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Municipales : à Grenoble, le point de vue des commerçants

Isère le 17 février 2014 - La Rédaction - Région grenobloise - article lu 901 fois

Municipales : à Grenoble, le point de vue des commerçants
L'antiquaire Christian Hoffman et des partenaires de Label Ville(Association des unions commerciales de Grenoble), également Vice président de la commission commerce à la CCI (D.R.)

Maestro des « opérations séduction » de la ville depuis cinq ans, Christian Hoffman n’a pas baissé les bras devant le chantier défigurant provisoirement la ville et le désarroi des adhérents de Label Ville.

« Les nouveaux aménagements de transport font des dégâts dans toutes les villes, avec des baisses d’activité et des fermetures de commerce. On a beaucoup travaillé avec l’équipe municipale, et ils s’en sont souvent pris plein la tête, mais ils ont été globalement à l’écoute et l’on a pu aboutir à des résultats, malgré des difficultés avec les indemnisations». Une écoute qu’il juge encore perfectible.  « On attend plus de concertation avec les commerçants souvent mis devant le fait accompli en matière d’aménagement urbain. Il y a parfois des décisions déconcertantes, comme pour l’éclairage, l’aménagement assez malheureux du quartier Lafayette,  ou encore récemment l’installation de parkings à vélos gênants qui atterrissent devant des boutiques. On ne nous sollicite pas alors que nous aurions des propositions plus judicieuses ».

Point néanmoins positif pour l’antiquaire: l’influence croissante  des associations de commerçants, au nombre de 17 avec la création des deux petites dernières : l’association de l’Esplanade et celle des Quais (opérationnels en 2013). « Notre mutualisation est fructueuse, on a pu améliorer l’accessibilité avec la géo localisation des marchés, avec le travail sur les livraisons et l’aménagement des plages horaires, ou encore répondre à de nouveaux comportements de consommation avec la progression du drive line (livraison en ligne) ». Malgré les efforts consentis par la ville en matière de sécurité*, ce point reste sensible pour Christian Hoffman, notamment dans certains quartiers comme La-Villeneuve où le commerce ne peut plus s’installer « Il faut continuer sur cette lancée pour pouvoir juguler à la fois le petit et le grand banditisme».

«  Il faut une équipe politique courageuse ! »

Pour Marc Mayet, bijoutier et président de l’AHBJO (Horlogerie Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie), malgré une année marquée par des braquages dramatiques (dont le dernier en janvier à Saint-Laurent du Pont), le bilan est plutôt positif. « Ils ont fait du très bon travail autour du préfet, que ce soit les équipes gendarmerie, municipales, ou les chambres consulaires. Avec la mise en place des référents sécurité, on s’est senti vraiment rassuré au mois de décembre. C’est un mois attractif pour tout le monde, les bienveillants comme les malveillants sont dans la rue. La présence des CRS pour la deuxième année a porté ses fruits ». Un constat qui pour autant n’a valeur que d’encouragement pour le bijoutier, les efforts devant être poursuivis en raison de l’évolution des formes de délinquance. « Même s’il y a eu une baisse des braquages sur l’Isère, on doit faire face à des actions violentes très préparées en amont et à répétition. Comme il y a de moins en moins de bijouteries, ce sont les mêmes qui sont braquées. L’impact est très lourd, différent de celui d’un simple cambriolage. Les commerçants ferment leur boutique parce qu’ils sont traumatisés, ou parce qu’ils ne trouvent plus personne à qui la vendre ou la transmettre. Cela ne s’apaisera pas de sitôt». Le bijoutier, encore récemment cambriolé dans sa boutique de montres, appelle cependant à une politique sécuritaire équilibrée. « Pas d’angélisme,  car on a affaire à des gens déterminés qui vont au feu. Les politiques doivent être courageux. Il faut une police municipale encore plus aguerrie et poursuivre l’installation de vidéo surveillance. Mais il faut aussi tenir compte de cette conjoncture  difficile propice à une délinquance qui date de la nuit des temps. Elle peut être contenue par des actions  sociales et culturelles, il y a encore du travail de fond à faire ».

Propos recueillis par Nanouk Lantran

*Augmentation du nombre de caméras vidéo surveillance de 10 à 82, augmentation d’agents de police de 88 à 103 agents, augmentation de 25 % du budget ville sécurité.



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