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Pascal Oger, un homme de méthodes

Rhône le 08 janvier 2015 - Stéphanie Borg - Sciences, Santé, Environnement - article lu 790 fois

Pascal Oger, un homme de méthodes
D.R.

A la tête de l'Insee Rhône-Alpes depuis trois ans, il pose son regard objectif et aiguisé sur tous les mouvements économiques, sociaux mais aussi sociétaux de la région. Fort des analyses de l'institut, il souligne, entre autres, que 2015 sera marquée par un léger redressement, mais pas avant l'été.

Après des études secondaires en Angleterre, dont il garde encore aujourd’hui un goût certain pour Shakespeare, Pascal Oger poursuit un brillant parcours académique : maîtrise de sciences économiques, diplômé de l’Institut d’études politiques
de Paris, puis de l’Ecole nationale de la statistique et de l’analyse de l’information (ENSAI). Là, il opte pour l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), à la recherche de postes « plus opérationnels que la recherche ou l’enseignement pour lesquels j’étais plutôt prédestiné ». C’est le début d’une carrière menée au service de la statistique d’Etat, de responsable du service statistique de la direction régionale de l’Equipement à Orléans à directeur régional de l’Insee Picardie, sa dernière mission avant Lyon, en passant par chef de projet Geokit au ministère de l’Equipement, du Logement et
des Transports à Paris ou directeur adjoint à la direction régionale de l’Insee Paca.
Autant de postes qui font découvrir à ce Parisien d’origine la France de l’ouest au sud, et autant de spécificités. « A l’Insee, on bouge beaucoup, j’aime cet aspect de mon métier, même si ce n’est pas toujours simple d’un point de vue familial », confie-t-il. Des fonctions diverses dans des régions bien identifiées mais qui répondent à des caractéristiques et des méthodes communes. « L’Insee, ce sont des méthodes nationales qui permettent justement la comparaison des travaux. C’est aussi une discipline qui fait appel à l’objectivité, l’indépendance et la neutralité », détaille le directeur régional.
Une indépendance essentielle pour la crédibilité de l’institution et de ses données publiées. « Nos dates de publications sont fixées à l’avance et aucun résultat anticipé n’est possible », poursuit le garant de ces valeurs en région. Et de préciser : « Nous ne pouvons nous permettre une remise en cause de nos résultats comme nous ne pouvons mettre en péril la confiance des sondés dans notre capacité à garantir la confidentialité des données recueillies ».
Ce sont ces données objectives qui permettent de donner une vision de la réalité économique, mais aussi sociale et sociétale des régions françaises. Ces mêmes résultats qui « permettent de relativiser certains phénomènes comme l’inflation perçue et l’inflation réelle ou le chômage des jeunes », argumente-t-il.
Bien que très techniques, Pascal Oger s’attache, avec ses équipes (275 personnes dont 70 enquêteurs de terrain), à vulgariser les travaux de l’Insee dans un « langage compréhensible, concret et réel ». Une obligation sérieuse qui convient bien à ce père de deux grands enfants, attaché aux valeurs du service public, amateur de lecture et de musique et passionné de randonnée.
En 2015, l’Insee devra prendre en compte dans ses études l’impact de la réforme territoriale – en interne, on ne sait pas encore s’il y aura un rapprochement de la délégation avec l’Auvergne – ainsi que la nouvelle métropole lyonnaise. La délégation rhônalpine, désignée comme pôle national coordinateur du recensement, se lancera, dès le 15 janvier, dans sa campagne annuelle. Avec pour la première fois, une validation du recensement par Internet. « Nos agents viendront toujours déposer les formulaires en main propre mais les sondés auront la possibilité de répondre par Internet : c’est plus moderne et plus fluide », indique-t-il.
L’autre enjeu, « de taille », c’est la crise économique. « Les prévisions restent complexes et compliquées. Nous venons d’annoncer + 0,3 % de croissance au 3e trimestre 2014. C’est mieux que prévu mais cela reste insuffisant pour faire baisser le
chômage ». Au vu des données, un léger redressement n’est pas envisageable avant juin 2015. « L’investissement aux Etats-Unis et en Angleterre se porte bien, on verra les effets du CICE sur les entreprises », conclut-il. Autant d’espoirs à confirmer, toujours avec des analyses conjoncturelles
et précises.

Stéphanie Borg



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