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RN 7 : les touristes étrangers toujours fidèles

Isère le 30 juin 2015 - Sevim SONMEZ - Société - article lu 39 fois

RN 7 : les touristes étrangers toujours fidèles
Thomas Eydoux

C'est un patrimoine national, une route mythique, notre version française de la fameuse Route 66 des Etats-Unis. Synonyme de bonheur, elle a été empruntée depuis des décennies par les bénéficiaires des congés payés qui mettaient le cap sur le Sud de la France. Rencontres.

A présent, même si elle a été délaissée par les Français, les touristes étrangers continuent à prendre la « Route bleue ».Des professionnels du tourisme, restaurateurs et hôteliers ont décidé de s'installer au bord de cet axe, et pour certains depuis des générations.D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Olivier Courant a toujours côtoyé les touristes qui dans les années 1980, caravane accrochée à la Renault 25, affrontaient les bouchons, direction les plages du Sud de la France. Il est quasiment né au Relais 500, un hôtel restaurant acquis par ses parents en 1966. Aujourd’hui à 44 ans, il a repris le flambeau et a toujours autant de plaisir à le gérer, qu’il en éprouvait à son adolescence en donnant un coup de main à ses parents. Une clientèle qui à l’époque était essentiellement en provenance du Nord de la France et de la région parisienne. Des décennies plus tard avec l’évolution de la technologie et des véhicules toujours plus performants, le profil des gens de passage a évolué. « Nos clients sont principalement des Belges, Hollandais et Allemands et des Anglais, qui après avoir effectué près de 800 kilomètres, font une halte pour la nuit chez nous avant de reprendre la route, explique le directeur de l’établissement. En juillet et août, nous avons un taux de remplissage de 85 % et les week-ends un passage de 120 personnes environ ».

D’autres événements ponctuels drainent de la clientèle : les séminaires qui ont tendance à diminuer et le fameux festival Jazz à Vienne. Ainsi de la mi-décembre à mi-janvier Le Relais 500 ferme ses portes. Cependant, les vacanciers ne sont pas les seuls à s’arrêter. Il y a aussi les amoureux de la Nationale 7, notamment les collectionneurs des voitures anciennes dont le road trip se déroule sur cette route mythique.

Un flux de personnes qui laissent des souvenirs mémorables à Olivier Courant comme la dame hollandaise, qui depuis, plus de 30 ans revient chaque année occuper la même chambre. Des habitués fidèles que le propriétaire a vu prendre de l’âge au fil des années et qui font presque partie de la famille. « Les vacanciers que nous accueillons ont fait un choix et ce n’est pas celui de l’économie. Évidemment, ils ne paient pas le péage mais ils doivent en contrepartie régler une ou plusieurs chambres d’hôtel. Leur choix c’est celui de la détente et de la découverte des communes qu’ils traversent. »

La relève est assurée

A l’heure du tout numérique, pour la majorité des juilletistes et aoûtiens français, le temps c’est de l’argent, et donc priorité à la rapidité. Leur credo : profiter au maximum de leurs jours de vacances et de leur location sans flaner en route. Et ce, contrairement aux visiteurs étrangers qui eux ont la culture de la détente. Doucement mais sûrement...

Même si les années florissantes appartiennent au passé, Le Relais 500 arrive à tirer son épingle du jeu grâce à sa clientèle d’habitués et il espère que le futur raccordement de l’A7 annoncé au Sud de la zone d’activité de Reventin-Vaugris apportera son lot de vacanciers. « Pour l’instant Brian, mon fils de 15 ans s’est prononcé pour prendre la suite, annonce fièrement Olivier. Trois générations pour un Relais qui est devenu une institution sur la Nationale 7 pour les touristes étrangers », conclut l’heureux propriétaire.   

« Nationale 7,… une route qui fait recette », fredonnait Charles Trénet. Un constat qui semble toujours d’actualité. 
 

Sévim Sonmez

« Pas pour aller en vacances »

Robert Guillaume, 33 ans et travailleur dans le bâtiment, habite les environs de Chonas-l’Amballan. La RN7, il a grandi avec et vu l’évolution de sa fréquentation. « Avant je partais à 7 h du matin et l'empruntais pour me rendre sur mon lieu de travail, et maintenant c’est plus vers les 6 h ». Depuis la création du péage de Verenay, la plupart des personnes qui se déplacent en voiture empruntent le barrage pour l’éviter. Ce flux massif provoque alors des embouteillages au sud de Vienne. Beaucoup de voyageurs prennent la N 7 pour son côté historique : sa construction ancienne, ses beaux paysages qui la bordent en font une route très prisée. Il y aussi encore de nombreux touristes. « Personnellement je ne l’aurais jamais utilisé pour partir l’été pour ça », avoue Robert Guillaume. Ses raisons : la nationale est trop longue et l’autoroute beaucoup plus rapide. Question fréquentation, il la trouve toujours très utilisée. « Il ne se passe pas une minute sans que l’on entende un véhicule y circuler sauf le soir où il y a moins de monde. »

T.E.



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