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Meylan : un univers impitoyable

Isère le 15 avril 2017 - Elisabeth Laverdant - Région grenobloise

Meylan : un univers impitoyable
Marion Frison - Le budget a été rejeté par 13 membres de la majorité de Damien Guiguet

Le feuilleton a commencé le 20 mars à la municipalité de Meylan. 13 élus de la majorité se sont opposés au budget. Ces « frondeurs » comptent bien mettre un terme à ce qu'ils appellent le « régime autocratique » de l'actuel maire, Damien Guiguet.

« Le poste de maire, il va falloir venir le chercher ». Damien Guiguet est prêt à en découdre. Dans cette affaire qui l’oppose à 13 membres de sa propre majorité, le maire de Meylan ne compte rien lâcher. Ses opposants non plus d’ailleurs. De là à parler de guerre de tranchée…

Tout a commencé lors du conseil municipal du 20 mars dernier. En jeu ? Le budget. Une délibération importante et symbolique. Le coup de théâtre est arrivé au moment du vote. 13 élus de la majorité se sont opposés à ce budget. Un acte qui n’a pas été fait par hasard, confesse-t-on du côté des frondeurs. En revanche, pour Damien Guiget, c’est la surprise. « Je ne m’attendais pas à ce qui s’est passé le 20 mars. Cela montre une opération bien montée dans le secret ».

Jean-Philippe Blanc, adjoint au maire et désormais frondeur explique : « nous voulions créer un petit groupe à l’automne dernier pour faire avancer des projets. Or, nous avons été décimés par le cabinet du maire ». Fin décembre, certains membres de la majorité estiment être au bout et veulent démissionner. Le reste du groupe les persuade de rester. Et le 20 mars, c’est la surprise. « On ne voulait pas revivre ce qui s’était passé à l’automne », explique Jean-Philippe Blanc. C’est donc « le premier coup d’une stratégie mûrement réfléchie » pour Damien Guiguet. Il dit avoir « tenté de les recevoir. Je les ai interrogés. Je n’ai eu aucune réponse ».

Une situation qui montre bien que le problème, ce n’est pas le budget. C’est plutôt l’ambiance qui règne au sein de la majorité. Même si Jean-Philippe Blanc dénonce une augmentation de la masse salariale de 1 % alors qu’il espérait une baisse de 3 à 5 %. « Cela montre bien que je ne prenais même pas les décisions pour ma propre délégation », s’insurge le frondeur. Car selon lui, il est là le souci : un « régime autocratique » où le maire et son cabinet prendraient seuls les décisions.

Pour Damien Guiguet, c’est clair : il remettra son mandat en jeu le 4 septembre, et pas avant. « Je suis très serein. La politique ne se résume pas à s’accrocher à son fauteuil (…). Si je ne suis pas renouvelé le 4 septembre, je serai conseiller municipal de base et je m’imposerai trois à quatre mois de silence. Je serai un radical libre ». En revanche, les frondeurs n’ont pas l’intention d’attendre le 4 septembre. Le feuilleton est loin d’être terminé.

Elisabeth Laverdant



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