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Mister Défilé, l’anniversaire

Rhône le 10 juillet 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 508 fois

Guy Darmet ne pensait sans doute pas que le Défilé deviendrait « LE » symbole de la Biennale de la danse, l'événement que même les chaînes de télévision nationales ne peuvent se passer de relater.

Il faut dire que le défilé draine aujourd’hui 4 500 participants encadrés de 250 artistes (chorégraphes, scénographes, musiciens...) et plus de 300 000 spectateurs, sans compter les nombreux téléspectateurs calés devant leur téléviseur. Le temps d'une journée, la ville émet une vibration singulière.
Le défilé est devenu au fil de ses éditions une journée particulière, qu’il pleuve à seaux (c’est arrivé en 1998 et c’était une joyeuse débandade) ou que le soleil assoiffe les participants et ceux qui les regardent. Il plane sur la ville un vent de liesse, une atmosphère assez difficile à décrire, mais tout à fait perceptible. Une ardeur portée par les amateurs qui ont répété, cousu, peint les six mois précédant le jour J et, évidemment, ceux qui les regardent. Juchés sur les abribus ou sur des lampadaires pour les téméraires, assis sur un tabouret pliant ou debout sur un escabeau pour les prévoyants, la foule est au rendez-vous.
Qui aurait cru que cette idée un peu folle de transposer le carnaval de Rio à Myrelingues la brumeuse, comme la surnommait les anciens, pourrait fonctionner ? Que les Lyonnais s'approprieraient ce « rituel d'agglomération », selon les termes du sociologue Philippe Dujardin, aussi vite et aussi naturellement ? Ce n’est pas si étonnant si on regarde le contexte : une agglomération où est née la première génération de chorégraphes hip-hop – Kader Attou, Mourad Merzouki pour ne citer qu’eux –, une ville sensible aux arts chorégraphiques et une époque, celle du développement de la « politique de la ville ». La conjonction de ces facteurs a favorisé l’émergence d’un événement assez unique en son genre.
Un événement qui rassemble professionnels et amateurs, vieux et jeunes, pauvres et riches, public « empêché » et acrobates. Où se nouent « des aventures humaines, des mariages, des enfants, des solitudes brisées », raconte Guy Darmet. Où la fête prend le pas sur la morosité et mobilise l'ensemble des participants. Le jour de la fête, mais aussi en amont. De la présentation des projets à leur réalisation, il s'écoule quinze mois où tout se met en place petit à petit. Plus le jour approche, plus le rythme s'accélère jusqu'à la répétition générale, une parade dans la ville ou le quartier où le groupe s'est constitué. Cette année par exemple, la ville de Turin s'associe à la Biennale et défile, sous la houlette de Denis Plassard, le 6 juillet, avant de venir les 13 et 14 à Lyon. De son côté, le groupe de Vienne ouvre le Festival de jazz. Autant de temps forts qui jalonnent la préparation de la manifestation, sans parler des fidèles qui ne peuvent plus se passer du défilé. Chorégraphes ou amateurs, certains ont pris goût à la chose et rempilent régulièrement, d'autres sont carrément « accros » et attendent fébrilement la prochaine édition. Le frisson que procure le Défilé est irremplaçable, semble-t-il.
S'il y a moins de groupes qu'au départ (19 en 1996, 12 cette année), la ferveur est intacte, d'autant que le Défilé fête cette année son dixième anniversaire, avec un clin d’œil au Brésil et la venue du carnavalesco Fábio Ricardo, figure montante du carnaval de Rio, qui a conçu un char spécial « anniversaire » à la manière du Carnaval de Rio.

Gallia Valette-Pilenko


Le 14 septembre, 14 h.


Le Défilé en chiffres

10e édition
4 500 participants de 10 à 80 ans, le jour du défilé
250 artistes mobilisés
12 groupes de 140 à 800 personnes
15 gros chars, 10 petits
des km de tissus, passementeries
1,8 km de parcours
300 000 spectateurs (selon la police)
10 000 danseurs sur la place Bellecour (samba-tarentelle de Mourad Merzouki)
40 danseurs du CNSMD de Lyon reprenant un extrait du Swan Lake de Dada Masilo



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