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Me Noëlle Gille : appelez-la « Madame le bâtonnier »

Isère le 14 août 2015 - Sevim SONMEZ - Avocats - article lu 948 fois

Me Noëlle Gille : appelez-la « Madame le bâtonnier »
Sévim Sonmez - Nöelle Gille succèdera à Fabrice Posta comme bâtonnier de Vienne

« Dauphin » depuis un an, Noëlle Gille prendra officiellement ses fonction de bâtonnier du barreau de Vienne, le 1er janvier 2016, et succédera ainsi à Me Fabrice Posta. Entretien.

Comment appréhendez-vous votre fonction de bâtonnier ?


Sereinement. J’étais la seule candidate et j’ai été élue à la quasi-unanimité car ce poste exige une organisation à toute épreuve : il faut concilier ses fonctions de bâtonnier avec son métier d’avocat. Mener de front les deux représente une charge de travail importante, raison pour laquelle les candidatures ne se bousculent pas. Répondre aux courriers, arbitrer les différends pouvant survenir à l'occasion de l'exercice de la profession, assister aux réunions d’information, aux conférences des bâtonniers en Rhône-Alpes ou à Paris, organiser les permanences pénales, les réunions du Conseil de l’ordre… Cela représente une bonne journée de travail par semaine. Au barreau de Lyon, le bâtonnier exerce sa fonction à temps plein.

Alors, quelles ont été vos motivations ?

La principale : m’investir pour mes confrères et rendre service à la profession. Membre du Conseil de l’ordre depuis de longues années, je trouvais cette fonction très intéressante. Elle signifie non seulement s’investir pour les autres mais également élargir ses horizons grâce aux réunions et conférences des bâtonniers. Avant sa prise de fonction, chaque bâtonnier doit assister à une journée de formation à Paris organisée par le Conseil national des barreaux. C’est très enrichissant car on nous donne les ficelles du métier et cette réunion nous permet d’actualiser nos connaissances, tout en rencontrant des confrères de différentes régions.

Quelles seront vos priorités pour votre mandat 2016-2018 ?

On s’inscrit forcément dans la continuité des prédécesseurs, tout en représentant  dignement l’Ordre et en entretenant de bonnes relations avec nos juridictions. Je vais poursuivre la modernisation engagée par la mise en ligne d’un nouveau site Internet et répondre présent lorsque le barreau sera sollicité comme récemment, lors de l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier. Nous allons continuer à nous battre pour que notre TGI qui gère un contentieux important trouve sa place à part entière. Naturellement, je continuerai les actions engagées par mon prédécesseur, Me Fabrice Posta, contre la loi Macron qui vient d’être votée.

Justement, quels sont les problèmes rencontrés par la profession ?

La loi Macron qui a été adoptée le 9 juillet dernier, nous enlèvera une partie de notre contentieux à cause de la postulation. Nous allons travailler avec la Cour d’appel et voir comment les choses vont se répartir puisque dépendront de la Cour d’appel de Grenoble les TGI de Vienne, Bourgoin-Jallieu, Gap, Valence et Grenoble. Mais il est évident que les cabinets et le personnel devront faire face à des difficultés économiques. Apparemment, le ministère retravaille sur la justice du 21e siècle.

Autre changement : les méthodes de communication avec les juridictions. Le ministère développe des logiciels afin de dématérialiser la communication. Et le TGI de Vienne a été pionnier en la matière avec la maison d’arrêt de Saint-Quentin-Fallavier. Les comparutions sont faites via la télévision, afin d’éviter les transferts pour des questions de sécurité mais aussi de coûts. Pour l’avoir testé, cela fait un drôle d’effet ! On parle à un écran qui de temps en temps plante. En soi, l’idée est bonne mais cela déshumanise, les émotions ne passent pas à travers l’écran.

C’est la justice du 22e siècle et on s’y fait !

Propos recueillis par Sévim Sonmez


 

 

La profession se féminise

Le barreau de Vienne compte 59 avocats et fait partie des rares barreaux qui possèdent une quasi parité homme-femme. « Cette année en l’Isère, je suis la seule femme bâtonnier puisqu’à Grenoble et à Bourgoin-Jallieu ce sont deux confrères. Cependant, la profession se féminise et à Vienne nous avons régulièrement des femmes bâtonniers. Homme ou femme, la confiance accordée au bâtonnier s’appuie uniquement sur sa personnalité et ses qualités professionnelles ».



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