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Opéra-Théâtre de Saint-Etienne : Bruno Messina dit pourquoi il a renoncé

Loire le 22 mai 2014 - Mathieu Ozanam - Collectivités locales - article lu 2358 fois

Suite aux récents événements à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne Daniel Bizeray, qui a quitté son poste de directeur en janvier 2012, a révélé les coulisses de son départ disant que sa « parole est libérée ».

Et vous ?

J’étais au conservatoire de Paris quand on m’a fait passer un mot au sujet de ce qui se passe à l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne, mais je n’avais plus aucun lien. Nous avons des relations de loin en loin avec Laurent Campellone. Nous nous sommes vus en début d’année pour parler d’un projet portant sur la reconstitution du concert de l’industrie qui va faire l’ouverture du festival Berlioz (1). Je voulais inviter plusieurs orchestres de la région et nous en sommes restés là.

Pouvez-vous expliquer pourquoi, après l’annonce par la municipalité de votre nomination à la tête de l’Opéra-Théâtre en mai 2012, vous avez finalement renoncé ?

J’ai expliqué toutes mes raisons dans un courrier adressé au maire Maurice Vincent que j’ai envoyé en copie à toutes les tutelles (l’Etat, la Région, le conseil général de la Loire) qui ont participé au jury de sélection. J’ai également eu des échanges avec des représentants syndicaux. Dans ce courrier j’explique l’inélégance qu’il y a à annoncer à la presse ma nomination alors que nous n’avons pas pu nous mettre d’accord sur les conditions de ma prise de fonction. J’ai par exemple vu l’adjointe à la culture lors du jury, mais je n’ai plus eu de contact avec elle par la suite. La façon dont les choses s’organisaient c’était un directeur sous tutelle des services de la mairie. En agissant ainsi, on a voulu me forcer la main, en quelque sorte comme on a fait avec M. Bizeray.

Vous auriez dû travailler avec Vincent Bergeot et vous ne le souhaitiez pas ?

Je n’ai rien pour ni rien contre Vincent Bergeot que je ne connais pas. Je n’ai pas d’avis sur la question puisque je n’ai jamais travaillé avec lui. Je constate qu’il a été deux fois candidat malheureux au poste de directeur, que la question du renouvellement de son contrat allait se poser à l’automne et je ne sais pas pourquoi il y a eu une volonté de la mairie de le maintenir. Il était très soutenu en interne et j’ai eu l’impression que je contrariais ceux qui le soutenaient. Il avait d’ailleurs fait savoir son hostilité à mon projet en interne et à l’extérieur. Alors j’ai eu l’intuition que ce serait compliqué. J’ai donc fait le bon choix en renonçant car les conditions nécessaires pour porter mon projet n’étaient pas réunies. La maison n’était pas en état.

En éprouvez-vous des regrets, de l’amertume ?

Je n’ai aucun compte à régler, avec personne. Je n’ai pas d’amertume car cette histoire n’a pas eu lieu pour moi. Une fois que j’ai renoncé à Saint-Etienne, j’ai choisi de m’investir entièrement en Isère. Le maire de Saint-Etienne m’avait demandé d’être réservé, ce que j’ai fait.

Aujourd’hui le festival Berlioz a pris une autre dimension. Nous travaillons par exemple sur le projet Demos qui réunit 300 enfants d’origines sociales modestes qui forment trois orchestres symphoniques en Isère. Nous avons 40 formateurs pour les ateliers, dont certains sont membres de l’orchestre symphonique de Saint-Etienne.

Vous avez donc totalement renoncé à Saint-Etienne ?

La question ne se pose pas aujourd’hui et vous savez, quand on a été amoureux et que l’on a idéalisé une relation, il est difficile de la reprendre.

Propos recueillis par Mathieu Ozanam

(1) La journée d’ouverture du Festival Berlioz aura lieu le jeudi 21 août 2014 avec la représentation inédite du « Concert Monstre » que dirigea Hector Berlioz au Festival de l’industrie en 1844.

Lire aussi :

Festival Berlioz : Ennio Morricone chez Berlioz (21 juin 2012)



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