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Municipales dans la Loire : quel bilan ?

Loire le 03 avril 2014 - Mathieu Ozanam - Politique - article lu 639 fois

Municipales dans la Loire : quel bilan ?
(D.R.)

Ce qui a surpris dans les résultats de ces élections municipales, ce n'est pas tant la victoire attendue de la droite que l'ampleur de celle-ci à Saint-Etienne, à Saint-Chamond ou encore à Montbrison.

A Roanne les législatives de juin 2012 avaient servi de round d’observation à Yves Nicolin et Laure Déroche, et déjà l’écart était important, alors même qu’un président de la République socialiste venait d’être élu. A Montbrison, la maire sortante Liliane Faure s’était présentée aux législatives et était arrivée largement en tête. Même si elle n’avait pas été élue par les électeurs sur l’ensemble de la 6e circonscription. A Saint-Etienne, les élections se succédaient et elles étaient toutes remportées par les candidats socialistes. De plus, l’évolution de la sociologie des habitants pouvait laisser penser que l’électorat était plus favorable à la gauche. A contrario, le score réalisé par l’ancien maire Dino Cinieri sur la commune de Firminy aux législatives pouvait lui donner bon espoir. D’autant qu’il avait triomphé dans le cadre d’une triangulaire en étant opposé au FN. L’écart cette fois-ci ne laisse aucun doute, les Appelous ont voulu voter pour leur maire sortant.

La vallée rouge

La vallée de l’Ondaine offre un cas de figure intéressant puisque les maires communistes ont été réélus : Marc Petit à Firminy, Marc Faure à La Ricamarie dès le 1er tour et Christophe Faverjon à Unieux. Il s’en est fallu de peu pour le maire sortant (43,01 %), réélu avec 117 voix d’avance sur Babette Luya (40,16 %) opposé à un candidat FN (16,84 %) dans un triangulaire. Une tentative d’approche du candidat frontiste a été faite en direction de la candidate divers droite à laquelle celle-ci n’a pas souhaité répondre. « On ne s’allie pas avec des fantômes, déclare-t-elle. Le FN avait une tête de liste que nous ne connaissions pas et des candidats qui ont tout fait pour ne pas être reconnus. Ils sont du FN, il faut qu’ils l’assument. Sur notre liste il y avait des centristes, des socialistes, et des gens de la droite sociale. »

L’implantation frontiste

Le FN n’a pas réussi partout à maintenir ses scores de 1er tour, mais sa secrétaire départementale Sophie Robert dit néanmoins sa satisfaction : « nous voulions avoir le maximum d’élus pour faire progresse notre implantation locale. » Le parti de Marine Le Pen obtient trois élus à Saint-Etienne, deux élus à Roanne, au Coteau, à Feurs, à Unieux, à Saint-Chamond et un à Savigneux, à Montbrison et Firminy. « Nous avons lancé notre campagne des Européennes et nous travaillons aux Régionales et aux Cantonales. » Le fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen devrait d’ailleurs venir dans la Loire le 27 avril pour les Européennes.

L'UMP en tête

Jeune parti, l'UDI n'a pas su faire face de façon organisée dans ces élections. Cela s'est vu à Saint-Etienne où les deux candidats à la candidature UDI, Georges Ziegler et Gilles Artigues, ont dû se résoudre à faire l'union derrière le candidat UMP Gaël Perdriau qui l'a emporté dans la préfecture de la Loire. A Roanne aussi c'est un UMP qui devient maire. Quant à Saint-Chamond, l'UMP Jean-François Rey avait accepté de s'effacer devant Emmanuel Mandon (UDI), mais c'est l'UMP dissident Hervé Reynaud qui a emporté le morceau dans les urnes. Aux prochains élections Jean-François Rey pourrait réclamer à son tour le soutien de l'UDI sur sa candidature. Décidément l'UDI qui vient de perdre son président en la personne de Jean-Louis Borloo, gagne sans doute des élus dans les conseils municipaux, mais perd le pouvoir au profit de l'UMP.

Mathieu Ozanam

 

Saint-Etienne et l’absentation

A Saint-Etienne, le taux d’abstention était de 49,28 % au 1er tour et de 44,73 % au 2nd tour. 3 831 électeurs supplémentaires ont participé, mais tous n’ont pas porté leur voix sur le maire socialiste sortant. Maurice Vincent pouvait espérer en additionnant ses voix et celles d’EELV et du Parti de gauche un maximum de 19 895. Il en a recueilli 21 779.
Gaël Perdriau en a lui gagné 4 768 entre les deux tours, siphonnant littéralement les voix des électeurs qui avaient choisi le candidat FN. Gabriel de Peyrecave a perdu 2 558 voix entre le 1er et le 2nd tour.



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