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Papeterie de Voreppe : l’ancien site de Vertaris racheté par Delion

Isère le 18 mars 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Actualités - article lu 5024 fois

Papeterie de Voreppe : l’ancien site de Vertaris racheté par Delion
Au centre, Jean-Paul Bret, président du pays Voironnais a signé la vente de Vertaris avec les fondateurs de Delion : Martin Gruschka, et Michael Kihlgren, entourés d'élus du CAPV, du liquidateur de Vertaris et de son ancien PDG, qui reprendra le tâte de Delion : Jean Carlos Fernandes (© Franck Ardito)

C’est en septembre 2008 que le Tribunal de commerce de Grenoble a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Matussière et Forest entraînant le licenciement de 230 salariés à Voreppe et une perte de taxe professionnelle de 2,5 M€ pour la Communauté d’agglomération du Pays Voironnais (CAPV).

Décision qui avait engendré, le rachat par l’intercommunalité afin de tenter une ré-industrialisation, avec le redémarrage d’une activité permettant de reprendre une partie des salariés. En septembre 2010 donc, en partenariat avec le Département, la CAPV s’est portée acquéreur du tènement (soit un terrain de 15 Ha et près de 70 000 m2 de bâtiments) pour un montant de 3 M€. C’était le projet Vertaris, censé faire prendre à l’activité papetière traditionnelle, le virage de l’économie verte. Projet qui malheureusement, ne s’est pas avéré vertueux. La liquidation était prononcée en juillet 2012.
Pas de quoi se décourager pour autant pour les élus qui ont signé le 7 mars dernier, le rachat du site par un nouveau groupe, Springwater, qui présente lui aussi un projet ambitieux. Les discussions ont débuté en décembre 2013, la reprise actée 3 mois après ! Une reprise extrêmement rapide, qui a en partie été possible grâce aux investissements de la CAPV qui avait choisi, après la liquidation de Vertaris d’acquérir les machines de fabrication, et de recruter 3 anciens salariés pour assurer l’entretien et la mise en sécurité du site.
La société Springwater Capital souhaite donc produire à Voreppe de la pâte à papier dite marchande. C’est sa filière dédiée au papier et à la communication, Delion, qui s’occupera de la reprise du site isérois. Site qui devrait se nommer Delion dans un premier temps, puis Vertaris-Delion.  Avec l’acquisition des actifs du site de Voreppe, Delion France prévoit d’abord un investissement d’environ 20 M€ avec une production annuelle de 140.000 tonnes de pâte à papier pour un chiffre d’affaires d’environ 70 M €. La première nouveauté se trouve donc ici, le site ne produira plus de papier, mais uniquement la matière première : la pâte. Dans un second temps, et avec des investissements supplémentaires, la production devra augmenter à 200.000 T/ an pour un CA supérieur à 100 M€. Sur le marché français, cette acquisition permettra l’émergence d’un site de production de pâte à papier recyclée unique associant plusieurs fabricants de papiers et favorisant le développement durable de ce secteur. C’est cette première phase qui débute. Les machines vont petit à petit être installées, pour une reprise de l’activité durant l’automne 2014. 70 emplois vont être créés, dont une partie issue des anciens salariés de Vertaris.
Mais tout ne devrait pas s’arrêter là. Une seconde phase du projet consistera en l’installation d’une chaudière biomasse sur le site afin d’utiliser la biomasse locale à des fins de fabrication de vapeur. Le projet présente également un nombre important d’opportunités de coopération avec la collectivité dans les domaines de l’épuration d’eau, de l’énergie, du recyclage, de la valorisation des déchets ou encore de la chimie verte. Enfin, le repreneur prévoit le démarrage d’un atelier de production d’isolants pour bâtiments à base de cellulose. Des activités complémentaires qui conduiront, si elles aboutissent, à la création de nouveaux emplois.
Un projet qui plait au pays voironnais et qui devrait lui permettre de récupérer tout ou partie des investissements réalisés depuis 2010 : le parc immobilier a été racheté 3,7 M€, et les machines 1,7 M€ alors que l’achat de départ était de 6 M€, plus le coût de l’entretien et du fonctionnement : « Mais accueillir une entreprise sur notre territoire va permettre non seulement de créer de l’emploi, mais aussi de récupérer les taxes liées à l’activité. Ce choix va très vite être entièrement rentabilisé », explique le président de la CAPV, Jean-Paul Bret.

Caroline Thermoz-Liaudy



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