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Agriculteurs : « 2 ans, après je liquide tout… »

Isère le 23 juillet 2015 - Claire Thoinet - Nord-Isère - article lu 157 fois

Agriculteurs : « 2 ans, après je liquide tout… »
Claire Thoinet - Lors de la rencontre entre Alain Moyne-Bressand et les agriculteurs, à Crémieu

Alain Moyne-Bressand, député de l'Isère, a reçu les agriculteurs venus pour l'essentiel du Nord-Isère, à leur demande, en mairie de Crémieu. La profession traverse de graves problèmes économiques.

 « On n’a plus rien à perdre ! », déclarent ces exploitants, jeunes ou installés depuis longtemps, las et amers. Face à la hausse des charges, aux investissements pour répondre aux normes et règles, les prix de leurs productions baissent. Toutes les filières (céréales, viande, lait) sont touchées. « Ma femme me fait vivre, paie les emprunts… L’Etat sait tout de nous, pourquoi en demande-t-il encore plus ? Je me suis donné deux ans, après je liquide tout… », entend-on dans la salle.

S’occuper tous les jours des bêtes, ne pas pouvoir prendre de vacances, ne plus pouvoir éduquer et nourrir leurs enfants… et se rendre compte qu’on se moque d’eux… Ils crient à l’humiliation, la dévalorisation, voire à la prostitution. Deux agriculteurs se suicideraient par jour. En Isère, les grandes surfaces auraient importé, entre 2014 et 2015, pour 12 M€ de denrées. Les agriculteurs veulent peser dans les négociations face aux distributeurs et transformateurs, obtenir des mesures urgentes, voir députés et sénateurs intervenir et n’ont que faire des querelles de partis. « Nous sommes faits pour nourrir le monde, travailler la terre, pas pour calculer... Qui va s’occuper de la terre demain, quand il n’y aura plus de paysans ? », s’exclament-ils.

« J’ai annulé mes engagements pour vous rencontrer. Je comprends votre détresse. L’agriculture est une richesse. Nous assistons à des dérives. C’est au gouvernement d’agir… », tente de leur expliquer Alain Moyne-Bressand, sans succès. Lui a interpellé le ministre, s’est entretenu avec Christian Jacob. Son groupe politique a demandé un plan d’urgence. « Arrêtez de vous renvoyer la balle. Les règles et normes ne datent pas d’hier… », lui rétorque-t-on.

Les agriculteurs rencontreront chaque élu pour exposer leur situation, les inciter à agir, voulant des actes, car eux ne s’en priveront pas et n’attendront pas septembre pour agir. Ils durciront leur mouvement au fur et à mesure. S’ils fustigent les élus nationaux, ils en font autant avec les consommateurs qui veulent de la qualité sans en payer le prix.
« Les banquiers ne nous suivent pas. Ça ne peut pas attendre », concluent-ils.

Claire Thoinet
 



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