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Parkings stéphanois : une renégociation plus ou moins bonne ?

Loire le 10 juin 2015 - Xavier Alix - Collectivités locales - article lu 365 fois

Parkings stéphanois : une renégociation plus ou moins bonne ?
Georges Rivoire - Le parking Jean-Jaurès sera plus cher pour une heure mais moins pour trois heures

« Des augmentations inévitables mais aussi des diminutions », insiste la majorité. Le 1er juillet, de nouveaux tarifs entrent en vigueur dans les parkings souterrains confiés au privé. Pour s'adapter à la loi Hamon mais aussi se mettre en conformité avec les contrats en vigueur. Argument réfuté par l'opposition qui y voit une négociation d'« enfant de chœur ».

Les parkings souterrains, cela ressemble aux autoroutes. La collectivité fait appel au privé pour assumer le coût monstrueux de leurs constructions. De grandes entreprises obtenant en échange des concessions d’exploitation en délégation de service public (DSP) d’une durée très longue et aux recettes cumulées conséquentes.

Par exemple Effia, qui depuis décembre 2012 compte cinq parkings confiés par la Ville totalisant 1 653 emplacements (Fauriel, Jean-Jaurès, Mont-Pilat, Antonin-Moine et Vigne), en a tiré un chiffre d’affaires d’1,813 M€ en 2013 (- 3,6 % par rapport à 2012). Son contrat prévoit cependant une compensation de 50 000 € par an versée à la Ville pour « occupation de l’espace public ». A la différence de QPark (qui gère Hôtel-de-Ville, Chavanelle, Palais-de-justice) à qui a été versée une compensation de 200 000 € par an de 2010 à 2014, vis-à-vis du maintien de bas tarifs, suite à la renégociation au début du mandat Vincent d’une DSP revendue par Eiffage à cette société. Elle avait donné lieu à un réaménagement du projet du parking Palais de Justice ouvert en 2012.

Une DSP peut en effet être renégociée en cours de route. Parfois, des évolutions législatives l’obligent… C’est ce qui vient de se passer avec la loi Hamon sur la consommation. Adoptée le 18 mars 2014, elle oblige une tarification au quart d’heure au 1er juillet prochain. Objectif : que l’automobiliste paye au plus près de sa consommation réelle. Le privé estime évidemment qu’il est perdant par rapport à ses calculs de rentabilité initiaux. Dans ce cadre, la Ville a achevé ses renégociations tarifaires avec les entreprises concernées sur six parkings souterrains concédés. Le résultat ne modifie pas l’échéance des contrats : 2028 pour Effia et 2035 pour QPark. Cette nouvelle grille tarifaire (lire encadré) a donc été soumise au vote du conseil municipal lundi.

« Une explosion des tarifs ! »

Et elle révolte l’opposition : « il faut savoir se battre même si c’est dur. On aurait compris une augmentation de 10 cents mais pas une explosion des tarifs !, s’insurge l’ancien maire PS Maurice Vincent, sans oublier le manque de cohérence avec le fait de remettre la voiture en centre ville. D’accord, il y a une aide le samedi sauf que l’on fait ses courses aussi le vendredi, le mercredi Retirez cette délibération et renégociez. » « Soit, c’est un cadeau, soit c’est mal négocié », juge lui Serge Horvath (FN).

« Il n’y a pas de paradoxe avec la réouverture des transversales et notre projet global d’attractivité du centre, rétorque Pascale Lacour adjointe à la circulation, dans le centre la durée moyenne de stationnement des parkings souterrains est de 2 heures 07. Il y aura deux heures offertes le samedi pour une heure achetée. Et pour une course rapide, rappelons les 20 min gratuites de stationnement de rue créés. Les Stéphanois y sont donc globalement gagnants…» Son maire Gaël Perdriau venait l’appuyer pour préciser que la « baisse de fréquentation des parkings du centre a été de 9 % entre 2010 et 2014 ». Et surtout ajouter qu’il n’y a pas eu de respect des contrats, sous la précédente municipalité ». Aussi en plus d’adapter la loi Hamon, « nous appliquons les clauses contractuelles d’évolution des tarifs. Les entreprises auraient très bien pu partir en justice et réclamer 15 M € à la Ville ! Sans oublier les compensations à QPark qui vont s’arrêter et auraient pu coûter encore 2 points d’impôts ! La loi Hamon a provoqué une hausse des tarifs des parkings en France de 55 % selon Autoplus. Il y a des augmentations, il y a aussi des baisses, il y a aussi une formule acceptée par les artisans qui refusaient fréquemment d’intervenir dans le centre en raison des soucis de stationnement. Enfin, nous avons obtenu une clause de revoyure d’ici 6 mois...»

Lundi, Maurice Vincent n’en démordait pas : « + 60 %, 80 % 100 % : c’est un signal terrible pour la fréquentation du centre. Vous laissez le champ libre au privé, c’est une négociation d’enfant de chœur ». Recontacté le lendemain du conseil sur le fait que sa municipalité n’aurait pas respecté les termes des contrats, Maurice Vincent parlait de « faux argument, il n’y a jamais eu de souci de ce genre avec Effia ou QPark. Pensez bien que si nous n’avions pas respecté nos engagements, je les aurai eu dans mon bureau rapidement ! Ce n’est pas le cas. Nous avions négocié avec toujours le même souci : maintenir des prix très abordables pour permettre une fréquentation du plateau piéton. »

Xavier Alix

La nouvelle tarification

Aucune modification pour les abonnés et résidents. Les tranches de 1/4 h seront facturés 30 cents (Fauriel), 50 cents (Antonin-Moine, Chavanelle, Palais de justice) et 60 cents (Hôtel-de-ville, Jean-Jaurès). Le tarif sur une seule heure subit lui une nette augmentation, au minimum de 60 %, assure l’opposition. En tout cas, elle est bien de 100 % à Jean-Jaurès où une heure passe de 1,2 € à 2,4 €. En revanche, à l’exception de Fauriel, systématiquement facturé le jour à 0,30 € par quart d’heure, le tarif sera identique d’une à trois heures d’occupation (2,4 € pour Hôtel-de-ville et Jean-Jaurès ou 2 € pour Antonin-Moine, Chavanelle, Palais-de-justice). De jour, le plafonnement par tranche de 10 h sera de 9 € à Fauriel, 16 € pour Antonin-Moine, Chavanelle, Palais-de-justice, 18 € pour Hôtel-de-ville et Jean-Jaurès (10 € jusque là).

Un forfait nuit, aux horaires étendus (19 - 9 h) pour les 6 parkings est enfin fixé à 3 €, « Hôtel-de-ville étant vide le samedi soir, contrairement à Jean-Jaurès. » Certes, mais le premier ne compte pas d’offres résidents contrairement au second dont leur part de recette sur ce parking a même augmenté de 28,6 % de 2012 à 2013. Enfin, la municipalité a obtenu deux heures gratuites dans six parkings, de 9 h à 19 h pour une heure achetée les samedis.



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