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Michel Le Royer : Du chevalier de Maison Rouge à l'église de Vermelle

Isère le 09 septembre 2015 - Patricia TRICOCHE - Culture - article lu 1355 fois

Michel Le Royer : Du chevalier de Maison Rouge à l'église de Vermelle
Patricia Perry tricoche - Rencontre avec Michel Le Royer dans un bouchon lyonnais

Si la mémoire collective retient de Michel le Royer son rôle culte dans le Chevalier de Maison Rouge, une série télévisée des années 60, les amateurs de théâtre n'oublient pas l'ancien sociétaire de la Comédie Française qui fut aussi un superbe Marquis de Lafayette. Après un mois de juillet consacré au festival d'Avignon, Michel Le Royer évoque sa carrière mais aussi sa venue à l'église de Vermelle.

Cet éternel jeune premier de 82 ans (il ne les fait pas) est l’invité de l’association pour la protection de l’église de Vermelle le dimanche 20 septembre à 17h pour partager avec le public un moment de poésie au cours duquel il récitera les poèmes « Je vous salue Marie » écrits par Charles André, écrivain, poète lyonnais , accompagné au piano par Brigitte Gonin Chanut. Il devrait une fois encore sublimer des textes de sa voix chaude et grave comme il l’a fait cet été en Avignon avec le spectacle « Et mon mal est délicieux » qui a crée beaucoup d’émotion auprès du public. Un acteur qui a su garder une élégance naturelle, au côté de ses copains de promo Belmondo, Marielle, Rochefort… et qui affiche une carrière aux multiples facettes, alternant télévision, cinéma, théâtre et doublage.

La Comédie Française… « J’y ai tout fait et j’étouffais »

Enfant, Michel Le Royer passait son temps à fuir l’école préférant courir la campagne avec une insatiable curiosité qu’il avoue avoir gardée. Adolescent, c’est sa tante qui lui fait découvrir le théâtre. Si ce soir là il a préféré le Feydeau du lever de rideau à Britannicus, il a une révélation. Et lorsqu’un de ses camarades de Conservatoire lui demande de lui donner la réplique il accepte ne sachant pas alors qu’un des membres du jury n’est autre que Louis Jouvet ! Tout s’enchaine alors pour le jeune comédien qui fait son entrée à la Comédie Française en 1957. Tel un Rastignac montant les marches de cette noble institution, avec déjà le sens de la réplique, il s’écrie devant le buste de Molière « Ne t’inquiète pas, j’arrive »…Mais le cinéma lui fait les yeux doux et très vite il va quitter le Français car comme il le dit « j’y ai tout fait et j’étouffais ». S’il a refusé le rôle proposé par Jacques Demy dans « Lola » Michel Le Royer ne regrette rien car il a travaillé avec les plus grands et reste  l’un des rares acteurs aujourd’hui à avoir été mis en scène par Gérard Philippe. Bien sûr la télévision lui a donné une image de héros de cape et d’épée et s’il n’est pas mécontent qu’on le reconnaisse encore, il rappelle qu’il a joué dans de nombreux classiques.

Le seul acteur français à avoir joué La Fayette

Je suis un enfant de la Télé, celle de Claude Barma…

Le théâtre c’est son moteur. En 1975 il crée sa 1ère Cie et en 1982 il présente « Le Bossu » dans un Paris menacé par les grandes grèves. Sa Cie n’y survivra pas. Mais de nouvelles rencontres artistiques lui feront poser ses valises 9 ans aux Tréteaux de France.  Aujourd’hui, Michel Le Royer excelle dans la transmission et le partage et donne des cours à La Récréation à Lyon pour des amateurs amoureux de beaux textes. Pour celui qui se revendique  enfant de la Télé, celle de Claude Barma et de ses feuilletons historiques, la scène reste le meilleur, il aime retrouver cette famille, l’esprit de troupe. Si on lui demande ce qui le fait encore vibrer et quel est son secret pour afficher un tel enthousiasme, une telle « pêche » il répond la curiosité et l’attente du rôle qui va arriver car le plus beau rôle c’est bien celui qu’il n’a pas encore joué.  Il faut avoir de l’appétit pas seulement pour la bouffe dit –il mais pour les mots, pour aller à la découverte de ce qui nous entoure. On est des observateurs et après des émetteurs.

Dans le Chevalier de Maison Rouge avec François Chaumette

Si on lui parle de retraite c’est avec un sourire plein de malice qu’il évoque un métier qui permet de garder une éternelle jeunesse. « Quand on travaille on appelle cela  jouer  et pour les autres ce n’est pas travailler ! »  Michel Le Royer, « c’est un fleuve qui s’écoule  et conte une vie riche de rencontres et d’expériences », un héros romantique, subtil et entier qui fait un retour sur les planches remarqué.

Contact : www.les-saisons-de-vermelle.fr



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