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Nouveaux profs : ces élèves comme les autres

Isère le 27 août 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Société - article lu 90 fois

Nouveaux profs : ces élèves comme les autres
Caroline Thermoz-Liaudy - Ils seront 655 à donner leur premier cours la semaine prochaine

C'est la seconde promotion des enseignants stagiaires qui s'est préparée cette semaine. Dans l'académie de Grenoble, 655 jeunes profs donneront leur tout premier cours dans le second degré dans quelques jours, et apprendront à enseigner… une épreuve qu'ils préparent avec l'appui de leurs tuteurs et du rectorat.

Leur rentrée a eu lieu à l’université Grenoble-3, et elle ressemblait à n’importe quel jour de rentrée à la différence qu’en ce 25 août, ce sont les nouveaux enseignants stagiaires qui faisaient leur premier pas. Les syndicats s’étaient rassemblés devant le parvis. Les files d’inscriptions aux différents ateliers s’étiraient. Et dans les rangs de l’amphithéâtre, les discussions et fous rires allaient bon train sur les souvenirs de vacances, à tel point que lorsque le recteur s’exprimait au pupitre, on aurait pu souhaiter à ces jeunes enseignants que leurs futurs élèves soient plus assidus et silencieux…
Ils seront donc 655 nouveaux professeurs stagiaires et CPE du second degré (collèges et lycées) dans l’académie de Grenoble cette année. Parmi eux, Jérôme Chognard, 26 ans, originaire de Lyon, donnera son premier cours d’Historie/Géographie, au lycée Mounier de Grenoble dès la semaine prochaine. « J’ai été longtemps surveillant dans un lycée, j’ai donc l’habitude du contact avec les élèves. Etre surveillant est une très bonne formation pour cela et je n’ai donc pas d’appréhension pour ce qui est du face à face avec les élèves. » Sur la forme, pas d’inquiétude donc pour Jérôme qui s’effraie davantage du fond : « A une semaine de la rentrée je ne sais pas encore quelle classe je vais avoir, je ne sais donc pas encore quel programme je vais enseigner. J’ai profité de l’été pour me préparer globalement mais je n’ai pas pu préparer mes cours. »
Autre inquiétude du futur jeune enseignant stagiaire : parvenir à  transmettre. Un enjeu évidemment majeur soulevé dans son discours par Daniel Filâtre, recteur de l’académie de Grenoble et chancelier des universités. « Vous connaissez vos disciplines mais encore faut-il les enseigner. Et ne pas l’enseigner à un moule mais à la diversité des élèves. » L’élément de langage à retenir de ses conseils donnés aux futurs enseignants : l’école inclusive. « Quand j’ai pris cette fonction il y a 2 ans, j’ai été marquée par le fait que l’école n’a pas changé. Et il faut la faire changer puisqu’aujourd’hui, elle rejette 1 enfant sur 6. Il faut une école bienveillante. Nous devons faire bouger les choses, et ce sera à vous de le faire. Il ne faut pas exacerber la compétition scolaire.»

Et malgré des difficultés contextuelles rappelées par le recteur : violences morales et parfois physiques, garantie de laïcité, etc… Daniel Filâtre expliquait: « c’est le contexte idéal pour commencer à enseigner » à grand renfort de réseaux d’enseignants, et de méthodes d’enseignement actives ou alternatives : « Ne tombez pas dans la routine. Osez. »
Dès la semaine prochaine, les enseignants stagiaires seront donc confrontés à leurs classes à mi-temps (soit 9 h par semaine), et passeront 9 h en cours à l’université et à l’ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l’enseignement). Ils devront aussi rédiger un mémoire de Master, indispensable à la validation de l’année de Master 2 et donc à la titularisation l’an prochain. Pour mener à bien leurs cours, les élèves seront accompagnés par des tuteurs dans leurs établissements, qui dispenseront des conseils, notamment sur la transmission des savoirs.

Caroline Thermoz-Liaudy
 

Syndicats : l’autre discours

Sur le parvis de l’université les syndicats faisaient eux aussi leur rentrée, pour prêcher auprès des futurs enseignants. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur discours étaient radicalement opposés à celui du recteur. Alors que ce dernier parlait de « contexte idéal pour commencer à enseigner », les représentants de FO ont un tout autre avis. « Le contexte est catastrophique pour rentrer dans le métier à cause du décret Hamon. Nous sommes contre la masterisation car elle surcharge la semaine des stagiaires. Ils donnent 9 h de cours alors qu’il y a quelques années, on n’en donnait que 6. Et en plus de ces 3 h supplémentaires, ils doivent suivre des heures de cours à l’université et écrire un mémoire. De plus, à cause de cette alternance, ils sont souvent en poste à côté des universités. Sauf que dans certaines matières, comme l’italien, où il y a peu de postes, cela oblige les stagiaires à faire de nombreux kilomètres, et parfois à enseigner dans deux établissements différents. A l’inverse, la charge de travail étant tellement importante pour les stagiaires, le rectorat n’a pas pu remplir tous les postes qui avaient été budgétisés pour les alternants notamment en maths et en anglais. »
 



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