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Municipales à Saint-Etienne : les 10 points à (vraiment) retenir du sondage

Loire le 01 mars 2014 - Mathieu Ozanam - Agglomération stéphanoise - article lu 2049 fois

1)   Une forte marge d’erreur C’est l’information qui a été la moins reprise dans le commentaire des résultats de cette enquête réalisée du 24 au 25 février. L’institut de sondage Ipsos la fait pourtant figurer en tête de sa fiche technique qui mérite d’être lue attentivement : « Les résultats des intentions de vote ne constituent pas un élément de prévision du résultat électoral mais donnent une indication significative de l’état du rapport de forces actuel entre les principales listes sans prendre en compte la configuration définitive des candidatures qui n’est pas encore totalement connue.

1)   Une forte marge d’erreur

C’est l’information qui a été la moins reprise dans le commentaire des résultats de cette enquête réalisée du 24 au 25 février.

L’institut de sondage Ipsos la fait pourtant figurer en tête de sa fiche technique qui mérite d’être lue attentivement :

« Les résultats des intentions de vote ne constituent pas un élément de prévision du résultat électoral mais donnent une indication significative de l’état du rapport de forces actuel entre les principales listes sans prendre en compte la configuration définitive des candidatures qui n’est pas encore totalement connue. Ils doivent être lus en tenant compte des marges d’incertitude : plus ou moins 3 et 4 points pour les principales listes, plus ou moins 1 à 2 points pour les autres. »

Bref, avec un échantillon de 600 personnes interrogées, « si le score mesuré est de 40 %, la valeur réelle se situe entre 36 % et 44 % (plus ou moins 4 points de marge d’erreur)


2)   Les « vrais » résultats

Partant de ce principe, les résultats au 1er tour sont les suivants :

Romain Brossard (Lutte Ouvrière) : de 1 à 3 %

Belkacem Merahi (Parti de Gauche) : de 3 à 5 %

Maurice Vincent (PS, PC et PRG) : de 30 à 38 %

Olivier Longeon (EELV) : de 6 à 8 %

Gaël Perdriau (UMP, UDI, MoDem) : de 31 à 39 %

Hubert Patural (Divers droite) : de 1 à 3 %

Gabriel de Peyrecave (FN) : de 12 à 20 %

Pour en savoir plus sur les fourchettes dans les sondages, lire un article éclairant d'Hervé Le Bras dans La Recherche.

3) Une certitude : l’incertitude

Vu de cette façon, le candidat d’union de la droite (Gaël Perdriau) devance peut-être le candidat d’union de la gauche (Maurice Vincent). Mais peut-être pas.

Une certitude : en 2008 Michel Thiollière avait réuni 37,68 % des voix au 1er tour, tandis que Maurice Vincent en réalisait 33,68 %.

Le sondage réalisé en 2008 par BVA pour le quotidien Le Progrès, et publié 4 jours avant le 1er tour, annonçait Michel Thiollière à 39 % et Maurice Vincent à 34 %. Bien vu pour l’un, un peu au dessus pour l’autre.


4)   Des candidats supposés

Les candidats ont jusqu’au 6 mars pour déposer leur liste en préfecture. Selon le point d’étape transmis par les services de la préfecture de la Loire vendredi 28 février, seules les listes de Romain Brochard (Lutte Ouvrière), Olivier Longeon (EELV) et de Gabriel de Peyrecave (FN) ont été enregistrées.

S’il fait peu de doutes que Maurice Vincent et Gaël Perdriau seront en mesure de déposer leur liste, qu’en sera-t-il pour Hubert Patural (Droite sociétale) ? Belkacem Merahi (Parti de Gauche) affirme pour sa part que sa liste est complète et doit être déposée lundi en préfecture. Quant au Parti radical, une conférence de presse est prévue le mercredi 5 mars pour annoncer si le parti auquel appartient l’ancien maire Michel Thiollière déposera ou non une liste, fâché de ne pas figurer sur la liste de Gaël Perdriau.

Le sondage ayant été réalisé avant que toutes les candidatures soient validées, il évalue peut-être des candidats qui ne le seront plus, ou de nouveaux candidats qui feront leur apparition.


