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Nicolas Patureau (EELV) : « Un équilibre a été trouvé dans la constitution de nos listes »

Loire le 13 mars 2015 - Marine GRAILLE - Politique - article lu 324 fois

Nicolas Patureau (EELV) : « Un équilibre a été trouvé dans la constitution de nos listes »
DR - N. Patureau " La crise démocratique c'est aussi l'augmentation de l'abstentionnisme"

Europe Ecologie Les Verts sera représenté lors des élections départementales de la fin du mois, soit sur des listes indépendantes ou au sein de listes d'union de la gauche. Nicolas Patureau, secrétaire départemental d'EELV Loire, nous livre son point de vue sur ces élections à une semaine du premier tour.

7 listes Europe Ecologie les verts se présentent pour ces élections départementales. Comment se sont-telles constituées et quel est le profil des candidats?

Cela a été relativement simple avec un vrai renouvellement des candidats tant dans le Roannais que dans le Gier. Il y a eu un vrai travail avec les comités locaux pour aller les démarcher. Sur les 7 candidats, aucun n’est actuellement élu, certains l’ont même été comme Bruno Barriquand (canton 11 Roanne 1, Ndlr). Ce ne sont donc pas que des novices en politique. On trouve par ailleurs toutes les catégories socio professionnelles (un chômeur, une agricultrice…) et des générations différentes. Si on avait pu être représenté dans quelques cantons supplémentaires comme Andrézieux ou Boën cela aurait été encore mieux. Mais globalement nous sommes satisfaits.

Des représentants d’EELV se trouvent par ailleurs dans des listes d’Union de la gauche. Comment s’est négociée cette entente?

EELV s’est réuni lors de son assemblée générale le 20 juin dernier au cours de laquelle nous avons décidé de réunir tous les partis de gauche autour de la table afin de connaître les objectifs de chacun. La première réunion s’est tenue en novembre et tous les partis ont répondus présent. Assez rapidement, le Front de gauche a confirmé qu’un accord départemental n’était pas possible car il se sentait trahi par François Hollande. Leur position reposant notamment sur le fait qu’ils sont contre l’austérité et contre la réforme territoriale. Nous, nous souhaitions parler local et parler des compétences du Département. Nous avons laissé au Front de gauche la porte ouverte jusqu’au début janvier, même si nous savions que nous n’allions pas aboutir à un accord départemental avec toutes les forces de gauche. La principale conséquence de cette décision étant qu’à Saint-Chamond et à Rive-de-Gier il y aura vraisemblablement un second tour UMP/ FN. La gauche ne sera pas au second tour.

Comment se sont constituées les 8 listes dans lesquelles on retrouve des membres d’EELV ?

Il faut les séparer en deux. Tout d’abord celles où il y avait une dynamique locale et où la constitution des listes s’est faite en dehors des accords de partis, comme à Saint-Just-Saint-Rambert, Feurs et dans le Pilat. EELV est représenté deux fois comme titulaires et une fois en suppléant. Et puis il y a eu une dynamique issue de notre volonté de mettre tout le monde autour de la table, qui a eu pour conséquence la constitution d’un programme « Ensemble pour une Loire solidaire ». Un équilibre a été trouvé pour arriver à constituer des équipes d'approches diverses, en âge, en CSP et en étiquette politique.

La création d’un programme commun aux différents courants n’a t-elle pas posé problème ?

Sur les compétences du Département on est finalement assez proches. Il y a une plateforme commune sur le social où on se retrouve notamment sur l’urgence de favoriser le soutien aux aidants, ou encore le développement de l’économie sociale et solidaire.

Et les points où vous vous retrouvez le moins ?

Là où nous avons le moins de culture commune c’est sur le mode de gouvernance. Un certain nombre de ces partis sont plutôt traditionnels ou conservateurs et défendent beaucoup plus la démocratie représentative que la démocratie participative. Mais on est arrivé ensemble à discuter et à finalement trouver des terrains d’entente. On s’est mis par exemple d’accord sur un droit d’interpellation des citoyens, c’est à dire si un citoyen a une question qui concerne une compétence du Département, il suffit qu’il réunisse une pétition avec 1 % des habitants de la Loire pour que cela oblige les élus à y répondre.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

C’est un programme qui est un accompagnement à la transition énergétique, par l’aide à la réhabilitation du logement, mais aussi le développement du transport en commun, même si on est en train de nous dire que la compétence des transports inter-cités passera par la Région.
Nous souhaitons également favoriser une alimentation saine avec une agriculture de proximité, biologique avec des circuits courts, et qui soit créatrice d’emplois. Au conseil général il n’y a pas eu autant de progrès que ça sur cette question. Il y a eu de gros efforts sur la Ville de Saint-Etienne dans les écoles primaires, il y en a eu également au niveau de la Région avec les lycées. Au niveau des collèges il y a du retard. On pourrait aller beaucoup plus loin notamment en créant des plateformes d’approvisionnement ou en maintenant une agriculture périurbaine.
Par ailleurs, nous souhaiterions poursuivre la trame verte le long de la Loire, de sa source jusqu’à l’estuaire. Dans notre département, il y a un très beau projet mais il reste dans les cartons.

Par quels moyens financeriez vous les projets que vous souhaiteriez mener ?

Les financements, on sait où les trouver. Pour nous c’est aberrant d’imaginer que l’on puisse mettre 844 M€ d’argent public dans le projet de l’A45 (Ndlr). Sur ce sujet d’ailleurs tous les partenaires de gauche sont d’accord. L’aéroport coûte également beaucoup d’argent. Nous avons estimé que son coût représentait 60 000 heures de travail à domicile par an qui pourraient être financées.

L’omniprésence du FN dans les 21 cantons ligériens vous inquiète-t-elle ?

Ce qui m’inquiète c’est de vivre dans un pays où il y a presque un tiers des citoyens qui se dit prêt à voter pour un parti qui a des idées nauséabondes. Après, s’il y a des élus FN, s’ils rassemblent un tiers des électeurs c’est logique qu’ils soient représentés. Cependant, la crise démocratique ce n’est pas uniquement la montée de l’extrême droite c’est aussi l'augmentation de l’abstentionnisme. On risque d’avoir une élection où on aura moins de 40 % des électeurs qui se déplaceront pour voter. Les gens ne se rendent pas compte à quel point ce sont des préoccupations du quotidien qui influeront sur leur avenir.

Selon vous, les électeurs ne sont pas conscients du rôle et de l’utilité d’un conseil général ?

Oui je le pense. Je crois surtout qu’ils n’ont pas conscience des compétences qui sont attribuées à un conseil général. Par ailleurs, chez les écologistes nous ne sommes pas forcément favorables à garder l’échelon du conseil général. Nous souhaiterions des intercommunalités qui soient fortes tout comme les Régions.

Propos recueillis par Marine Graille



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