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Musée d'Allard : Sara, les mondes silencieux

Loire le 01 décembre 2014 - Daniel Brignon - Culture - article lu 561 fois

Musée d'Allard : Sara, les mondes silencieux
Sara était à Montbrison pour le vernissage de son exposition et une rencontre dans le cadre de la fête du livre jeunesse (D.R.)

Dans vos albums vous racontez des histoires sans mots, uniquement grâce à l’image.

Quel en est le but ?

Quand c’est l’image  qui raconte ce n’est pas le cerveau pensant qui lit. Elle parle à une autre partie de notre cerveau, qui fait appel à l’imaginaire, aux sensations. De plus dans un album tout en images, une place est laissée à l’interprétation. Je laisse au lecteur la liberté de se raconter sa propre histoire. Le lecteur est coauteur avec moi.

Que vous apporte la technique du papier déchiré ?

Le papier déchiré c’est parler la langue des images. Je pars de formes, de couleurs, de cadrage, de rythme dans la mise en page, comme une grammaire pour composer des images qui dégagent plus des impressions et des sensations plutôt qu’un discours construit. Je ne recherche pas la représentation, mais plutôt l’évocation à travers des silhouettes.
Je trouve aussi que la déchirure du papier donne un aspect incertain au dessin, que l’on retrouve dans mes expositions d’originaux qu’apprécient de voir mes lecteurs. Les gens aiment bien voir les originaux avant qu’ils ne soient écrasés par l’imprimerie.

Dans la trentaine d’albums que vous avez réalisés vous créez à partir d’une histoire ?

Pas du tout, je pars des couleurs, des atmosphères qui vont se dégager des papiers déchirés. Une trame narrative se dessine peu à peu mais comme dans un poème elle reste à l’arrière plan. S’il y a une histoire préalable on s’inscrit dans le scénario, et déjà dans l’écriture. L’image n’a plus sa place motrice.

L’image reste votre matériau de prédilection ?

J’ai travaillé dans le journalisme, comme directrice artistique de revues économiques et financières. C’est là que je me suis intéressée à l’image, au sens de l’image, pour ce qu’elle a à dire en propre, non comme une illustration destinée à répéter ce que dit un texte dans un journal ou pour faire beau, décorer ou accompagner. L’image, à l’instar de photos de grands reporters contient un propos en elle-même, différent du texte qu’elle jouxte. Elle dégage une atmosphère, une émotion Je suis une militante de l’image, de son pouvoir d’expression totalement singulier.

L’image n’est pourtant pas toujours prise au sérieux. Quand on parle d’image on pense aux enfants ?

Dans le marché de l’édition, je me retrouve dans la catégorie albums pour enfants, même s’ils ne se destinent pas forcément aux enfants. L’image est considérée en effet comme allant aux enfants. Ce n’est pas tout à fait mon avis et c’est pourquoi j’accompagne mes expositions pour rencontrer des enfants et des adultes, les convaincre que l’image est importante en soi pas seulement comme l’accompagnement d’un texte. Il est important par ailleurs pour moi de voir comment les gens réceptionnent mes travaux.

Propos recueillis par Daniel Brignon

Sara, les mondes silencieux, 40 œuvres en papier déchiré, musée d’Allard, du 15 novembre au 1er février 2015.

Adrien Bas

Le musée d’Allard présente par ailleurs une exposition monographique du peintre Adrien Bas (1884-1925), témoin l’âge d’or de la peinture lyonnaise du début du siècle, dans le sillage des impressionnistes. Il a été un acteur important du mouvement des Zinars, un groupe qui s’affiche, par dérision, en dissidence par rapport l’académisme ambiant.
Élève de l’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon, Adrien Bas expose dès 1901et pendant les 24 ans d’une courte carrière, qui a été néanmoins prolixe, partant de l’impressionnisme à une palette qui se rapproche de celle de Paul Cézanne qu’il admirait.
Adrien Bas, vous avez dit « Ziniar » ?, musée d’Allard, jusqu’au 8 mars 2015.



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