5)   Un candidat porté disparu

Dans le croquignolesque épisode du pseudo sondage réalisé par l’équipe d’Hubert Patural, le candidat du Parti fédéraliste européen Paul Sordet avait alerté la Commission des sondages car il ne figurait pas parmi les noms proposés. Fera-t-il de même avec l’institut Ipsos qui a agi de la même façon ?


6)   Un choix de vote assuré

Les listes conduites par Maurice Vincent, Gaël Perdriau et Gabriel de Peyrecave enregistrent respectivement 72 %, 75 % et 70 % de sûreté dans le choix du vote. Inversement un tiers de leur électorat potentiel est susceptible de changer son intention de vote.

Pour les autres candidats, Ipsos ne précise pas ce qu’il en est.


7)   Un 2e tour incertain

Maurice Vincent l’emporterait au soir du 2e tour avec 45 % des intentions de vote. Gaël Perdriau obtiendrait 41 % des voix et Gabriel de Peyrecave 14 %, perdant 2 % d’intention de vote entre le 1er et le 2e tour.

Si on en croit le tableau de report des voix entre les deux tours, 66 % des électeurs d’Olivier Longeon reporterait leur voix sur Maurice Vincent dans le cas d’une liste d’union entre celle du candidat socialiste et celle du candidat écologiste et 14 % sur Gaël Perdriau.

Il aurait été intéressant d’envisager l’hypothèse selon laquelle l’union à gauche au 2e tour ne se produirait pas afin de savoir si cela aurait un impact, ou non, sur la réélection du maire sortant.

Toujours selon ce tableau de report des voix, seuls 14 % des électeurs de Gabriel de Peyrecave choisiraient de voter Gaël Perdriau au 2e tour. Mais un peu plus loin dans le commentaire de ces résultats, l’institut Ipsos estime qu’en 2001 le « FN avait perdu 5 points entre le 1er tour (17,4 % des suffrages) et le 2nd tour (12,2 %), ce qui avait sans doute contribué à la victoire du candidat de droite, Michel Thiollière".


8)   Un bilan globalement satisfaisant, mais insuffisant ?

Le candidat de l’union de la droite et du centre d’une part et celui du Rassemblement bleu Marine affirment l’un et l’autre que les Stéphanois qu’ils rencontrent leur font part de leur rejet du maire sortant.

Le sondage Ipsos semble donner quitus à Maurice Vincent de sa gestion. 53 % des personnes interrogées sont satisfaits du travail accompli (contre 40 % d’insatisfaits). Pourtant le commentaire de l’institut d’opinion est moins flatteur. En indiquant que ce résultat « est en-deçà de ce que l’on mesure habituellement pour les villes de cette taille ».

Pour approfondir : Le rapport des Français à leur commune et à leur maire (Harris Interactive)


9)   Une abstention plutôt élevée

D’après l’institut Ipsos, de 48 % à 52 % des personnes interrogées sont certaines d’aller voter aux élections municipales. En 2008, l’abstention avait été de 45,58 % au 1er tour et de 41,78 % au 2nd tour.

Dans ce sondage, les plus motivés pour participer au vote sont les électeurs de l’UMP/UDI (76 % de votants déclarés), suivis de ceux du FN (64 %), du PS (61 %), du Front de Gauche (60 %) et d’EELV (60 %).

A noter que parmi les personnes certaines d’aller voter, 13 % n’ont pas exprimé d’intention de vote.

A noter également que 20 % des électeurs d’Olivier Longeon au 1er tour choisirait de ne pas choisir entre Maurice Vincent et Gaël Perdriau au 2nd tour en préférant s’abstenir.


10)   L’image manquante

Les instituts de sondage ont l’habitude de parler de leur enquête d’opinion comme une « photographie à l’instant t ». L’Essor Affiches est en mesure d'affirmer qu’à ce fameux instant t Ipsos n’était pas en possession de la photo du candidat du Parti de Gauche Belkacem Merahi puisque celle qui a été choisie pour illustrer son commentaire du sondage est issue directement de notre site Internet et de notre entretien du 17 octobre 2013. Il aurait pourtant suffi de nous la demander pour que nous la transmettions volontiers. Sans rancune !

Mathieu Ozanam


L'intégralité du sondage à retrouver sur le site de France Bleu Saint-Etienne Loire ou sur le site de France 3 Rhône-Alpes.



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