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Pac : une vraie récolte de flous

Loire le 20 février 2015 - Xavier ALIX - Société - article lu 102 fois

Pac : une vraie récolte de flous
X. Alix - Emplois induits, patrimoine paysager et sécurité alimentaire : enjeux du maintien agricole dans la Loire comme ailleurs

A un mois des déclarations de surfaces, la version 2015-2020 de la politique agricole commune (Pac) européenne laisse les agriculteurs dans le flou sur d'innombrables points. Les syndicats FDSEA Loire et JA rtirent la sonnette d'alarme.

Transparence et clause de contournement autour des Gaec toujours aussi vagues comme les modalités sur les aides couplées, le verdissement, les transferts de droit entre fermiers entrants et sortants, les prairies sensibles sanctuarisées (des milliers d’ha dans la Plaine du Forez)… Il ne s’agit que d’extraits de la liste, au 15 février, des inconnues autour des règles à appliquer à un mois et demi des déclarations Pac.
Sa nouvelle version 2015-2020 va pourtant bientôt s’appliquer. « Nous posons ces questions techniques depuis des mois. De nombreux points travaillés avec le ministère, ont été ensuite retoqués par l’UE mais il n’y a pas de retour », précise G. Gallo, président du syndicat FDSEA Loire qui, avec la JA, dans le cadre d’une action nationale, a rencontré les représentants de l’Etat à Saint-Etienne vendredi 13 février. « Veut-on d’une agriculture professionnelle ou fourre-tout (un des points de la Pac est censé mettre fin aux vrais/fausses exploitations obtenant des aides, Ndlr) ? Veut-on la mort de l’élevage ? » Faut-il y voir, comme le pensent d’autres syndicats, un laissé aller complice aux négociations mondiales ultralibérales destinant le vieux continent à devenir grenier à blé au détriment de son élevage ? « Les choses sont plus complexes, différentes pressions et intérêts se mêlent. La nouvelle Pac ne favorise pas les céréaliers. Et rappelons que leur premier client en France, c’est l’élevage », répond la FDSEA.
Reste que ce flou incroyable n’arrange pas les inquiétudes des agriculteurs. La Loire en compte environ 4 000. Ils ne se renouvellent déjà qu’à 50 % par an... Plus de 80 % sont des éleveurs viande ou lait détenant un peu moins de 50 têtes en moyenne. Pour les laitiers, outre la fin très redoutée des quotas au 31 mars et la réaction productiviste attendue des voisins européens, l’embargo russe a privé une partie de cette même concurrence de débouchés. Le prix du lait revenu à un niveau correct en 2014 (36 cents/l) a donc de nouveau baissé (30-32 cents). L’embargo russe a aussi ses conséquences sur les producteurs de fruits de la Loire. Enfin, le contexte du marché italien et la fermeture de la Turquie plombent ses éleveurs de viande.

Xavier Alix



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