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Pénurie de médecins : en Isère aussi

Isère le 05 avril 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 222 fois

Pénurie de médecins : en Isère aussi
(D.R.)

Cela fait plusieurs années que l’alerte a été donnée : le manque de médecins guette, et la pénurie commence à se faire sentir.

Si le phénomène touche toute  la France et même la plupart des pays industriels, certaines régions sont moins touchées que d’autres et pourraient se croire à l’abri. Il semble pourtant que personne n’échappera à  une tension croissante entre l’offre de médecins, en diminution, et la demande, en augmentation. La région Rhône Alpes n’est pas la plus à plaindre, classée dans les trois régions les plus attractives (après Pays de Loire et Alscace). Pour autant, les problèmes existent, et ne devraient pas être résolus de sitôt. A l’Isle-d’Abeau, certains médecins ne prennent plus de patients et il devient parfois difficile pour les nouveaux arrivants de trouver leur médecin référent. A Saint-Victor-de-Cessieu, le médecin a purement et simplement fermé son cabinet, faute de repreneur. A la Tour-du-Pin, le seul jeune médecin installé depuis 5 ans voit avec crainte ses confrères envisager leur retraite sans remplaçant identifié. Le numerus clausus, en est la première cause ; ce nombre d’étudiants admis en 2e année de médecine  a été régulièrement diminué de la fin des années 70 jusqu’au début des années 2000 et reste inférieur de près de 1000 à son niveau de…1973. S’il semble maintenant stabilisé (172 à Grenoble, 411 à Lyon pour la promotion 2013/14). Mais il l’est à un niveau que certains considèrent comme faible (dépenses de sécu oblige…) et surtout ne l’est que depuis la fin des années 2000. Compte tenu de la longueur des études de médecine (10 ans au bas mot), il faudra du temps pour que les promotions correspondantes aux années les plus fournies arrivent sur le marché de l’emploi. Mais le déséquilibre vient également du nombre de médecins arrivés à l’âge de la retraite : sur le Nord-Isère par exemple, les  plus de 55 ans sont 48% sur le canton de la Tour-du-Pin, 53% sur celui de Cremieu, 57% pour Virieu et 65% pour Morestel. Si les médecins peuvent tout à fait exercer au-delà de 65 ans, la situation est d’autant plus préoccupante que la population de patients vieillit aussi et est donc en demande croissante de soins. Dernier élément, la mentalité des jeunes médecins issus de la « génération Y » ne fait pas exception à la tendance générale : certaines valeurs Y (refus de l’engagement, désir de liberté et de diversité, temps important accordé aux loisirs) ne poussent pas les jeunes médecins disponibles à se précipiter sur les cabinets à reprendre. Certains préfèreraient exercer en tant que remplaçants ou salariés pour garder le contrôle de leur temps de travail, de leur lieu d’exercice et éviter la quantité de paperasse incombant au titulaire du cabinet. La pénurie touche également les spécialistes (dont les ophtalmologistes qui justifient des délais déraisonnables pour les rendez-vous, qui doivent être programmés souvent 6 mois à l’avance). Le phénomène touche maintenant aussi les grandes villes, plutôt épargnées jusqu’à présent. Un palliatif est constitué par l’implantation des médecins étrangers en France et de véritables filières s’organisent. Les communes, elles, mettent en place des maisons médicales censées faciliter le travail des médecins, et mettent de plus en plus souvent la main à la poche pour aider à l’installation. Le contrôle strict des honoraires et la part de plus en plus lourde des aspects administratifs sont également accusés de brider l’enthousiasme des professionnels ; il reste que le nombre de vocations médicales chez les jeunes ne semble pas faiblir : une petite raison d’espérer ?

A.J.



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