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Ouverture le 14 septembre dans l’Isère : la chasse aux idées reçues

Isère le 11 septembre 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Actualités - article lu 996 fois

Ouverture le 14 septembre dans l’Isère : la chasse aux idées reçues
Simon Janin, responsable du service Environnement, Audrey Vargas, responsable du service communication et le président Jean-Louis Dufresne (D.R.)

La phrase du sketch des Inconnus est désormais culte : « Le mauvais chasseur, il voit quelque chose bouger, il tire.

Le bon chasseur, il voit quelque chose bouger, il tire, mais c’est un bon chasseur ». Un cliché connu de tous, et qui fait du mal à l’image des chasseurs qui ont en réalité un rôle beaucoup plus large pour l’environnement. D’ailleurs, la fédération est une association de protection de la nature, au même titre que la LPO, ou que la Frapna.
La fédération, qui emploie à Gières 16 salariés, gère les 527 Associations Communales de Chasse Agrées (ACCA) du département, et les quelques 18 000 détenteurs d’un permis de chasse. Un taux élevé qui place le département au 15è rang national, et ce malgré une baisse progressive de permis depuis 1990, de -2,19%. Evidemment, pour pouvoir chasser, chacun doit disposer d’un permis (examen officiel à réussir une fois, et qui comporte des épreuves théoriques et pratiques), et d’une validation annuelle, qui va avec l’acquittement d’une cotisation, qui permet de chasser sur une saison et sur un territoire donné (les démarches sont possibles sur Internet).
Outre la gestion de la population de chasseurs, la fédération est chargée de la gestion du gibier. Elle est chargée de recenser chaque espèce et de déterminer dans les plans de chasse, combien d’animaux doivent être prélevés sur chaque pays cynégétique (zone de chasse). La fédération est aussi chargée de gérer les dégâts causés par les différents animaux,  sangliers et cervidés en tête. Pour le premier par exemple, la saison précédente s’est achevée avec pas moins de 500.000€ d’indemnisations agricoles à payer, ce qui en fait une année raisonnable. « Nous avons une sorte de partenariat avec les agriculteurs. Nous gérons la population de sangliers, et en contrepartie, nous les indemnisons en cas de dégradations », explique Jean-Louis Dufresne, président de la FDCI. Et à ceux qui tirent à boulets rouges sur les chasseurs, et dénoncent la chasse, le président répond. « Il faut gérer les populations sur les territoires. Trop d’une espèce peut-être nuisible pour plusieurs autres. Il faut maintenir des équilibres. De plus, nous travaillons également à la réintégration de certains animaux qui avaient disparu ou quasiment disparu sur nos territoires. »
Car pour pouvoir chasser, le gibier est indispensable. Et pour que le gibier soit présent, il faut un écosystème favorable. En respect avec son schéma départemental de gestion cynégétique, la fédération travaille à l’amélioration des habitats du petit-gibier sédentaire de plaine. Depuis 2008, elle a répondu à divers appels à projets de la région, et replanté plus de 31km de haies (refuge pour la faune) sur 66 communes, pour un coût total de 537.000€ (subventionnés par l’agence de l’Eaux, l’Etat et l’Europe). Et si en 2013, l’appel à projet n’a pas été reconduit pas la région, le FDCI (premier planteur du département) a débloqué 18.000€ de fonds propres pour continuer ce travail.
De même, pour remplacer les jachères environnementales, la FDCI a mis en place depuis 2012 des Cipan (Cultures intermédiaires pièges à nitrates), qui permettent de consommer les résidus azotés contenus dans les sols. Plutôt que d’implanter de la moutarde (bon marché mais sans valeur agronomique ou faunistique), la fédération a proposé à la chambre de l’agriculture de faire don aux agriculteurs de 30.000€ de semences spécifiques pour le petit gibier de plaine. L’an dernier, 340 ha ont été couverts par ce Cipan. Déjà 500 semés cette année.
Pour tenter de faire changer le regard des non-chasseurs sur les chasseurs, une opération nationale va être menée le 19 octobre : « Un dimanche à la chasse ». Cette initiative consiste à proposer à qui le souhaite une journée au cœur d’une partie de chasse, et d’accompagner les chasseurs en toute sécurité. Et pour ceux qui préfèrent profiter de la forêt pour des randonnées pédestres  ou équestres, la fédération met à disposition des promeneurs ses cabanes de chasse. Et pour ceux qui auraient peur des accidents, « On n’en a recensé que 16 l’an dernier, dont 3 mortels. C’est trop, mais c’est nettement moins qu’en plongée ou en vol libre » explique le responsable du service environnement, Simon Janin.

Caroline Thermoz-Liaudy



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