Fermer la publicité

New York : de l'abstraction et au-delà

Loire le 23 janvier 2014 - Daniel Brignon - Expositions - article lu 527 fois

New York : de l'abstraction et au-delà
Peter Halley, des représentations flashy

Au cœur du parcours historique de la création américaine depuis un demi-siècle, les prestations magistrales de Joël Shapiro et Peter Halley.

Du premier, Joël Shapiro, qui s’est fait un nom à New York dans les années 1970, deux grands gestes artistiques qui occupent deux salles. Deux installations, qui illustrent deux visages de l’œuvre de l’artiste new-yorkais. Dans la première se répètent les motifs d’une petite maison, toute blanche, moulée en plâtre  et dégradée un peu plus loin par des répliques de maisons détruite, en bronze moulées sur des formes en bois en partie détruite par le feu. Shapiro reprend le principe de répétition scandée du minimalisme en introduisant un motif non plus abstrait, mais référent archétypique, symbolique, la  maison, thème récurent de l’artiste. Elle est montrée dans son destin vers la ruine au passage du temps, en l’occurrence de l’espace, de l’histoire probablement.
Dans la deuxième salle, deux sculptures monumentales en bronze faites de segments assemblés, qui résonnaient en accord avec le concert de Philip Glass qui y était donnée lors du vernissage, vendredi 17 janvier dernier. Les deux artistes new-yorkais ont depuis les premières expositions de Shapiro été associés, ils procèdent d’une démarche semblable de « réorganisation de formes connues, de formes existantes à la manière d’un musicien », reconnaît Joël Shapiro, qui ajoute s’agissant de ses sculptures abstraites : « C’est une émotion que je veux traduire, il y a un lien émotionnel avec la vraie vie, une représentation de mon enthousiasme. C’est un ensemble de formes collées ensemble qui ont du sens au-delà d’un style ou d’un modèle qui serait américain. La forme transcende les cultures. »
Une génération plus tard, l’autre new-yorkais, Peter Halley, revisite la tradition de l’abstraction américaine. Il développe dans plusieurs séries un langage géométrique qui s’appuie sur un unique vocabulaire de formes : « les trois mêmes icônes de base, explique-t-il : la cellule, la prison et les connexions entre les cellules ». Dans ses représentations flashy, très colorées de teintes métalliques, pop, couleurs de la publicité, Peter Halley interprète l’organisation de la vie urbaine et moderne. L’organisation géométrique reflète comme une métaphore un monde technologique et connecté mais immuablement compartimenté.

Daniel Brignon

Joël Shapiro, Peter Halley ; Jeunes créateurs à New York : du 18 janvier au 18 mai.

 

Lire aussi :

Galerie photos The New York Moment au Musée d'art moderne de Saint-Etienne (24/01/14)

Jeunes créateurs à New York

Au terme du parcours dans la création américaine ces 50 dernières années, l’espace réservé à la scène contemporaine new-yorkaise n’est pas sans écho ni dialogue avec les illustres prédécesseurs. Le dix jeunes artistes exposés puisent volontiers dans l’histoire de l’art et dans la culture  populaire de façon indistincte pour utiliser ces références comme de la matière iconographique ou picturale. Ils font aussi bien référence à des artistes fondateurs de l’art minimal comme Franck Stella, à l’expressionnisme abstrait de Jackson Pollock, qu’aux cartoons et comic books de leur enfance.
L’exposition jeunes créateurs à New York nous offre une perspective dans laquelle l’art et la culture engagent un dialogue nourri, sans s’embarrasser des hiérarchies traditionnelles.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide