Fermer la publicité

Michelin Roanne : un investissement dans les rayons

Loire le 11 septembre 2014 - Aline Vincent - Roannais - article lu 2482 fois

Michelin Roanne : un investissement dans les rayons
Si le projet se concrétise, on peut considérer que le site roannais revient de loin (D.R.)

La direction générale du fabricant de pneumatiques français Michelin semble aujourd’hui décidée à miser sur son site industriel roannais.

Elle profitera de la célébration des 40 ans de l’usine ce vendredi 12 en présence des élus et samedi 13 septembre devant les salariés et leurs familles, pour évoquer ses projets. Elle devrait y annoncer son intention d’investir de façon importante afin de pérenniser l’avenir de l’usine locale après de longs mois difficiles.
A noter qu’il s’agit du plus important employeur privé du département avec 900 salariés. Parmi les pistes étudiées, figure le soutien de la production de pneus haut de gamme à forte valeur ajoutée (18 à 21 pouces). Ce créneau ne représente encore aujourd’hui à Roanne que 30 % de la production. Or, la tendance chez les constructeurs automobiles est au montage de pneumatiques de plus en plus qualitatifs pour des raisons de sécurité, d’économies de carburants et de lignes des véhicules. Ces projets de développement sont aujourd’hui de nature à redonner le sourire aux salariés après des mois de baisse d’activité ayant engendré la réorganisation des temps de travail avec risque de suppression d’une quatrième équipe.
Le nombre de pneus produits était passé progressivement de 4,3 millions par an à des prévisions de 3,5 millions. A noter que les syndicats représentés au sein du groupe, Sud, CFDT et CGT ont été largement associés aux discussions. « Il s’agit d’une première, non seulement dans le monde du caoutchouc, mais de celui de l’industrie tout court, signale Jérôme Lorton, représentant le syndicat Sud. On en est encore aux échanges. Les négociations n’ont pas été entamées. Ceci dit, on ne nous a pas donné de limite concernant l’enveloppe, ce qui est plutôt bon signe. Le diagnostic concernant la production vient de s’achever. Le diagnostic social est encore en cours ». Jusqu’ici, la moyenne des investissements annuels opérés par Michelin se situaient aux alentours de 5 à 7 M€. « Si on veut que l’usine roannaise rivalise avec les grandes unités de production au plan européen, l’investissement doit être sans commune mesure avec les précédents, commente Jérôme Lorton.
L’un des scénarios consistant à se concentrer sur le pneu haut de gamme à forte valeur ajoutée, conduirait à augmenter la capacité de production de l’usine et améliorer la productivité grâce à un outil performant. Les salariés ont été tenus informés dès le mois de juillet. « La dernière réunion du 1er septembre avec la direction a contribué à nous rassurer. Reste encore à savoir précisément dans quelle direction Michelin veut aller et à avancer sur les éléments de ce plan de développement. Ce que l’on sait en revanche, c’est que l’on en n’est plus aux baisses de salaires comme cela avait été envisagé et que le maintien de quatre équipes est garanti. »
On peut effet considérer que le site roannais revient de loin. Fin 2013, le PDG Jean-Dominique Sénard avait déclaré que les « petites » usines n’avaient pas d’avenir dans le groupe. Sa déclaration avait aussitôt été suivie début 2014 d’un courrier cosigné par l’ensemble des syndicats représentés localement. Après quelques mois de silence, le suivi s’est avéré plus que payant avec l’implication des syndicats dans la réflexion, suivie des nouvelles positives qui tombent aujourd’hui.

Aline Vincent

Un nouveau directeur depuis aout

L’usine Michelin de Roanne a changé de directeur cet été. Pierre-Alexandre Anstett, en poste depuis 6 ans, s’est vu offrir à 43 ans la tête de la plus grosse usine Michelin du monde basée à Shenyang en Chine. Elle produit jusqu’à 12 millions de pneus par an. Cette mutation aura eu la particularité de voir arriver pour le remplacer l’ancien dirigeant du site roannais de Giat Industries (Nexter) entre 2002 et 2004, Eric Percie du Sert (54 ans). Celui-ci a intégré Michelin en 2007. Les syndicats en ont conservé l’image d’un homme de dialogue.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide