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Marina Roel mise sur le livre interactif

Rhône le 27 mai 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 879 fois

Alors salariée dans une entreprise lyonnaise de jeux vidéos, Marina Roel découvre le livre interactif.

Tout de suite, c’est le déclic pour celle qui, fraîchement diplômée de l’Ecole Emile-Cohl, où elle a suivi une formation au dessin animé et à l’illustration, fourmille d’idées et de projets.
C’est parce qu’elle n’y trouvait pas d’échos à ses envies qu’elle décide de fonder Iboo Interactive, il y a trois ans, avec une développeuse - qui a quitté l’entreprise depuis - et son associé Etienne Guiol. Créative, touche-à-tout, elle « aime travailler dans une petite entreprise et avoir de nombreuses responsabilités ». Mais surtout, elle découvre au fil des mois qu’elle « aime particulièrement la gestion de projet et la coordination, comme un directeur artistique en quelque sorte ». Une aptitude indispensable pour construire un livre interactif, qui fait appel à l’innovation et à la combinaison de multiples savoir-faire, ceux des scénaristes, illustrateurs, développeurs, musiciens et comédiens.
Seule à la barre pour le moment, elle fonctionne comme un « studio d’animation » et fait appel à des compétences extérieures, des « free-lance » ou des sociétés prestataires de services, en fonction de ses besoins. Iboo Interactive a déjà édité deux livres (disponibles en trois langues, pour les enfants de 3 à 6 ans, essentiellement pour tablettes) en co-production : Comment le léopard a eu ses taches, une adaptation du livre de Rudyard Kipling et Moutcho et Pitrouille, l’aventure deux personnages chargés de réveiller les habitants du monde fantastique de Bangou. Déjà téléchargé - il est pour le moment gratuit - plus de 30 000 fois sur l’App Store, l’équipe travaille déjà à la suite des aventures de ces joyeux lurons.

Le dessin ne s'oublie pas

En attendant, après quelques débuts chaotiques liés à de mauvais conseils en matière de création d’entreprise, le studio a trouvé son modèle économique : « Nous réalisons, en parallèle de nos livres, des dessins d’animation pédagogiques pour les entreprises », précise Marina Roel. Même si elle ne dessine plus autant qu’avant, la jeune femme se remet lentement à la création, travaillant également sur un prototype de livre - papier cette fois - à réalité augmentée, toujours interactif. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné. Même si la reprise est laborieuse, cela ne s’oublie pas », confie-t-elle.
En réalité, elle s’est mise à crayonner de façon intensive à son arrivée à Lyon : à dix ans, elle débarque de Buenos-Aires, sa ville natale, avec ses parents et ses deux petits-frères. « Ma première image de Lyon, c’est le Crayon, un choc comparé à l’Argentine de cette époque ». La petite fille, qui a déjà commencé ses études dans une école franco-argentine, a des difficultés à s’adapter ; mais elle s’accroche, elle est plutôt bonne élève, et « se réfugie dans le dessin, commençant à créer mon propre univers ».
Puis la famille s’installe à Annemasse, en Haute-Savoie, où sa mère exerce comme pédiatre. Pendant ses années de lycée, alors qu’elle travaille en regardant un dessin animée, l’évidence s’impose : et si on pouvait vivre de son art ? « Après quelques recherches, je me suis rendue compte que c’était possible », répond-elle. Aidée par son père, « entrepreneur et peintre du dimanche », qui la soutient dans son projet, elle fait un an de préparation aux Beaux-Arts de Lyon puis intègre l’école de dessin.
De cette expérience déjà singulière, elle retire une philosophie de vie, une débrouillardise et une énergie peu commune. Retournant régulièrement en Argentine, « parce que nous y avons laissé toute notre famille », elle est très heureuse d’avoir construit sa vie, bien ici.

S.B.



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