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Opération séduction pour l'aquaculture

Rhône le 31 mars 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 339 fois

Opération séduction pour l'aquaculture
Laurent Murgat dans sa pisciculture (D.R.)

Effectuant un tour de France de découverte de l’aquaculture dans les régions, le Comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture (CIPA) a choisi l’Isère comme escale en Rhône-Alpes, pour réunir pisciculteurs, transformateurs de produits, traiteurs, restaurateurs, grossistes, autour d’un déjeuner - table ronde.

Aux fourneaux et au service, les élèves en CAP restauration et cuisine du lycée professionnel de Voreppe, avec à la toque, le chef Tugdual Debéthune du Centre culinaire contemporain de Rennes.
En guise de mise en bouche : un tartare d’omble chevalier provenant de la ferme Murgat de Beaufort-en-Isère, puis deux tests sur des échantillons d’élevage et sauvages de turbot et de bar (excellemment cuits !), édifiants : 20 invités sur 29 ont désigné le turbot de la ferme maritime de Montpellier comme d’origine sauvage, et 15 sur 29 ont fait de même pour le bar d’élevage de la ferme corse Gloria Maris.
Objectif de la démonstration : convaincre restaurateurs  et acteurs de la distribution de se tourner vers les produits frais et dérivés de poissons d’élevage locaux en région Rhône-Alpes, l’une des plus grandes consommatrices de salmonidés en France. Fournissant 50 % de l’approvisionnement mondial en poissons (9 % en 1980), la filière  aquacole reste un secteur  sous-exploité en France, puisque 87 % des poissons d’élevage sont importés.
Le plus gros potentiel réside dans le développement de l’aquaculture maritime, qui est encore frileuse, et celle d’eau douce, principalement basée en Aquitaine, Bretagne, et Nord - Pas de Calais Picardie, stagne. « C’est très compliqué de se développer en eau douce en raison de la complexité réglementaire touchant l’eau et l’environnement, il faut pouvoir acheter un site extérieur. Le développement est trop lent en France, mais on a l’avantage de bénéficier d’une très bonne image de qualité », explique Laurent Murgat, Président de l’Adapra (Association pour le développement de l’aquaculture et de la pêche en Rhône-Alpes).

CREVETTES ET INSECTES POUR NOURRIR LES POISSONS

A la tête de la plus ancienne pisciculture familiale de France (1898), l’homme bichonne avec son frère, truites fario et arc-en-ciel, ombles chevaliers et saumons de fontaine dans les eaux cristallines des fontaines de l’Oron. Sa production de 650 tonnes est vendue en frais ou vivant à plusieurs fins : vente directe à la ferme, vente d’alevins pour la pêche de repeuplement ou à d’autres piscicultures, vente à des grossistes. Elle honore régulièrement les tables de Paul Bocuse et autre sujet de fierté, fournit un autre descendant Murgat installé dans le Vercors, le cousin Jean-François qui vient d’obtenir la médaille d’or de la truite fumée au Salon de l’agriculture.
Fortement engagé dans la démarche de développement durable de la filière aquacole rhônalpine, Laurent Murgat aimerait voir relever le défi de l’aquaculture : arriver à réduire la part des ressources marines dans l’alimentation. Grâce à la substitution croissante par des farines céréales et terrestres, il ne faudra plus qu’1 kg de poissons sauvages (non consommables et chutes) pour produire 1 kg de poissons d’élevage en 2020. « Aujourd’hui, on est sur des pistes innovantes comme l’utilisation des insectes. Pour la truite, ce serait le repas idéal, c’est un poisson qui est très équilibré en oméga 3 et oméga 6, et un mixte de crevettes et d’insectes serait parfait pour assurer cet équilibre ».

Nanouk Lantran



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