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Montbrison : Le Rex perturbe à nouveau le conseil

Loire le 03 juillet 2014 - Louis Thubert - Forez - article lu 652 fois

Montbrison : Le Rex perturbe à nouveau le conseil
Le Rex a échauffé les esprits. L'annonce du retrait du permis de construire a énervé les manifestants présents (D.R.)

Il y a un an, la situation paraissait semblable : le maire de Montbrison tient conseil, perturbé par les partisans de son principal opposants.

Les dits partisans manifestant, bruyamment, leur mécontentement. Mais cette fois-ci, les rôles sont inversés : c'est Christophe Bazile qui préside, en tant que maire, le conseil municipal de Montbrison-Moingt, et les personnes qui brandissent des pancartes - « Non à la mort du cinéma à Montbrison » - soutiennent plutôt Liliane Faure, scandant son prénom.
Car, forcément, si un sujet fait polémique dans la cité forézienne, c'est encore le cinéma. L'un des points abordés par le conseil, et certainement le plus polémique, c'est la décision de retirer le permis de construire du projet de cinéma situé aux Jacquins, voulu par l'ex maire Liliane Faure. Commencé pendant la campagne des élections, le projet était arrêté depuis avril, suite à un recours d'un riverain qui avait entraîné une décision de justice suspendant les travaux.

« S'il le faut, je ferai intervenir la police ! »

Alain Gauthier, premier adjoint, est revenu sur les chiffres du projet défendu par l'ancienne municipalité, parlant de plus de 6,5 M€, sous les huées d'une partie du public. « L'heure est à la lutte contre le déficit et la dette, a-t-il lancé. La priorité est donnée au groupe scolaire Brillé et à des travaux de voiries. » Car l'ensemble du conseil est inquiet : face à la baisse des dotations de l'Etat, une motion de soutien à l'Association des maires de France a été votée à l'unanimité. L'AMF entreprend une action pour « alerter les pouvoirs publics sur les conséquences de la baisse massive des dotations ».
C'est l'un des effets pervers de la décentralisation : les communes et collectivités locales se retrouvent démunies si l'Etat diminue les ressources qui leur sont alloués. Même si Christophe Bazile et Liliane Faure ont voté cette motion, ils se renvoient la balle sur leurs attitudes face à cette baisse. Le maire souligne que c'est un gouvernement socialiste - Liliane Faure est membre du PS -  qui mène cette politique. De son côté, elle a mentionné que François Fillon, qui est venu soutenir Christophe Bazile lors de la campagne, en février, prône la même baisse des dotations aux communes... Mais c'est vraiment le Rex qui a échauffé les esprits. L'annonce du retrait du permis de construire a énervé les manifestants présents, criant « mensonge, mensonge ! » à l'adresse d'Alain Gauthier et de Christophe Bazile. « Ce conseil ira jusqu'au bout !, a-t-il tonné. S'il le faut, je ferai intervenir la police municipale ! » Le maire n'aura finalement pas à mettre sa menace à exécution, mais la salle restait échauffée.

« Une mise en difficulté des entreprises engagées ! »

« C'est le choix de la raison, plaida Alain Gauthier. Montbrison-Moingt ne peut porter seul un tel engagement de dépense. » L'avenir du cinéma serait-il entre les mains de partenaires privés ? C'est ce qu'a laissé entendre le maire, parlant « d'épauler l'association si elle lançait un appel à l'initiative privée. » Liliane Faure a affirmé que le retrait du permis provoquait « une mise en difficulté des entreprises engagées auprès de la Ville ». Car si le chantier cinéma aux Jacquins ne va pas jusqu'à son terme, il faudra tout de même rembourser les constructeurs d'une partie du coût des travaux. Christophe Bazile estime cette somme à 200 000 €, son adversaire, elle, pense que cela pourrait être de l'ordre de 1,5 M€. Et de citer la subvention du programme européen Leader, perdue, et celles du CNC et de la région, qui pourrait l'être.
« Pour ce qui est de ces subventions, rien n'est perdu », positive Christophe Bazile. Le retrait du permis fût voté, même si une suspension de séance se révéla nécessaire. Le dossier du Rex sera-t-il toujours aussi explosif ?

Louis Thubert



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