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Patricia Bonnard, la cuisine est bohème

Loire le 22 mai 2014 - Louis Thubert - Actualités - article lu 1187 fois

Patricia Bonnard, la cuisine est bohème
« Pour moi, nourrir les gens, c'est plus que mettre quelque chose dans leur assiette, c'est aussi un échange » (D.R.)

Une passion, chez certaines personnes, peut être présente dès le départ mais nécessiter du temps avant de mûrir, puis d'éclore.

C'est le cas pour Patricia Bonnard, 41 ans, qui a lancé en octobre 2013 son entreprise de traiteur, « Plat Mobil ». Une référence aux fameuses figurines en plastique allemandes, mais aussi un clin d'œil sur sa capacité à déplacer ses fourneaux : c'est dans un camion aménagé qu'elle travaille.
« Le camion me permet de partir en dehors de la Loire, d'être autonome, mais aussi, pour certains mariages par exemple, d'être dans un cadre insolite tout en ayant une cuisine aux normes, explique-t-elle. J'espère aussi, avec cette formule, faire du “catering“ pour les festivals ». Nourrir le monde du spectacle, voilà quelque chose qui intéresserait beaucoup Patricia Bonnard : « c'est beaucoup de travail concentré, mais ça me plairait beaucoup. J'aimerais être présente sur des longs métrages, cela implique de partir pendant cinq, six semaines d'affilés. Comme mes enfants sont autonomes, je peux les laisser plus facilement». Patricia fournit déjà des mariages, mais aussi  des départs en retraite, des buffets d'entreprise.

« J’ai déménagé 27 fois »

Avant de monter Plat Mobil, Patricia Bonnard a eu ce qu'on appelle un parcours atypique : une licence de psychologie, un détour à l'IUFM puis un BTS de gestion et protection de la nature, qui l'a amenée à être animatrice pendant six ans à l'Ecopôle du Forez, à Chambéon, près de Feurs. « Après, j'ai eu mes enfants, se souvient-elle. Quand ils ont grandi, j'ai enseigné comme prof contractuelle de français et de sciences médico-sociales au collège, tout en étant formatrice en parallèle pour le Greta (Groupement d'Etablissement), de la formation pour adulte. »
C'est par le biais du Greta, encore, mais cette fois-ci en tant que stagiaire, que Patricia passe son Cap cuisine, puis crée Plat Mobil. « L'objectif était de ne pas rester dans la cuisine, comme pendant mes stages en restaurant, mais de pouvoir rencontrer le client. » Et avec le camion, de pouvoir partir travailler hors de la Loire. « J'ai déménagé 27 fois dans toute la France, j'ai une âme un peu bohème », confie-t-elle.
Passer de la protection de la nature à la cuisine n'est pas antinomique pour elle. « Je suis issue d'une famille où l'on cuisine du matin au soir : j'ai cuisiné avec ma mère, ma grand-mère », souligne-t-elle. Installée à Verrières-en-Forez, elle est bien située pour se procurer les produits dont elle a besoin, au marché de Montbrison ou directement chez les agriculteurs. « Je travaille avec du bio, mais pas uniquement, indique Patricia Bonnard. J'utilise aussi des ingrédients locaux dont je connais la provenance, respectueux de l'homme et de l'environnement. » Patricia compose ses recettes en fonction des saisons, et en allant voir directement les producteurs, au gré de ses envies. Ça tombe bien : les monts du Forez, où elle habite depuis 15 ans, regorgent de petites exploitations agricoles. « J'aime aller voir les fermes, travailler avec les uns et les autres. Je n'ai pas un seul fournisseur d'agneau, par exemple », explique-t-elle.
En plus des buffets qu'elle fournit, Patricia Bonnard a une autre casquette : elle est chroniqueuse culinaire pour France Bleu Saint-Etienne. Au salon Tatou Juste, elle va à la rencontre des animateurs de la radio, qui cherchent des cuisiniers pour une émission gastronomique. « Ça me plaît  bien, indique-t-elle, j'aime transmettre. J'avais déjà écrit un article sur les aliments “détox“ pour Loire 42 magazine. »
Patricia Bonnard aimerait transmettre ses connaissances, mais aussi en découvrir. Voyager, pour apprendre les recettes et les façons de faire du terroir, français et d'ailleurs. « De nos jours, on fait beaucoup de choses avec des appareils, des robots, dit-elle. Cela m'intéresserait de revenir à des techniques manuelles. » S'éloigner des machines, pour se rapprocher de la nature ? Sans doute. « Revenir à des ingrédients locaux, issus de l'agriculture raisonnée, beaucoup de gens le disent mais ne le font pas. Moi, je le fais », déclare-t-elle.

Louis Thubert


Citation :
« Quand je regarde au fond de ma casserole, je vois mon jardin », Alain Passard.

Date :
2000, l'année où j'ai eu ma première fille. C'est là que j'ai basculé dans la transmission de ce que je savais.

Projet :
Voyager et faire des rencontres avec les anciens qui m'apprendraient leur savoir-faire. En commençant par la France mais en allant ailleurs aussi.

Lieu :
Le milieu forestier : c'est ce qui m'inspire et là où je me ressource !



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