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Marcel Ranc : souvenirs du STO de 1943 à 1945

Loire le 21 août 2015 - Denis Meynard - Société - article lu 286 fois

Marcel Ranc : souvenirs du STO de 1943 à 1945
© Denis Meynard - Passionné d'avions, Marcel Ranc a constaté que « la profession de dessinateur industriel était plus considérée en Allema

Marcel Ranc, Stéphanois de 93 ans, est rentré voici 70 ans d'Allemagne où le STO l'avait conduit, comme des centaines de milliers de compatriotes.

« Le souvenir est encore très présent dans ma mémoire », déclare Marcel Ranc, depuis son logement du quartier du cours Fauriel. Dynamique et enjoué, ce dessinateur industriel stéphanois, né en 1922, se rappelle parfaitement du nom et du prénom de la plupart de ceux au côté desquels il travaillait dans l’usine berlinoise où l’avait envoyé le Service du travail obligatoire (STO). Il vient de retracer les deux années de cet exil dans un document intitulé Souvenirs 1943-1945. Et il le commente volontiers, avec humour, précision et sens du récit. Neuf mois après son arrivée dans la capitale du Reich, l’entreprise qui l’employait, spécialisée dans les matériels de réchauffement des moteurs de véhicules stationnés en Russie, était transférée en Silésie. À l’abri des bombardements alliés.

« A 21 ans, j’étais tout feu tout flamme. Avec un collègue, on avait pensé passer en Afrique du Nord, via la Corse », lorsqu’ils se trouvaient dans un chantier de jeunesse du Cannet des Maures, dans le Var. « Mais des soldats italiens, parmi lesquels j’ai reconnu le coureur cycliste Gino Bartali (qui a reçu en 2013, à titre posthume, la distinction de Juste parmi les nation, Ndlr), nous en ont dissuadés », ajoute celui qui a longtemps pratiqué la bicyclette. Participant à l’Ardéchoise jusqu’à ses 86 ans.

Arrêté par la Gestapo pour la détention d’un poste radio, Marcel Ranc a séjourné deux mois dans un camp de transit vers Auschwitz et Gross-Rosen. Jusqu’à ce que le bureau d’études de l’entreprise où il avait été affecté, « qui avait besoin de moi car les autres dessineurs étaient des personnes âgées, vienne me chercher. A mon départ, le chef du camp de Brätz, à l’entrée duquel figurait l’écriteau "Jordan Paradise" et où il y avait un endroit appelé la chambre jaune des tortures, m’a fait jurer sur la Bible de ne pas parler de ce que j’y avais vu ».

Pendant ses deux années de STO, il a noté les faits marquants de son quotidien sur un carnet offert par celui qui lui servait d’interprète pour les termes techniques. Il se souvient très bien du « large sourire affiché par la plupart des Allemands du bureau d’études, en apprenant le débarquement allié en Normandie ». Avant son retour dans la Loire, la dernière partie du périple du dessinateur formé à Etienne-Mimard se déroule en Russie, où il a été dirigé par l’Armée rouge. Et où il est arrivé le 8 Mai-1945, jour de la fin de la guerre.

Denis Meynard



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