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Nicole Forest, plein pot !

le 31 décembre 2014 - Mathieu OZANAM - Sports - article lu 578 fois

Nicole Forest, plein pot !
Nicole Forest lors d'une course suisse du championnat d'Europe (août 2014)

Certains la connaissent comme professeur d'anglais ou comme femme politique. D'autres la côtoient le week-end dans son rôle de directeure de course automobile. Nicole Forest est licenciée depuis 32 ans de la Fédération française de sport automobile.

Une fonceuse Nicole Forest ? Sans doute. Une femme de caractère, assurément. La secrétaire générale de l’Association des femmes élues de la Loire et présidente du Nouveau Centre Loire, ne s’en laisse pas conter. Les dernières élections municipales à Saint-Chamond en ont été les témoins. Mais ce que les élèves de cette professeur d’anglais savent peut-être moins, c’est qu’ils ont en face d’eux une passionnée de sports automobiles qui a participé pendant près de 10 ans à des courses de rallye amateurs sur Ford Escort et sur Golf GTI 1800.

« Au début je n’aimais pas la voiture, je traitais les automobilistes de “caisseux“ », s’amuse-t-elle. Car son truc à Nicole Forest c’était la moto. Elle a été l’heureuse propriétaire d’une Honda 500, d’une 750 ou encore d’une Triumph 750 quand elle vivait en Ecosse, à Glasgow. A tel point qu’au début des années 1980 elle participe à une émission auto-moto sur l’antenne de radio Transat. Nous sommes à l’époque des radios libres et celle-ci émet depuis La Cotonne avec pour technicien un certain Yves Faure (aujourd’hui patron de la chaîne locale TL7).  Nicole Forest  tient comme il se doit la chronique d’actualités moto sur une petit demi heure. Mais voilà que son collègue qui traite de l’automobile, victime d’un accident, se trouve éloigné des micros. Il lui revient désormais d’assurer aussi cette partie-là de l’émission. Nicole Forest se souvient avec délectation du joli coup qu’elle avait fait en invitant au micro un autre « professeur » : Alain Prost. « Mon concessionnaire Honda à Saint-Chamond m’avait informée qu’Alain Prost allait passer prendre un moto. » Grâce à cette interview, elle commence à se faire connaître dans le milieu des sports mécaniques.

Courses automobiles

C’est une femme qui lui offrira de prendre part à son premier rallye. Elisabeth Couchet, la fille du transporteur routier, lui propose de former un équipage féminin en devenant son co-pilote. « Là ça a vraiment été le déclic », se souvient Nicole Forest qui s’engage entre 1985 et 1992 dans le circuit des courses amateur avec une Golf GTI 1800 reconstruite à partir d’une voiture accidentée. Sur les douze courses du championnat de France amateur, elle participe chaque année à une dizaine d’entre elles arpentant la France de Nice à Béthune, de la Lozère au Jura. En 1992, heureux événement : Nicole Forest donne naissance à son fils. Et la voilà repartie de nouveau au volant de sa voiture pour courir. Un premier rallye, un deuxième, un troisième et puis… elle abandonne. « Dans ce sport il faut y être totalement. Je n’étais plus dans un état de concentration et d’immersion totale. Je pensais que cela allait passer, que c’était parce que je m’étais arrêté longtemps mais en fait je n’y étais plus. » Elle dit pour autant ne « jamais avoir regretté d’avoir arrêté ». Pour une bonne raison : « je suis restée tout de même dans le sport automobile ».
Si elle se retrouve aujourd’hui au bord de la route, ce n’est pas en simple spectatrice puisqu’elle est "directeure" de course et commissaire sportif international, sa pratique de l’anglais étant un indéniable atout en la matière. Son premier rôle consiste à veiller au bon déroulement d’une course, et en particulier à la sécurité, le second la conduit à se déplacer en Suisse, en Allemagne ou en Italie pour participer au collège de trois commissaires qui vérifie que les règles édictées par la Fédération internationale automobile sont bien respectées.
Les Ligériens peuvent la croiser lors du Rallye du Pays du Gier, une compétition qu’elle a contribuée à créer en 1990 avec deux autres amis. Le prochain aura lieu en mars. Elle en est la présidente du collège. Elle explique avoir « passé la main, même si je surveille le bébé. Mais attention : se souvenir des origines oui, mais être gardienne du temple, ça non. »
N’est-il cependant pas surprenant de voir une élue, vice-présidente (en charge des coopérations et des relations institutionnelles) du Parc naturel du Pilat qui vient de fêter son 40e anniversaire, vanter les joies d’un sport associé au bruit et à la fumée des gaz d’échappement ? « Il faut faire preuve de discernement, rétorque Nicole Forest. Le sport automobile a toujours été dans l’histoire une source de progrès en apportant des éléments de sécurité aux véhicules de série : le freinage ABS, des carrosseries qui absorbent les chocs, etc. En 2006 j’ai été directeur de course du Challenge Bibendum initié par Michelin. Il œuvre avec des ingénieurs du monde entier et des experts à développer la mobilité durable. » Il y a des lignes jaunes à ne pas franchir.

Mathieu Ozanam

 

Lieu :

Saint-Chamond, ma ville, là où sont mes racines, et l'Europe, que je sillonne beaucoup.

Date :

28 janvier 1992, naissance de mon fils.

Personnalité :

Je n'ai pas le culte d'une personnalité. J'admire indistinctement celles et ceux qui luttent pour la justice et l'équité, en politique comme ailleurs.

Citation :
La seule bataille perdue d'avance est celle qu'on ne combat pas.

Ambition :
Accomplir les tâches que j'entreprends.



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