Ce n’est pas la seule cause que vous défendez…

Il m’est arrivé un certain nombre de drames, personnels, familial, dans ma vie donc à chaque fois que je peux aider des gens qui se retrouvent dans une situation pareille, je le fais. Je trouve aussi que quand il vous avez beaucoup de chances dans votre vie professionnelle, ce qui m’est arrivé, il faut redistribuer une bonne partie de ce qui vous a été donné. ça rend presque plus heureux de donner que de recevoir.

La littérature est-elle aussi une cause ?

J’ai la chance tous les soirs entre 19 h et 20 h, sur Radio Classique, de consacrer une demi-heure entière à la culture. Il y a toujours des livres. Par ailleurs je fais une série sur France 5 où je raconte les écrivains à travers les maisons qu’ils ont achetées, je n’apparais pas à l’écran mais je suis le directeur de la production et je fais le commentaire en off. Cette émission me plait bien, c’est une autre façon d’aborder la littérature.

D’où vous vient cet amour pour la littérature ?

Je pense que cela vient de quand j’étais très jeune. J’ai été gravement malade. Je n’avais pratiquement pas d’amis alors je me suis beaucoup réfugié dans la compagnie des livres. Les héros étaient mes amis, je me suis frotté à eux comme si c’était des personnages vivants. Et cela m’a donné énormément de bonheur quand j’y réfléchis. A chaque fois que je reçois un livre je l’ouvre avec une certaine curiosité.

Vous faites partie de jurys littéraires. Comment déterminez-vous la singularité d’un ouvrage ?

Il n’y a pas 36 critères… Le livre peut vous toucher de plusieurs façons : au cœur parce qu’il est très émouvant, dans un petit recoin de votre cerveau grâce au style, et puis parce que l’ouvrage est très impressionnant et parle à l’esprit. Il y a plusieurs niveaux, chacun y trouve son compte. Je suis opposé aux gens qui me disent “ce livre est nul etc.“, il faut toujours dire “ de mon point de vue, de mon goût… »

Quel est votre moteur d’écrivain ?

Dans L’Homme en fuite j’avais envie de raconter une déchéance. J’aime bien me laisser porter par l’histoire. Souvent les gens ne me croient pas quand ils entendent dire que ce sont les héros qui me conduisent à écrire le développement de l’histoire, mais c’est vrai.

Votre personnage est plus heureux à la fin du roman qu’au début. Est-ce l’éloge de la simplicité ?

J’aime bien l’idée de la rédemption, que les gens aient une deuxième chance dans la vie et qu’ils découvrent d’autres bonheurs de manière plus simple. Je pense que l’on se laisse tous avoir par la réussite professionnelle ou sociale, ou par les habitudes… C’est bien d’avoir une deuxième vie. Ça permet de regarder autour de soi et de voir les petits « bonheurs » qui valent bien des satisfactions d’orgueil.

Quels auteurs vous inspirent ?

J’ai toujours aimé infiniment Rimbaud, à 14 ans c’était un ami. J’adore l’écriture d’un Chateaubriand ou d’un Proust. Ce sont des gens qui me touchent pour des raisons très différentes.

Dans cette rentrée littéraire, auriez-vous un livre à conseiller ?

Ce n’est pas un roman, c’est un livre de Jean-Marie Rouart sorti en août dernier chez Robert Laffont. Dans Ces amis qui enchantent la vie, il raconte les auteurs qui l’ont fait grandir. A chaque fois, il y a une page sur l’auteur et trois ou quatre pages d’extraits des ouevres. Je trouve que c’est un très bon livre pour permettre aux gens de découvrir la littérature.

Ecrivain, journaliste, metteur en scène, récitant… vos activités professionnelles sont nombreuses…

Je pense que tout est lié à l’adolescence, quand j’ai eu cette maladie. J’ai une espèce de boulimie de la vie comme si tout pouvait s’arrêter à tout moment. Hélas, j’ai vu ce que ça pouvait être. Après, je suis très curieux, passionné. J’espère que ça va durer.

Propos recueillis par Florence Barnola

Un homme en fuite, Patrick Poivre d’Arvor, aux éditions Robert Laffont, 19 €.



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