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Nour El Yakine Ferhaoui : « Le dessin de presse continue à être utile »

Loire le 15 novembre 2015 - Louis Thubert - article lu 216 fois

Nour El Yakine Ferhaoui : « Le dessin de presse continue à être utile »
DR - Nour El Yakine Ferhaoui, « La caricature ne disparaît pas, elle se développe ».

Photoreporter et caricaturiste algérien, Nour El Yakin Ferhaoui s'est installé au château de Goutelas jusqu'au 24 novembre. Le journaliste et dessinateur explique la difficulté qu'il connaît à travailler dans son pays, et la nécessité toujours présente de pouvoir pratiquer son art.

Quels sont vos sujets de prédilection en tant que dessinateur ?

Ils sont nombreux : la politique, la religion, le monde social... Je les traite au niveau national mais aussi international. Je voyage beaucoup, qu'il s'agisse de couvrir des manifestations de tous types en tant que reporter ou pour participer à des expositions. J'aime beaucoup voyager pour apprendre et m'ouvrir au monde. Je suis venu au château de Goutelas, invité après avoir envoyé un dossier depuis la ville d'Oran où je travaille.

Justement, vous êtes souvent exposé à l'étranger, moins dans votre propre pays. Pourquoi ?

Je suis vu comme trop critique, trop indépendant. De plus, je traite de sujets trop dérangeants pour beaucoup de journaux algériens. Les différents reportages photos que je réalise à l'étranger trouvent preneur, mais pour mes caricatures, je travaille avec deux sites Internet mais pas de journaux algériens. Certains dessins ne peuvent être publiés que sur ma page Facebook.

Dans ces conditions, est-il encore possible d'être dessinateur de presse ?

En Algérie, c'est compliqué, notamment par le fait que je suis vu comme trop indépendant. C'est dur de trouver des journaux qui vont accepter mes dessins. Mais il ne faut pas croire que la caricature disparaît, au contraire, ça se développe. Il y a eu plusieurs affaires, plusieurs conflits, notamment celle de 2004-2005 au Danemark (le 30 septembre 2005, le Jyllands-Posten, un journal danois, publie des caricatures de Mahomet, dont la représentation illustrée est interdite selon la tradition musulmane. De nombreux musulmans avaient protesté contre cette publication et Charlie Hebdo avait publié, en forme de soutien, les caricatures concernées, Ndlr). Les attentats de Paris en janvier y contribuent aussi. Les dessinateurs tués, je les connaissais, et assister à ces attentats, ça m'a fait mal. Mais malgré cela, le dessin de presse continue à être utile.

Propos recueillis par Louis Thubert



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