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Marché au Cadran de Saint Christophe en Brionnais, une référence européenne

le 28 août 2015 - Aline Vincent - Économie - article lu 662 fois

Marché au Cadran de Saint Christophe en Brionnais, une référence européenne
Aline Vincent - Salle du cadran durant les enchères

Le marché au cadran de Saint-Christophe-en-Brionnais (71), jouxtant le Roannais, a valeur de référence sur le marché européen de la viande de bovins. Il est le seul en France à faire cohabiter le marché au cadran et le marché de gré à gré.

Saint-Christophe-en-Brionnais (71) est le seul marché aux bestiaux en France à cumuler un marché au cadran (enchères dépersonnalisées) et marché de gré à gré (directement entre acheteur et vendeur). Le marché au cadran se déroule dans une salle des ventes dont les échanges sont numérisées. Saint-Christophe-en-Brionnais a valeur de référence pour la cotation des prix de la viande bovine au niveau européen, voire mondial. A noter que les cheptels sont composés pour 80 % de charolais (environ 1 200 bêtes par semaine).

Parmi ses avantages : la sécurité et la rapidité du paiement. Une caution bancaire directement attachée au marché est exigée de l'acheteur faisant office de provision bancaire. Le vendeur est payé dans les 48 heures, la créance étant avancée par le marché lui-même. Autre avantage : la transparence. Chaque animal dispose d'une pièce d'identité (sexe, date et lieu de naissance, père, mère, traitements éventuels).

Dans la salle de cotation, l'enchère est menée par le chef des ventes depuis sa cabine. Il annonce le prix de lancement de l'enchère et débite les chiffres au fur et à mesure des annonces exprimées par les acheteurs par voie électronique à l'aide du boîtier disposé sur le pupitre. Les lots de bêtes sont présentés sur le « ring » qui fait aussi office de balance. Ils sont vendus dans leur entier. Un cadran numérique géant affiche les chiffres (poids, montée des enchères). Une lumière s'allume au début des cotations. Elle s'éteint à la fin, cheptel vendu ou non. Dans ce dernier cas, l'éleveur pourra le représenter plus tard. Il peut aussi refuser la vente. Les acheteurs potentiels n'ont pu voir les bêtes avant. Ils ont juste pris connaissance des lots à commercialiser via Internet.

Prix au kilo viande bovine en août : 4,12 €

En août 2015, le prix moyen de la viande est de 4,12 € le kg. Le marché au cadran est réservé aux « bovins maigres » destinés à la consommation, dont une partie à l'export. Des acheteurs venus de l'étranger sont présents chaque mercredi en salle des ventes. La Turquie arrive aujourd'hui en tête des clients, suivie de l'Italie.

Le marché au cadran a été créé en 2009 après une période de baisse des transactions à partir des années 2005, 2006... La décision de moderniser la commercialisation des animaux a été prise par la communauté de communes du canton de Semur-en-Brionnais. Elle a alors investi 7 M€ dans un bâtiment d'1 ha dont 5 200 m2 de toiture photovoltaïque et construction d'un bassin de récupération des eaux de pluie. La commune s'est vue à ce titre décerner le prix « Éco maire » remis à l'Assemblée nationale.

Concernant le marché de gré à gré, né en 1488, sous Charles VIII, la qualité des bêtes compte, mais la personnalité des parties aussi. Elle peut même parfois être déterminante ! Ce marché est destiné aux viandes « grasses », c'est à dire aux bouchers (environ 200 bêtes par marché). Ils ont besoin de les estimer et de les toucher. Le prix peut monter jusqu'à 7 € le kg en fonction de la qualité de la bête. Célèbre pour son « Mur de l'argent », conservé pour le tourisme, éleveurs et acheteurs posaient les liasses de billets bloquées sous une pierre sur le mur aux emplacements numérotés. Le marché est passé du jeudi au mercredi depuis 2005.

Aline Vincent

(1) Marché au cadran – St Christophe en Brionnais – tous les mercredis à partir de 7 heures  - Marché de gré à gré à partir de 12 h – Renseignements 03 85 25 98 05 – Visites libres ou guidées.

Le marché au cadran en chiffres

Le marché au cadran emploie 30 salariés dont 5 plein temps. Le volume des transactions hebdomadaires se monte à 850 000 € pour 830 bovins vendus au prix moyen de 1 050 € (on atteint le million lors des gros marchés comme le 12 août). Ils viennent pour 80 % de la Loire et de la Saône & Loire. Les 20 % restants : Allier, Rhône, Haute-Savoie, Ain, Nièvre et Puy-de-Dôme. 41 615 bêtes ont été vendues en 2014 au cadran (40 044 en 2013). Les apporteurs ont été 1 464 en 2014 (+ 89 par rapport à 2013). Rentabilité de la viande destinée à la consommation : pour un bovin de 740 kg, après perte de poids durant le transport, la carcasse ne pèse plus que 400 kg. Après phase de maturation, variable en fonction de l'opérateur (12 jours en moyenne), restent en moyenne 396 kg. Sont réellement commercialisés 269 kg.
 



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