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Marthe Robin : ultime période avant la sainteté ?

le 10 mars 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - Société - article lu 76 fois

Marthe Robin : ultime période avant la sainteté ?

Si vous parlez de Marthe Robin autour de vous, vous finirez vraisemblablement par trouver une personne qui l'a connue. Jusqu'en 1981, date de sa mort, elle a reçu en cœur à cœur plus de 100000 visiteurs. La plupart s'en souviennent, marqués par son écoute réconfortante et son discernement visionnaire. Rien ne prédisposait pourtant cette jeune paysanne à la notoriété,bien au contraire.

 

 

D’une famille modeste de fermiers, habitant un village isolé à 25 km de Romans, elle est touchée par la maladie dès son enfance et se retrouve confinée dans sa chambre dès ses 18 ans. Ses prières de guérison ne sont pas exaucées. A ce moment-là personne ne vient la visiter. Sa maladie progressera inexorablement, la paralysant totalement puis lui rendant pénible même la lumière. Après une période de révolte et de découragement qui dure jusqu’à ses 25 ans, Marthe trouve dans sa maladie même un combat à mener, qui devient une véritable raison de vivre, la souffrance se révélant pour elle comme « une école d’amour ».

Son entourage se rend compte d’un changement profond. Le rayonnement intérieur de Marthe émeut, touche au cœur, transforme. Le bouche à oreille attire des visiteurs, de plus en plus nombreux et de tous horizons. Ils se rendent compte que Marthe s’est mise dans la dépendance totale de Dieu, une dépendance prodigieuse car la survie de Marthe devient inexplicable compte tenu de son état de santé et d’alimentation. Mais Marthe ne s’attarde pas sur ce caractère mystérieux et miraculeux ; pour elle l’important n’est pas là.

L’essentiel est ailleurs, dans la « puissance de la faiblesse » qui pousse à la confiance totale en Dieu ; dans le don de soi et de ses souffrances qui donnent la joie et rapprochent de Jésus qui souffre aussi ; dans l’amour de Dieu et des hommes, le pardon et l’Espérance. Sa renommée devient immense. Sa fécondité se manifeste dans une œuvre (les Foyers de Charité) qui se développe rapidement avec l’aide de l’abbé Finet ; celui-ci se met au service de Marthe suite à une rencontre fortuite qui se révèle pourtant l’œuvre de la providence. Les Foyers de Charité, prennent une dimension mondiale et touchent 4 continents. Ils continuent aujourd’hui à se développer, bien après la mort de Marthe en 1981. Après son décès, (à l’âge de 79 ans, Marthe pesant moins de 30 kg), l’entourage de Marthe demande un procès en béatification. L’enquête démarre au plus vite, c’est-à-dire après l’expiration du délai de 5 ans obligatoire. 

Marthe Robin à la fin de sa vie

Mais elle prend du temps ; d’autres saints comme Jean Paul 2 ou mère Téresa par exemple ont vu leur cause avancer beaucoup plus vite (mais celle de Jeanne d’Arc a nécessité 500 ans pour prospérer…). Il faut dire que le dossier est énorme : 17000 pages auront été nécessaires pour en rendre compte (5000 « suffiront » pour Jean Paul 2) ; le « résumé » appelé positio, n’est déposé qu’en 2010. En novembre dernier, après délibérations des évêques, le Pape affirme au nom de l’Eglise que Marthe est « vénérable », c’est-à-dire a agi dans un accord avec l’évangile et l’église aussi parfait que possible pour un humain. Il s’agit de la dernière étape avant la béatification, qui sera prononcée après l’examen des miracles attribués à Marthe.

Pour les défenseurs de la cause, cette étape devrait être facilement franchie, même si là encore, l’Eglise et le Pape prennent leur temps : 1 à 3 ans sont souvent nécessaires. Marthe devrait ensuite déclarée bienheureuse. Pas tout à fait sainte, mais presque : la distinction réside dans l’universalité du culte autorisé par l’Eglise.

Une deuxième décision du Pape sera nécessaire pour passer de l’état de bienheureuse à celui de sainte, prudence de l’Eglise oblige. Mais là aussi les spécialistes sont sans inquiétude : Marthe a toutes les chances de devenir une immense sainte. 

Gageons que Châteauneuf-de-Galaure,  le petit village qui abrite la maison de Marthe dans la Drôme à quelques minutes du département de l’Isère, deviendra un lieu important de pèlerinage. Avis aux amateurs, il n’est nul besoin d’attendre la complète canonisation pour visiter ce futur lieu saint : on peut dès à présent entrer dans la maison de Marthe.

 



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