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Michel Delpuech, nouveau préfet de Rhône-Alpes, militant de la République

le 01 avril 2015 - Antonio Mafra - Collectivités locales - article lu 1273 fois

Michel Delpuech, nouveau préfet de Rhône-Alpes, militant de la République

Le nouveau préfet de Rhône-Alpes prend ses fonctions à un moment clef de la nouvelle architecture administrative. Un rôle pionnier qui semble séduire ce serviteur de l'Etat qui ne cache pas sa fibre économique.

Pourquoi avez-vous fait le choix d’une carrière préfectorale ?

Je vis mes fonctions comme un sacerdoce heureux. J’avais 15 ans lorsque, pour la première fois, j’ai exprimé le désir de devenir préfet. J’ai sans doute surpris mon entourage. Fils de commerçants, né à Aurillac, je n’ai pas de parents ou ancêtres dans la fonction publique. Ce que j’ai appris, je le dois à l’école de la République. Même si cela a mal commencé. L’un de mes plus vieux souvenirs remonte à la petite enfance lorsque j’ai été chassé de la maternelle car je n’avais pas l’âge requis.

Quel a été votre parcours ?

J’ai fait mon droit à la faculté de Clermont-Ferrand, puis Sciences Po, avant d’intégrer l’ENA dans la promotion Voltaire. La même que François Hollande avec qui je jouais au football, et d’autres comme Michel Sapin ou Henri de Castries (Pdg d’Axa. ndlr). C’était la voie royale. Serviteur de la République, j’obéis au gouvernement. Militant de la République, je défends ses valeurs. La devise Liberté, Egalité, Fraternité a du sens pour moi. Je me sens en première ligne lorsqu’il s’agit de lutter contre le racisme et l’antisémitisme. 

Quelle image aviez-vous de Lyon, plus globalement de la région, avant votre nomination ?

Je ne la connais, pour ainsi dire, pas. Mais je sais les forces de cette locomotive de notre pays. Lyon renvoie l’image d’une métropole forte et puissante, à taille européenne. Dotée d’un tissu économique  dynamique, notamment dans le tertiaire de pointe et les sciences du vivant, d’une importante population étudiante, elle  constitue une chance pour la région.

Votre arrivée coïncide avec des changements administratifs importants comme la mise en œuvre de la Métropole et la prochaine fusion des régions Rhône-Alpes Auvergne.

La Métropole s’inscrit dans la modernité. Le gouvernement a fait  un choix intelligent. Mon rôle consistera à défendre l’intérêt général dans un esprit de consensus, voire de concorde, pour que cette mise en œuvre réponde aux attentes du législateur. Je vais faciliter les relations avec le nouveau département. Quant à la future grande Région, je ferai en sorte d’adapter l’Etat à l’architecture de la feuille de route qui devrait nous être donnée ce mois-ci. Aux élus de prendre leur destin en main. Je crois que l’agglomération de Clermont-Ferrand voit ce rapprochement comme une réelle opportunité.

Quel rôle jouerez-vous ?

Pour ma part, j’accorderai une attention particulière à ce que nous revisitions les tâches et les missions de l’Etat dans la logique et les exigences de la proximité. S’il n’est pas question de faire venir toutes les administrations régionales à Lyon, pour autant, il faut faire bouger les lignes. Sinon la réforme n’aura servi à rien. Je serai attentif à l’équilibre des territoires, entre les métropoles dynamiques et les zones de grandes difficultés, les territoires ruraux loin de tout.

Quels sont les principaux dossiers qui vous attendent ?

Il est trop tôt pour le dire. Je ne les connais pas encore. Mais je sais l’importance du volet économique. Au-delà de notre cœur de métier, nos fonctions régaliennes, nous devons veiller à l’application de l’état de droit. Cela concerne aussi les entreprises. J’en ai fermé certaines pour non respect des règles du droit du travail. J’œuvrerai pour faciliter l’installation d’entreprises de la même manière que je ferai tout pour empêcher la fermeture des sociétés en difficultés. A Amiens, où j’étais avant d’être nommé à Bordeaux, j’ai beaucoup appris avec le cas Goodyear.

Votre prédécesseur, Jean-François Carenco, avait la réputation de ne pas avoir la langue de bois et de beaucoup communiquer. Quelle est votre politique en la matière ?

Vous constaterez que moi aussi je communique beaucoup. Réactivité et disponibilité, mais avec exigence, avec une justesse dans le propos. En la matière, l’Etat doit être exemplaire. Sa parole est d’or. C’est pourquoi j’attache beaucoup d’importance à l’ingénierie administrative des projets économiques. A Bordeaux, j’ai expérimenté la Certification de Projet. J’espère que je pourrais en faire bénéficier les entreprises rhônalpines et auvergnates qui, rappelons-le, demandent de la stabilité et de la lisibilité juridiques.

Quand vous n’êtes pas aux affaires, à quoi consacrez-vous vos loisirs ?

Vous me croiserez à l’Opéra ou sur un terrain de golf. A 26, je ne suis pas dans le haut du classement, mais assez pour me faire plaisir. J’aime le football, que je pratique encore un peu -je me suis d’ailleurs engagé à assister à la rencontre entre Lyon et Bordeaux- et le rugby qui fait un peu partie de mes gènes. Dans cette région, je vais aussi retrouver la montagne. J’aime les sommets et la mer. Je n’aime pas la plaine !

Propos recueillis par Antonio Mafra

 



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