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Me Samba-Sambeligue : « Je ne veux pas que les avocats soient à côté de la société »

Isère le 03 juillet 2015 - Caroline thermoz-liaudy - Avocats - article lu 2036 fois

Me Samba-Sambeligue : « Je ne veux pas que les avocats soient à côté de la société »
Me Samba-Sambeligue élu bâtonnier du barreau de Grenoble prendra ses fonction le 1er janvier

Elu le 16 juin dernier pour succéder à Me Arnaud Matthieu pour l'exercice 2016-2017, Me Wilfried Samba-Sambeligue prendra ses fonctions à la tête du barreau de Grenoble le 1er janvier prochain. Entretien.

Quelles seront vos priorités pour ce mandat ?

On a une problématique qui se pose aujourd’hui qui concerne la loi dite Macron. Sans que ce soit une difficulté c’est une problématique à laquelle les différents barreaux doivent répondre. Nous devrons trouver la solution commune la plus efficace possible. Nous devrons donc nous montrer inventifs et forts de propositions, pour être en capacité de dépasser ce qui nous sépare. Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur le fait de trouver un dénominateur commun sur ce sujet. Et puis plus proche de nous, je souhaite remettre le barreau de Grenoble au cœur de la cité, pour qu’il soit un acteur de la société en tant que tel. C’est un challenge pour moi car les avocats ne doivent pas être pris pour des personnes qui n’interviennent que lorsqu’il y a un procès. J’ai toujours dit que le propre de l’avocat c’est d’abord d’être un conseil avant d’être un plaideur. Nous devrons travailler cela avec les entreprises et avec la société civile. Je ne veux pas que les avocats soient à côté de la société. Le droit prend une place de plus en plus importante. L’avocat est donc au cœur que se soit sur les questions de droit pénal, de droit social, de droit des affaires…Il ne peut pas regarder tout cela de loin.

Pensez-vous vous inscrire dans la continuité des mandats précédents ?

On s’inscrit forcément dans la continuité des prédécesseurs et pas forcément du bâtonnier sortant. Les bâtonniers successifs ont marqué selon leurs sensibilités un certain nombre d’actes et on doit s’inscrire dans le prolongement de tout cela en regardant ce qui a marché, ce qui a moins bien marché. Il s’agira d’améliorer  ce qu’on n’a pas suffisamment fait et de perpétuer ce qui fonctionne.

Quel regard portez-vous sur le barreau de Grenoble ?

Il est reconnu pour être relativement jeune : 60 à 70% de nos confrères ont moins de 20 ans de barre. Son dynamisme est certain, et il faut être moteur de cela. Le rôle du bâtonnier c’est d’être en capacité de fédérer cette volonté de faire des choses. Ce dynamisme là on pourra l’inculquer, et je compte sur mes confrères, sur mon conseil de l’ordre… Ensemble on pourra être encore plus dynamique que le barreau ne l’est déjà. 

Me Matthieu, l’actuel bâtonnier est très apprécié par le barreau de Grenoble, est-ce que ça vous met une pression supplémentaire ?


Non, absolument pas. Je ne m’inscris pas en concurrence avec lui puisque nous nous connaissons bien, et que je pense pouvoir compter amplement sur lui. Nous avons déjà commencé à travailler ensemble. Je pense aussi avoir une grande confiance de la part de mes confrères, et c’est aussi un clin d’œil qu’ils m’aient élu à sa succession.

Quel souvenir gardez-vous du moment de votre élection ?

Ca a été une très très grande émotion. J’avais indiqué au moment de l’élection que le barreau de Grenoble avait fait quelque chose dont il ne se rendait peut-être pas compte en étant peut-être le premier bâtonnier d’origine africaine en France métropolitaine. Je m’étais trompé puisqu’avant moi il y avait le bâtonnier Keita d’Aix-en-Provence, mais c’est quand même important. En ce qui me concerne, cela ne change rien, mais ça montre que les avocats sont ouverts et que la question des origines du bâtonnier qui va défendre leurs intérêts ne s’est même pas posée. J’ai donc été extrêmement ému par cette marque de confiance qui oblige à tenir ses engagements. C’est un grand honneur mais c’est une fonction qui oblige et j’espère être digne de la confiance de mes confrères pour les deux années à venir.

Propos recueillis par Caroline Thermoz-Liaudy

Un avocat grenoblois

C’est dans une ville qu’il connait bien que Me Samba-Sambeligue prendra ses fonctions dans 6 mois. « J’ai effectué mes études secondaires à Grenoble, où j’ai obtenu un bac scientifique, puis j’ai fais mes études de droits à la faculté de droit de Grenoble où j’ai fait tout mon cursus jusqu’à mon doctorat. Puis j’y ai eu une activité professionnelle en tant que conseil dans une organisation syndicale, et dans la foulée je suis devenu avocat. J’ai prêté serment au barreau de Grenoble le 20 avril 2004, et je m’y suis installé depuis le 10 mai 2004. Je connais donc très bien ce barreau, et mes confrères qui ont été des camarades de promotion, dont le bâtonnier Arnaud Matthieu auquel je vais succéder. »



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