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Mireille Imbaud : nez rouge et grand cœur

Rhône le 17 avril 2015 - A. G.-P. - Sciences, Santé, Environnement - article lu 308 fois

Mireille Imbaud : nez rouge et grand cœur
D.R. - Mireille Imbaud est la présidente fondatrice de Docteur Clown

Au milieu des larmes et de la douleur, les clowns font rire les enfants malades. Leurs nez rouges, leurs grimaces et leurs histoires sont des bulles de couleurs dans l'univers blanc et brutal de l'hôpital. Mireille Imbaud est la présidente fondatrice de l'association Docteur Clown qui est devenue un acteur incontournable des services pédiatriques.

Aux prémices de leur aventure, les premiers pas des clowns dans le milieu hospitalier furent timides car ils semblaient importuner le personnel. Puis, petit à petit, comme ceux d’un enfant qui apprend à marcher, ils devinrent naturels et familiers. Aujourd’hui, les clowns font partie du paysage hospitalier pédiatrique et de la vie des services. Les trublions sont devenus indispensables, aussi bien pour les enfants que pour les parents ou le personnel soignant. Désormais, le Docteur Clown est un confrère joyeux.

La première année, les clowns ont effectué 56 prestations et vingt ans plus tard, ils réalisent plus de 1 300 visites par an en rencontrant 13 000 enfants. « Au début ils dérangeaient. A l’Institut d’hématologie et d’oncologie pédiatrique de Lyon, ils ont commencé sans droit à l’erreur mais maintenant, ils sont victimes de leur succès. Les clowns, on les réclame », avoue Mireille Imbaud, qui a créé l’association Docteur Clown en 1995 pour améliorer le quotidien des enfants hospitalisés.

Ancienne infirmière issue d’une famille nombreuse, maman et grand-mère entourée d’enfants avec qui elle jouait, chantait et racontait des histoires, elle avait un destin tout tracé pour aider les petits malades à retrouver le rire et l’insouciance. « Lorsque j’étais infirmière, c’était beaucoup plus facile de faire les soins en prenant soin d’une autre façon, par le rire, la chanson ou un petit conte. »

Sa sensibilité et son investissement sont partagés par des personnalités qui soutiennent l’association, comme Bernard Lacombe et Mimie Mathy. La comédienne, marraine de Docteur Clown, ne peut tolérer la souffrance des enfants : « C’est injuste ! Il faut les sortir de leur maladie au travers de choses joyeuses. Le rire panse certaines plaies et complète les soins qu’apporte la médecine. Les clowns ont une grande force pour cela, ils arrivent à passer au-delà de la douleur et à la faire oublier quelques instants. »

L’association, dont le budget annuel est de 450 000 €, est financée à 95 % par des partenaires privés. Les quinze clowns salariés de Docteur Clown sont tous des artistes professionnels, chacun présentant, hors de l’hôpital, ses propres spectacles. Ils s’adaptent aux exigences du service, à la pathologie et aux soins de l’enfant. Et surtout, ils sont capables d’improvisation à tout instant, dans des numéros de magie, de jonglerie, de musique, de conte…

Ils travaillent en binôme et reçoivent une formation spécifique de clown hospitalier. Ils développent des objectifs de travail commun avec l’équipe soignante et interviennent depuis peu auprès d’enfants autistes. Leur rayon d’action est réparti dans les unités pédiatriques, de néonatologie, d’oncologie, de réanimation, des grands brûlés et d’urgence des hôpitaux du Rhône, de la Loire et de l’Ain. Un projet de nouvelles actions de Docteur Clown auprès des enfants victimes de maltraitance sexuelle est actuellement en cours d’étude.

« Les enfants ne sont pas les seuls à apprécier les clowns, souligne Mireille Imbaud. Parents et soignants ont, eux aussi, besoin de ce réconfort. Leur présence est un exutoire. » Les clowns transmettent en effet un message très fort aux parents perturbés par la maladie de leur enfant. Le voir sourire et rire redonne alors confiance à toute la famille. Et le moral, on le sait bien, est un premier pas vers la guérison. Vers une petite lueur d’espoir qu’allume un nez rouge.



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